AURORES POLAIRES
On sait que l'aiguille aimantée oscille en déclinaison autour de son axe vertical et en inclinaison autour de son axe horizontal.
Ces variations sont diurnes, annuelles, séculaires ou accidentelles. Nous ne doutons pas qu'on en découvre bientôt la loi.
Lorsque Ton observe les oscillations nombreuses, périodiques ou accidentelles, de l'aiguille aimantée, suivies bientôt de son retour, avec une sorte de fixité implacable, à la position première, on a le sentiment que la force elle-même, qui a déterminé la direction de l'aiguille, est troublée dans son équilibre et que cette force considérable, sorte de régulateur, doit être entretenue par une source puissante, constamment alimentée. D'un autre côté, si Ton considère la
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quantité extraordinaire d'électricité qui rayonne de la terre vers les espaces célestes, on est obligé de convenir également que ce fluide provient d'une source non moins intarissable et Ton songe alors, forcément, à un feu central de la terre, sans cesse en activité, qui seul peut donner la solution simple du double problème.
Le noyau métallique liquide de la terre, soumis à un mouvement moléculaire extraordinaire, sous l'action de l'attraction de la matière, des astres extérieurs et de la force centrifuge, développe une quantité considérable de chaleur et d'électricité. Gomme la chaleur, l'électricité se communique à l'écorce terrestre. En dehors de cette électricité créée par le noyau central, il y a Heu de tenir compte également de celle résultant de la grande différence entre les températures intérieure et extérieure de l'écorce terrestre. L'atmosphère exerce également son action sur celle-ci, mais il nous semble que c'est plutôt pour lui prendre que pour lui donner de l'électricité dont la véritable source est autrement puissante et relativement constante. Les courants telluriques résultant de l'ensemble de ces causes circulent autour de la terre et lui donnent la propriété de l'aimant. Ils constitueraient ainsi le magnétisme terrestre.
D'après Ampère, ces courants prennent à peu près la direction des parallèles. Nous supposons qu'il s'agit de courants généraux principaux, mais nous pensons qu'il doit exister des courants secondaires dans toutes les directions, résultant des échanges d'électricité entre les différentes zones, lors de l'accumulation ou de la déperdition de ce fluide en certains points.
Ne pourraitron alors considérer notre planète comme un immense condensateur électrique dont l'aiguille aimantée, quoique influencée par l'ensemble des courants, indiquerait d'une manière générale en chaque lieu le potentiel et signalerait toute variation en plus ou en moins de l'électricité accumulée ?
La déperdition de l'électricité terrestre augmentant avec la dépression barométrique, les vents, la température et l'humidité, on doit en conclure que cette déperdition est maximum à l'équateur.
Donc, si les grands mouvements moléculaires et autres provoqués
par les astres et la force centrifuge ont lieu surtout dans la région tropicale pour y développer de l'électricité, les dépressions équatoriales, les vents alizés, la chaleur et l'humidité peuvent la restituer, pour ainsi dire au fur et à mesure, à l'atmosphère.
L'électricité s'accumulerait davantage du côté des pôles, sous les glaces principalement ; et lorsqu'une cause favorable à la déperdition de l'électricité, comme une grande dépression, ou une plus grande humidité, par exemple, vient à se produire subitement, surtout après une période de haute pression, elle remplit le rôle d'excitateur électrique et décharge partiellement l'accumulateur terrestre de la région/ en donnant le magnifique spectacle de l'aurore boréale*. Cette perturbation électrique se fait sentir au loin, grâce à la conductibilité de la terre, et est immédiatement signalée par l'aiguille aimantée.
On observe souvent des aurores polaires simultanées dans les deux hémisphères. Ce fait ne doit pas surprendre si l'on songe que les actions des astres sont astronomiquement les mêmes, et que sin H du jour d'un astre est égal à sin H' de la nuit dans l'autre hémisphère, sur le parallèle correspondant.
Les variations séculaires de l'aiguille aimantée auraient -elles quelque rapport avec le déplacement des glaciers? L'étude de la dépression pourra conduire à l'explication de l'un et l'autre de ces phénomènes.
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Comme nous l'avons indiqué, l'étude des dépressions de la mer et de l'atmosphère nous a confirmé que les tremblements de terre sont dus à des dépressions des matières fluides souterraines, créées par la
i. La période de calme et de faible déperdition • permis à l'électricité terrestre d'influencer l'atmosphère, de proche en proche, sur une grande étendue. La décharge électrique qui se produit provient de l'action entre le sol et les nuages ; elle peut même être localisée dans ceux-ci. Dans les deux cas, raiguille aimantée doit indiquer le phénomène.
même action différentielle de la force centrifuge et des astres extérieurs! et pouvant obéir dans une certaine mesure aux lois des dépressions et cyclones terrestres, ainsi que des taches solaires '.
Du reste les faits corroborent notre principe : les tremblements de terre sont plus nombreux entre les tropiques que partout ailleurs. Dans nie de Java, on remarque que les tremblements de terre sont plus fréquents au mois de février, et qu'ils coïncident avec le maximum des pluies : à ce moment, en effet, le soleil, encore très rapproché de la terre, se trouvant au-dessus de Java, y cause une dépression souterraine et en même temps une dépression atmosphérique. C'est pourquoi les habitants s'imaginent que les tremblements de terre sont provoqués par les pluies.
i. Nous croyons utile de rappeler le tremblement de terre de Calcutta qui a eu lieu le ta juin 1897. Ce jour-là, parmi les quatre lecteurs des deux forces différentielles du soleil et de la lune, / sin H, f «in H', trois avaient passé par leur maximum. En effet, la lune était à son périgée et le soleil et la lune s'étaient trouvés, à peu près à la même heure, à go» au-dessus de l'horizon de Calcutta. Et nous pouvons dire, d'après notre formule, que si Calcutta devait trembler en 1897, c'était le ia juin. Les grosses planètes, surtout Uranus et Neptune, avaient exercé leur action préparatoire.