MAREES SOUTERRAINES
Au cas particulier des marées souterraines nous supposerons que a et a' représentent les dépressions, c'est-à-dire le trouble apporté par les astres dans le noyau fluide de la terre, liquide et gazeux. Ce trouble n'a d'ailleurs d'expression extérieure que par les conséquences d'une recrudescence de l'activité de la chaleur intérieure, qui se manifestent par des éruptions, soulèvements, ou tremblements déterre.
L'influence bien évidente des astres extérieurs sur ce noyau central fait ressortir une extrême fluidité des molécules. On peut en conclure que le frottement en est faible.
D'un autre côté, l'action marquée des grosses planètes, principalement lors des syzygies, laisserait supposer que la résistance du fluide à l'action troublante des dépressions diminue, comme dans le soleil, avec la grandeur des forces. On retrouverait ainsi sous terre
30 SUR LES TRBMBLEMKKTS Dl TERRE.
les marées liquides et gazeuses ne pouvant, de même que les cyclones, en raison de leur puissance, rétablir l'équilibre rompu.
Il est permis de conclure de ce qui précède que le rapport des effets utiles des forces augmente avec la grandeur de celles-ci.
Les fortes dépressions peuvent d'ailleurs, comme les cyclones, circuler sous l'écorce terrestre et aller jeter le trouble loin de leur orioine, sans que la réaction du liquide ait pu les combler.
Étant donnée l'hypothèse des pressions différentielles exercées par les astres dans les fluides, X expérience Meule pourra fixer les valeurs variables du frottement et de la réaction des fluides, suivant la nature de ceux-ci et la grandeur des forces. Serait-il, du reste, admissible de calculer exactement le mouvement dans un fluide, sans faire intervenir les résistances : le frottement et l'efc fort à vaincre ? Lorsqu'on aura dégagé des expériences toutes les inconnues, les coordonnées des astres et l'admirable loi de Newton suffiront à déterminer tous les troubles des fluides, quels qu'ils soient : marées de l'océan, marées atmosphériques, souterraines, solaires, etc.
Quoi qu'il en soit, notre hypothèse consacre un point important, et qui semble ne plus devoir être contesté par la science, c'est la fluidité et l'activité du noyau ou feu central.
ÏITEiïï GÉÎÉXAL SE L'OCÉUT. — PEDTCIPAUX COTOASTS
L'influence des astres dans l'étude du niveau général de F atmosphère, dû à l'action unique delà force centrifuge, a moins de portée lorsqu'il s'agit du niveau des mers. En effet, l'oscillation semidiurne de l'Océan répond à peu près définitivement à l'action des astres, sans qu'il y ait de grandes perturbations accumulées à redouter en quelque point, comme cela a lieu pour l'atmosphère dams les latitudes élevées. Si l'on prenait, dans ces conditions, la moyenne du niveau de la mer dans tous les ports du monde, on aurait une figure
Principaux Courants de l'Océan
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-*~ Les flèches poiniiilccs indiquent la direction drs courants moléculaires caches
dus à l'action différentielle fie la force centrifuge. — Les pèches en irait plein iadiaue/tt la direction des courants gcneraïue visihles
dits de réaction.
NANCY. U:ii EERJF.R LSVHÀULT 9. C'«
Direction du Mouvement Différentiel
Fiô.9.
Sud
Est
Nord
Les /lèche* intérieures indiauenl le mouvement décomposé des deux marée» aénéralex.en mar.dûnl aucdre son» importance el n'annulant .
Ouest
VOTES COMPLiMENTAIRM, 3l
à peu près dégagée des actions lunaire et solaire, représentant l'équilibre dû à la rotation de la Terre. Mais outre la difficulté de faire ce relevé, quel serait le point de départ, le zéro du niveau? Prendre partout la mer conune ce niveau serait répondre à la question parla question; choisir un point unique pour le globe, celui de Brest par exemple, serait évidemment la vraie solution, celle qu'on décidera un jour, nous l'espérons, mais quel long travail que ce nivellement général de l'Océan à faire par les continents 1 Nous sommes donc obligé, en attendant, de nous retourner d'un autre côté.
Si l'on néglige les ports et que l'on observe exclusivement les oscillations du Grand Océan, sous l'action des astres, on remarque que le niveau varie seulement de o n ,4o à o m ,5o au maximum. Dans ces limites, on peut supposer que le soleil et la lune n'affectent pas sensiblement le niveau général de l'Océan, et faire abstraction des marées. Plus loin cependant, nous verrons qu'il y a lieu de tenir compte de l'action continue du soleil sur le niveau de la mer, à la latitude égale à sa déclinaison, mais cette réserve elle-même que nous devons faire est une des preuves les plus importantes de notre théorie.
L'Océan doit donc trahir loi-môme, en dehors des marées, l'état d'équilibre instable dans lequel le place la force centrifuge.
Si l'on jette les yeux sur les courants principaux de la mer, repré» sentes par la figure 8, en dehors de quelques courants secondaires qui auraient pu en obscurcir les indications, on est immédiatement Grappe par une similitude de figures. On aperçoit dans chacun des hémisphères, à une distance à peu près égale de l'équateur et à une latitude centrale d'environ 3o», d'immenses étendues, contenues entre les continents, autour desquelles circulent des courants, dans le sens des aiguilles d'une montre au nord de l'équateur, en sens inverse au sud. La conclusion qu'on peut déjà tirer de ce premier examen, c'est que ces phénomènes uniformes bien caractérisés sont dus à une mène cause générale.
Si, au lieu de l'Océan, on avait affaire à l'atmosphère, on reconnaîtrait de suite dans ces figures des anticyclone*, qui s'écoulent
vers des dépressions par des courants, tournant comme nous venons de l'indiquer. On sait qu'une pression élevée est la raison d'être de l'anticyclone, et que sa circonférence confine plus ou moins aux pressions basses. Pourquoi n'aurait-on pas des anticyclones d'eau comme on a des anticyclones d'air? C'est la thèse que nous défendons.
Lorsqu'il s'agit de l'air, le baromètre est un indicateur précieux ; il signale les différences des hauteurs atmosphériques et donne l'explication facile des effets de l'anticyclone.
Mais le niveau de la mer ne peut être ainsi relevé rapidement par un instrument. Pour le moment d'ailleurs, nous devons démontrer que les parties centrales de ces figures, que nous n'avons pas craint d'appeler montagnes d'eau, sont plus élevées que leurs périmètres dessinés par les courants.
Les courants vont toujours vers des dépressions; d'un autre côté, la rotation de la terre dévie à l'est ceux qui vont vers les pôles et à l'ouest ceux qui vont vers l'équateur, avec d'autant plus d'énergie que leur vitesse est plus grande.
11 en résulte que les courants du sud de l'hémisphère boréal et du nord de l'hémisphère austral sont provoqués par une dépression de l'équateur, tandis que les courants du nord et du sud sont sollicités par les deux dépressions des régions polaires.
La déviation de ces courants est maximum à la surface de la mer, et diminue considérablement avec la profondeur, de telle sorte qu'ils atteignent les dépressions mêmes parleurs parties inférieures, comme cela se présente pour les vents alizés ; par exemple, dans notre hémisphère, le Gulf-strecun se détache d'ailleurs directement de l'anticylone et coule vers le pôle.
Nous avons avancé que l'action horizontale de la force centrifuge produisait une dépression aux pôles et à l'équateur.
Il est rationnel d'admettre qu'au moins dans leur direction générale, les courants de la réaction reprendront le chemin inverse des courants de l'action.
C'est en effet ce qui a lieu. Dans l'hémisphère boréal les deux
NOTBS COMPLÉMENTAIRES. 33
mouvements de refoulement partant du pâle et de l'équateur sont bien accusés. Le premier va vers le sud-ouest, et le second vers le nord-est, c'esUè-dire en sens contraire des aiguilles d'une montre, pour se confondre dans les montagnes d'eau. La partie accumulée à l'ouest, comme dans le golfe du Mexique, domine le pôle et s'en retourne vers lui, tandis que celle qui a été projetée vers le nord de l'Afrique domine l'équateur et y revient par le courant équatorial du sud.
C0U1AÏT8 8B00IDAIRE8 DE E'OCÉAI
La Terre n'est pas une sphère parfaite ; d'un autre côté, la profondeur de la mer, qui est une des fonctions importantes du mouvement différentiel, varie elle-même dans de grandes proportions. 11 en résulte que la dépression qui devait être théoriquement à l'équateur et osciller également au nord et au sud de ce parallèle, sous l'action des aâtres, se trouve occuper une position moyenne à quelques degrés au hord deia ligne équatoriale.
Aussi les eaux de l'hémisphère austral s'écoulent vers cette région et donnent naissance au contre -courant équatorial dans l'océan Atlantique et au courant de Malabar dans la mer des Indes, allant tous deux vers l'est, à cause de la rotation de la terre.
Le contre-courant équatorial semble ne pas être affecté dans sa marche générale par l'action du soleil et de la lune.
Il n'en- est pas de même du courant de Malabar, que nous avons représenté par la figure 4> p&ge 7> et qui pendant six mois de l'année, d'avril à octobre, va vers le nord, et pendant les six autres mois vers lé sud, suivant ainsi le soleil*. Tout courant allant vers une dépression, la conclusion est facile : le soleil creuse la mer à son zénith, au point de déplacer la dépression due à l'action de la force centrifuge.
Si l'on suivait rigoureusement l'oscillation du courant de Malabar, on observerait, nous en sommes convaincu, que la lune modifie parfois sa direction pendant quelques jours, lorsque, par exemple,
TREMBL. Dl TERME. 5
34 SUR LES TUtBUDCHim DK TERRE.
en été, elle est à son périgée et à son lunistice dans l'hémisphère austral.
Mais il existe d'autres courants qui semblent être en contradiction avec notre théorie : celui de Groenland et celui de Baffin, continué par celui du Labrador. Tous deux s'écoulent du nord an sud, parallèlement au Gulf-stream et en sens contraire; en certains points même les eaux ont l'air de prendre contact.
Le premier descend le long des côtes est du Groenland, 'tandis que le second longe les côtes est du nord de l'Amérique du Nord.
Lorsque nous ayons discuté l'action horizontale de la force centrifuge, nous avons fait ressortir qu'elle augmentait avec le cosinus de deux fois la latitude, avec cos a X.
Le refoulement des eaux de mer va donc en diminuant des pôles à la latitude de 45° ; en outre, celles-ci ont, dans notre, hémisphère, par le fait même de la rotation de la terre, un mouvement vers l'ouest qui les rejette sur les côtes est des continents qu'elles rencontrent, avec d'autant moins de force qu'elles s'éloignent . davantage des pôles. La force centrifugé différentielle agit comme cps< a X et la Terre, par sa rotation, comme sin X ; les deux causes agissent fàsas le même sens. Il en résulte que les eaux s'accumulent d'autant plus sur les côtes est, qu'elles sont plus rapprochées du pôle : le point culminant se trouvera vers le pôle et le point le plus bas vers la latitude de 45 p , plan incliné qui déterminera un courant du nord au sud. Il y a lieu d'ajouter à cette action de M force centrifuge celle du reflux des courants généraux polaires, provoqués par ^dépression, et représentés dans l'atmosphère par les calmes polaires. <Le même phénomène se produit également à l'équataur où les deux courants de la mer, correspondant aux. alizés et tendant à combler la dépression, donnent le reflux qui constitue le courant équatoriaL
Les courants du Groenland et du Labrador ne peuvent done que confirmer notre principe.
Grâce à notre théorie, nous avons pu donner iune explication nouvelle de la cause de tous les courants de l'Océan, explication simple et rationnelle. Ces courants i leur tour affirment, que. notre théoriq
nom coMPKixDfTAmnu 35
du mouvement différentiel est vraie, et s'applique aussi à la composante horizontale de la force centrifuge, en produisant notamment une dépression à l'équateur : principe également vrai pour le soleil et les planètes.
DE LA DÉPEESSIOÏ