‹ Sur les ulcérations tuberculeuses de la peauChapitre 5 sur 12 · RECHERCHE DES BACILLES — INOCULATIONS · texte numérisé non relu

RECHERCHE DES BACILLES — INOCULATIONS

L'examen des liquides sécre'te's à la surface de la plaie ne fournit pas toujours, au point de vue bacillaire, des résultats positifs. La recherche du bacille de Koch a été faite avec soin dans les trois observations personnelles que nous publions, et voici les résultats qu'elle a fournis :

Dans l'observation XXXI, l'examen a été pratiqué par M. Honorât, préparateur de M. le professeur Renaut : celui-ci a constaté la présence de quelques rares bacilles, 2 ou 3, dans une préparation.

M. le D'" G. Roux, chef du laboratoire de M. le professeur Lépine, a bien voulu mettre à notre disposition sa connaissance approfondie de la technique bactérioscopique, pour examiner des liquides recueillis sur le vivant chez les malades qui font le sujet des observations XXXII et XXXIII.

Chez la malade, couche'e à la salle Saint- Paul et qui présentait des ulcérations de la main et des doigts, quelques préparations ont été faites a-vec des bourgeons fongueux, pris sur les bords de la plaie et écrasés sur une lame de verre. Avec la double coloration d'Erlich, on a trouvé dans le champ d'une préparation 20 à 25 bacilles, isolés ou réunis par groupes de 6 à 7.

Chez le malade porteur d'une ulcération de la lèvre inférieure (obs. XXXIII), l'examen d'une petite quantité de liquide séro-purulent a été nul au point de vue bacillaire, mais on y a trouvé le micrococcus tetragenus de Koch, qui paraît avoir quelques rapports avec le bacille de la tuberculose (i).

Les bacilles de la tuberculose paraissent donc exister d'une façon inconstante dans les liquides séro-purulents qu'on peut recueillir à la surface des ulcérations : lorsqu'ils s'y trouvent, ils sont en petite quantité. On les voit plus nombreux, quand on excise des bourgeons plus ou moins fongueux sur les bords de l'ulcération, mais leur habitat de prédilection est, comme nous l'avons vu plus

(i) Le micrococcus tetragenus de Koch est appelé par Crookshank M. tetragomis et placé par lui dans son genre II. Merismopedia, immédiaement après le gonococcus qu'il appelle: Merismopedia gonorrhœce. Voici sa description : Cocci d'environ i [x- de diamètre, en groupes de 4 entourés par une capsule hyaline ; ne liquéfient pas la gélatine. Ils se trouvent dans les crachats de phtisiques et dans les parois des cavités tuberculeuses. Les cobayes et les souris inoculés avec une culture pure, meurent en peu de temps, de 2 à lo jours après l'inoculation: les groupes caractéristiques de 4 se retrouvent dans tous les capillaires, surtout dans ceux de la rate, du poumon et du rein. II vit très bien et se développe concurremment avec le bacille du charbon, lorsqu'on a produit une double infection.

M. G. Roux, qui l'a constaté dans notre préparation, l'a vu assez souvent ailleurs : dans un cas de pneumonie chronique ayant conservé longtemps des pneumococci et d'allures suspectes, dans le pus d'un furoncle provenant d'un jeune homme, parfaitement sain d'ailleurs, etc.

haut, dans les bandes d'infiltration intcrnodulaire qui filent entre les faisceaux fibreux du derme, dans les points où la lésion est en voie d'extension. Il ne faut donc pas compter sur leur constatation dans les préparations faites sur le vivant, comme sur un signe diagnostique certain de la nature tuberculeuse de l'ulcère.

Voici maintenant les résultats que nous ont donnés nos inoculations. Elles ont été faites au laboratoire et sous la direction de M. le professeur Arloing. Les produits inoculés provenaient du raclage de l'ulcération de la main que portait la malade de l'observation XXXII. Les bacilles de la tuberculose existaient dans ces produits de raclage.

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