‹ Sur les Volumes D'Oxygène Absorbé Et D'Acide Carbonique Émis Dans La Respiration Végétale (volume 2)Chapitre 11 sur 20 · CG · texte numérisé non relu

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duré 22 heures. Les chiffres suivants, ramenés à 0° et à 0,760, donnent les résultats :

Gaz primitif. Gaz final. Différences.

Volume total...... son 11319 184.26 + 6.47 HVALOGÈRE Ne ss at TORS 170.35 — 7.44

Acide carbonique....... 13.91 + 13.91

Nous avons compté en hydrogène la petite quantité d’azote contenue dans les pétales, qui a puse diffuser dans le gaz mis en expérience.

En résumé, à 23°,5, 10 grammes de pétales de rose rouge donnent en 10 heures 12%:-°:,45 d’acide carbonique, soit 08,025.

Une autre expérience faile sur le même poids de pétales à une température qui a oscillé entre 25° et 27°, et qui a duré 26 heures, nous a donné les résultats suivants :

Gaz primitif. Gaz final. Différences.

Volume ftotal.z ......... 179.62 196.929 + 16.67 HNAOPONE Se eee 179.62 175.24 — À.38 Acide carbonique....... 21.05 + 21.05

C'est-à-dire qu’à 26°, 10 grammes de pétales de rose rouge donnent en 10 heures 16°::,84 d’acide carbonique pesant 08',093.

Ce chiffre est inférieur à celui obtenu dans l'air, puisque, à une température peu différente, 29° (expérience 54 du tableau IV), 10 grammes de pétales en 10 heures ont produit 93 ©e,75..

On peut donc conclure de ces expériences que le dégagement d’acide carbonique dans un gaz inerte s'étend aussi bien aux organes floraux qu'aux feuilles d’un végétal.

Nous avons comparé précédemment la respiration des pétales à celle des aiguiiles de pin maritime pour une même température, et nous croyons avoir démontré qu’elle lui est bien supérieure. Mais les pétales ne jouissent pas seuls de cette propriété de dégager de fortes proportions d’acide carbonique. Tout organe jeune en voie de formation respire avec une grande énergie. Nous renvoyons le lecteur au tableau V, expériences 69 et 70. Le 4 mai 1876, 10 grammes de jeunes feuilles de marronnier ont donné, en 10 heures, à 13’, 45 &c.,54 d’acide carbonique, quantité supérieure à celle donnée par les pétales d’Jris germanica ou de tulipe jaune à la même température. Nous verrons du reste plus loin, en traitant de la respiration des bourgeons, le même phénomène se reproduire.

Cette absorption d'oxygène est-elle utile à la fleur? De Saussure, qu'on ne saurait trop consulter lorsqu'il s’agit des grandes questions de physiologie végétale, dit dans ses Recherches chimiques sur la végétation : « Les fleurs, même celles des plantes aquatiques, ne se développent point dans le gaz azote pur. Leurs boutons prêts à s’y épanouir y sont comme paralysés; et ces parties épanouies ou non s’y putréfient plus vite que sous des récipients pleins.d’air commun. »

Cette perte de carbone par combinaison avec l'oxygène de l'air, essentiellement nécessaire à la vie de la fleur, produit comme toute combustion une certaine quantité de chaleur. Dans les feuilles, cette chaleur paraît être utilisée à la formation des principes immédiats. I] était logique de penser que dans les fleurs elle favorisait l'élaboration de ces principes odorants, quelquefois si fugaces, qui varient avec la nature de la plante : essence de rose, de jasmin, de girofle, etc. Mais M. Cahours! a démontré qu’il n’existait pas de relation entre la production des principes odorants et l'énergie de larespiration. Si la chaleur développée n’est pas employée au fur et à mesure de sa production à la formation de principes immédiats, si elle n’est point une cause de formation de corps nouveaux, elle doit être sensible, et c’est en effel ce qui arrive pour certaines fleurs. On sait que, grâce à la disposition des organes floraux de quelques À rums, on peut avec un simple thermomètre déceler au moment de lafloraison des élévations de température de 5° à 6°. Cette chaleur n’est due qu’à une combustion produite par l’oxygène de l’air atmosphérique, puisque, plus l’accroissement de température est grand, et plus grande aussi est l'absorption d'oxygène, C’est ce qu’a parfaitement démontré M Garreau dans son mémoire publié en 1852 aux Annales des sciences naturelles ? : « La chaleur qui se manifeste dans le spadice de l’Arum italicum croît avec la quantité d'oxygène que cet organe consomme dans un temps donné. »

De plus, dansune même fleur, ce sont les organes floraux les plus importants qui respireront avec le plus d'énergie. « Des divers éléments qui conslituent la fleur, ce sont le pistil et les étamines, en qui réside la plus grande puissance de vitalité, qui consomment la

1, Cahours, Comptes rendus : LVIIT, 1864, p. 1206.

2. Garreau, Relations qui existent entre l'oxygène consommé par le spadice de l’arum italicum en état de paroxysme, et la chaleur qui se produit, (Ann. sc. nal., 3e série, XVI, 1851, p. 250.)

plus grande quantité d'oxygène et produisent la plus forte proportion d’acide carbonique. » (Cahours.)

Enfin, nous ferons remarquer que, dans toutes les expériences comprises dans le tableau IV, le volume d’acide carbonique produit est toujours inférieur à celui de l'oxygène absorbé. Lorsque l’expérience dure peu de temps (n° 34), le rapport est ee — 0,64. Au contraire, lorsque l’expérience est de longue durée (n° 49), le rapport tend vers l’unité, il devient a — 0,92

Des expériences faites sur des boutons entiers d’risgermanica, de Lilium candidum et d'Hemerocallis fulva (exp. 55, 56 et 57) nous ont donné les mêmes résultats. Excès de l’oxygène absorbé sur l’acide carbonique produit. L'expérience 55 nous montre même une grande différence entre les deux volumes, car, pour 13°: <:,39 d’acide carbonique apparu, ila disparu 18°:°,87 d'oxygène; le rapport serait mr — 0,79 18. 87 D Je

En résumé, à des températures comprises entre 13° et 29°, les pétales mis en expérience ont toujours absorbé plus d'oxygène qu'ils n’ont émis d’acide carbonique.

Nous devons aussi appeler l'attention sur ce fait que, lorsque deux plantes du même genre ont des pétales blancs ou colorés, les pétales blancs semblent toujours donner à l'obscurité un volume d’acide carbonique plus faible. C’est ainsi qu’en 10 heures, à 19, 100 grammes de pétales blancs d’/ris florentina donnent 83 cent. cubes d’acide carbonique et que 100 grammes de pétales violets d’Jris germanica fournissent 103 cent cubes. Les pétales du Lilium candidum, à 2°, exhalent 109 cent. cubes, ceux du Lilium croceum, à la même température, 157 cent. cubes. Il en est de même pour les tulipes jaunes et blanches. Les expériences faites sur la tulipe rouge ne peuvent pas servir de termes de comparaison, parce qu’elles ont duré trop longtemps. On comprend très bien qu’exposés à la lumière et à la chaleur solaire, la température des pétales colorés soit plus élevée que celle des pétales blancs. Leur pouvoir absorbant est évidemment plus grand. La température étant différente, la respiration l’est aussi. Mais on s’explique moins bien qu’à l’obscurité les différences soient encore aussi accusées. [l semblerait donc ici que la chaleur plus ou moins grande reçue par des pétales différents agit encore après le départ de la source qui l’a produite. Nos recherches n’ayant pas d’ailleurs porté spécialement sur ce sujet, nous nous contentons de le signaler en passant.

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Respiration des bourgeons.

Les expériences ont porté sur les bourgeons floraux de l'Æsculus hippocastanum ; elles ont été exécutées au mois d'avril, au moment où la combustion végétale reprend toute son activité. On voit, par les expériences 58, 59, 60 et 61, qu’une différence de 15 degrés dans la température fait varier du simple au double la production de l'acide carbonique. 5 grammes de bourgeons, en 21 heures, à 15°, ont donné 10:-c,29 d'acide carbonique; à 30°, le volume de gaz recueilli est 24°-c,24. Si nous comparons ces quantités à celles produites par de très jeunes feuilles de marronnier, le 4 mai, nous voyons qu’elles leur sont inférieures. Cependant M. Garreau avait annoncé: que les bourgeons en respirant consument plus de carbone que les feuilles‘. Mais cette différence entre les conclusions du savant physiologiste et les nôtres tient à ce que nous avons toujours pris les bourgeons avant que les écailles ne fussententr’ouvertes, c’est à dire au moins dix ou quinze jours avant l’épanouissement. M. Garreau mentionne, dans plusieurs de.ses expériences, l’épanouissement des bourgeons dans ses appareils. Le point important pour nous était du reste de connaître le rapport de l’acide carbonique émis à l'oxygène consommé. On voit, par les expériences 58, 99, 60, 61, 62 et 63, que le rapport des deux gaz n’est point constant. Une fois, à 12° (n° 63), il y a eu un petit excès d’acide carbonique, les autres fois au contraire une légère diminution (n°58, 60). Dans tous les cas les différences sont peu accusées.

Au contraire, dès que la jeune feuille est formée, lorsqu'elle a encore une couleur vert tendre, elle respire avec une grande énergie et elle fixe notablement plus d'oxygène qu’elle n’en émet à l’état d'acide carbonique. |

En 10 heures, 10 grammes de feuille ont produit 1ct,5 d'acide carbonique et ont absorbé 19 cent. cubes d'oxygène. Ce qui, pour 100 cent. cubes d’oxygène absorbé, représente 81°-<-,5 d’acide carbonique produit. La différence entre les deux gaz absorbés et émis est ici nettement accusée.

Il semble qu’au moment de ce rapide accroissement, la plante,

1. Garreau, De la respiration chez les plantes. (Ann. sciences nat., 3 série, XV, 1851.)

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