‹ Sur les Volumes D'Oxygène Absorbé Et D'Acide Carbonique Émis Dans La Respiration Végétale (volume 2)Chapitre 2 sur 20 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

Dans ses recherches chimiques sur la végétation’, de Saussure, traitant des modifications qu’éprouve le gaz oxygène par son contact avec les feuilles, s’exprime ainsi : Les feuilles du chêne (querceus robur), du marronnier d'Inde, du faux acacia, du sedum reflezum et de la plupart des végétaux, diminuent le volume de leur atmosphère. Son gaz oxygène disparaît et il se forme un volume de gaz acide carbonique libre inférieur au volume du gaz oxygène consumé pendant l’expérience.

M. Lory tire de ses recherches sur la respiration des orobanches? la conclusion suivante. La somme de l’oxygène et de l'acide carbonique reste à très peu de chose près invariable; toutefois il y a presque toujours une petite différence en moins. M. Lory expérimentait sur des volumes de gaz assez grands par rapport au poids de la plante mise en expérience.

MM. Oudemans et Rauvenhoff”, dans leur étude sur la germination, ont exprimé une opinion semblable : il n°y a pas de rapport simple entre la quantité d’acide carbonique dégagé (en vase clos) et celle d'oxygène absorbé. Au commencement, il y a plus d’oxygène

1. De Saussure, Recherches chimiques sur la végétation, p. 61.

2, Lory, Respiration et structure des orobanches. (Ann. sciences nat., 3° série 1847, t. VIII, p. 158.)

3. Oudemans et Rauvenhoff, Linnæa, XIV, ® livraison, 1859; p. 213-232.

Her / absorbé que d’acide carbonique exhalé; plus tard, c’est l'inverse qui a lieu.

Plus récemment MM. Dehérain et Landrin ‘, dans leurs recher- “ches sur la germination, ont démontré qu’il y avait en effet diminution de volume dès le commencement de la germination, et que l'oxygène disparu surpassait toujours lacide carbonique dégagé.

M. Borodin? a aussi remarqué que si on laisse séjourner un pois ou un haricot dans une atmosphère confinée, et si l’on compare le volume du gaz au commencement et à la fin de l'expérience, on constate presque toujours, tant qu'il reste de l’oxygène libre, une petite diminution de volume.

Bien que nous n’établissions pas de comparaison entre le dégagement d'acide carbonique qui se produit au moment de la germination et celui qui provient de la respiration normale des végétaux adultes, nous ne pouvons nous empêcher de remarquer, dans ces deux cas, une différence certaine entre les volumes d’oxygène absorbé et d'acide carbonique produit, ce dernier corps étant le plus souvent en moindre proportion.

Dans la respiration végétale, le rapport des deux gaz est-il constant ? Quelles sont les causes qui le font varier ? Peut-on, par l’étude de ces échanges gazeux, essayer d'expliquer la formation de certains principes immédiats ? Telles ont été les idées qui nous ont amené à continuer les recherches qui, commencées il y a plusieurs années par M. Dehérainetnous, ont été poursuivies depuis cette époque au laboratoire de culture du Muséum, où MM. Decaisne et Dehérain n’ont cessé de nous prodiguer leurs bienveillants conseils.

Dans un travail inséré en 1874 aux Annales des sciences naturelles*, M. Dehérain et l’auteur de ce mémoire avaient particulièrement étudié la respiration des feuilles. Outre l’action énergique, déjà observée par M. Garreau, que produit la chaleur obscure sur l'intensité de la respiration, nous avions été amené dans nos conclusions à formuler l'opinion suivante : la quantité d’oxygène absorbée par les feuilles surpasse la quantité d’acide carbonique produite. La différence estsurtout sensible aux basses températures. Et en nous appuyant sur ces expériences, nous avions été conduits

1. Dehérain et Landrin, Comptes rendus; t. LXXVIIE, p. 1488, et Ann. sciences nat., t. XIX, p. 358.

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