Sachs, Physiologie végétale
Paul Bert, Comptes rendus, 1878, t. LXXXVII.
radiations qui sont absorbées par la chlorophylle agissent suivant leur énergie pour opérer la réduction de l’acide carbonique Enfin, les rayons les moins réfrangibles, les radiations calorifiques obscures, excitent plus particulièrement les phénomènes de respiration. Cette chaleur obscure à cause de l’énorme pouvoir absorbant des substances végétales (pouvoir absorbant qui pour les feuilles est presque égal à celui du noir de fumée 2 ), vient activer d’une façon toute spéciale la combustion interne accusée par un dégagement d’acide carbonique. Ainsi c’est non seulement la nuit mais surtout le jour, sous l’action de la chaleur obscure des rayons solaires, que se produiront de plus grandes quantités d’acide carbonique qui, aussitôt décomposées par la chlorophylle, ne permettront pas de constater leur apparitiou. En même temps que s’opérera la décomposition de l’acide carbonique, la respiration sera activée.
On sait que, depuis 1852, M. Garreau a complètement séparé les phénomènes de respiration diurne et nocturne, faisant rentrer plus spécialement les premiers dans les fonctions de nutrition; mais pour que cette théorie subsiste tout entière, pour que la respiration ait bien un caractère général, il faut deux choses; 1“ Que tout organe dépourvu de chlorophylle donne à l’obscurité ou au soleil des quantités d’acide carbonique qui croîtront avec la température. Cette condition est parfaitement remplie puisque des pétales de fleurs, puisque des rameaux dont l’écorce renferme très peu de chlorophylle, dégagent, soit à l’ombre, soit au soleil, un volume d’acide carbonique d’autant plus grand que la température est plus élevée. Les expériences de M. Lory sur la respiration des orobanches ont depuis longtemps établi ce fait 3 .
2° 11 faut, d’après nos expériences, qu’à une température de 40°, au soleil, lorsque le volume de l’acide carbonique produit par la respiration est supérieur à celui de l’oxygène absorbé, on trouve, dans un mélange d’air et d’acide carbonique, en contact avec une feuille, plus d’oxygène produit que d’acide carbonique décomposé.
En effet, si nous plaçons des feuilles au soleil à 20°, dans un mé-
!. Timiriazeff, Annales de chimie et de physique et Comptes rendus, 1877. '