‹ Sur l’ionisation de l’air par les chutes d’eauChapitre 18 sur 37 · TIRE · texte numérisé non relu

TIRE

F1. Il résulte de ces expériences que la température est un des facteurs du phénomène d’ionisation par barbotage, comme elle est, d’après J.-J. Thomson, un des facteurs du phénomène des cascades. À une élévation de température correspond une émission plus grande de la charge totale transportée par le courant gazeux dans le cylindre de Faraday, du moins pour les solutions éloignées de leur point de neutralité. Pour les solutions qui donnent à peu près en même nombre des ions des deux signes, la température a une influence peu marquée.

Rôle des gouttelettes engendrées par la cascade.

42. Nous nous sommes proposé de rechercher si tout ou partie des charges recueillies par le cylindre de Faraday avaient comme support une gouttelette d’eau.

À cet effet nous avons refroidi le courant d’air à sa sortie du récipient d’ionisation, en le faisant passer dans un gros tube de verre en forme d’U (diamètre 3°”, longueur efficace 32°"), immergé dans un mélange de glace et de sel marin. Par ce refroidissement nous avons provoqué la congélation, sur les parois du tube, d’une partie de la vapeur d’eau et des gouttelettes microscopiques transportées par le courant gazeux. Avant d’entrer dans le cylindre de Faraday, l'air reprenait la température du laboratoire en parcourant un tube de verre d’une longueur de 1,30.

Le graphique ci-après (fig. 10) représente les résultats des mesures effectuées. Les abscisses correspondent à des observations faites à 10 minutes d'intervalle ; les ordonnées indiquent les charges recueillies.

On voit que, pendant le refroidissement progressif du mélange de glace et de sel, portion AB de la courbe, les charges recueillies ont diminué; elles ont été minima,

arc BC de la courbe, lorsque la température a été minima ; puis elles ont augmenté pendant le réchauffement de l’eau salée jusqu’à la valeur mesurée avant la mise en place du mélange réfrigérant.

Dans ces mesures l’air n’était pas filtré, afin de réaliser le maximum de charges avec un courant d’air de faible

O0 140 20 30 40 50 60 70 80 S0 100 10 120 130 140 Temps en minutes

vitesse, Les irrégularités que montre le graphique sont vraisemblablement dues aux irrégularités du tirage de la trompe et aux variations du nombre de poussières par centimètre cube d’air. ;

Il semble qu’on puisse conclure de cette expérience qu’une partie au moins des charges issues de la cascade est véhiculée par des gouttelettes d’eau, que capte, par congélation sur ses parois, un tube de verre suffisamment refroidi.

Influence de la lumière ultraviolette.

43. En faisant entrer dans le récipient d'ionisation un faisceau de lumière ultraviolette, nous avons constaté un accroissement de la charge négative engendrée sur l’air par une cascade d’eau distillée. Quoique faible et assez irrégulier, cet accroissement a été observé dans

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chacune de nos mesures comparatives; celles-ce1 consistaient dans l'évaluation des charges totales produites alternativement en présence et en l’absence de la chute d’eau.

Le faisceau de lumière pénétrait dans le récipient à travers une fenêtre de quartz, et passait au-dessus du disque d’écrasement des gouttes. La source lumineuse était une lampe en quartz à vapeur de mercure. En réglant convenablement la distance de la source à la fenêtre transparente et en variant la grandeur du diaphragme interposé, nous avons réussi à n'avoir, dans le récipient mouillé et en l'absence de cascade, qu’un effet Hertz négligeable vis-à-vis de l'effet à mesurer.

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