‹ Sur l’ionisation de l’air par les chutes d’eauChapitre 19 sur 37 · PHÉNOMÈNES SECONDAIRES · texte numérisé non relu

PHÉNOMÈNES SECONDAIRES

44. Pour avoir le droit d’attribuer, ainsi que nous l'avons fait, l’électrisation de l’air à l’écrasement même du liquide contre l'obstacle conducteur, il faut être certain qu'une partie appréciable des charges mesurées n’est pas due aux phénomènes secondaires qui accompagnent le

Fig xx.

phénomène principal de l’écrasement. En d’autres termes, nous devons montrer que l’airne se charge pas (fig. rr): a. Au voisinage de l’orifice z du tube capillaire ;

b. Pendant le trajet &, 8 des gouttes, entre le tube capillaire et l’obstacle;

c. Lors des chocs des gouttelettes, rejaillies de l’obstacle, contre les parois y du récipient.

a. En amenant l’orifice 4 (fig. 12), à l’intérieur du récipient l’ionisation et en face de l’orifice d’aspiration,

et en substituant au bouchon 8 un petit tas de coton b, on évite l’écrasement brusque des gouttes et l’on ne recueille aucune charge dans le cylindre de Faraday.

Même résultat si au cylindre de Faraday on substitue un condensateur permettant de recueillir des ions positifs ou des ions négatifs.

L’air au voisinage de à n’est done pas ionisé.

Cette expérience était nécessaire, car un résultat contraire au nôtre avait été annoncé (1), dans le cas de gouttes de mercure.

b. En faisant tomber (fig. 13) dans l’axe d’un tube vertical &, B (longueur 100", diamètre d‘") des gouttes d’eau distillée, recueillies par un cristallisoir b plein de coton, et en aspirant dans un cylindre de Faraday l'air rencontré par le liquide, nous n’avons pu déceler aucune charge sur cet air.

Même résultat en substituant au cylindre de Faraday un condensateur : la somme des ions de l’un ou l’autre

(1) G. Resour, Applications de la théorie cinétique des métaux e

(Le Radium, 5° annéc, mai 1908, n° 9).

signe existant dans l'air n’a pas été accrue par la chute des gouttes.

Ph. Lenard était arrivé à la même conclusion.

Flectrometre

Sol So/

Fig. 13.

M. George C. Simpson (1) a récemment contredit l'affirmation de Lenard.

La vive critique de M. Simpson n’est pas fondée; M. Simpson provoque en effet la pulvérisation des gouttes en les faisant tomber dans un jet d’air ascendant d’une vitesse égale ou supérieure à 8" par seconde.

c. On peut enfin vérifier aisément que le choc, contre les parois du récipient d’ionisation, des gouttelettes rejaillies de lobstacle n’engendre pas de charge appréciable. Il suffit de revêtir d’une couche de coton humide les parois

(1) George C. Simpson, On the electricity of rain and its origin in thunderstorms (Memoirs of the Indian Meteorological Departement, t. XX, part 8):

du récipient (1), sans toucher au bouchon-obstacle.

Le fait que les gouttelettes, dans leur trajet de l'obstacle au récipient, n'ionisent pas l’air, est rendu probable par l'expérience ci-dessus (a), et est vérifié par l'expérience antérieure du disque de cuivre isolé sur un bloc de paraffine.

En résumé, le pied même de la cascade est le lieu où se produit le phénomène d’ionisation, et il n’y a pas de phénomène d’ionisation secondaire appréciable se superposant au phénomène de l’écrasement des gouttes.

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