É. BLAMDAUD. SI U [/ORGANISATION DES VERS
roulée chez les mâles, et munie seulement d’ailes membraneuses très peu saillantes. Tête assez épaisse, tronquée. Capsule pharyngienne offrant de chaque côté une suture , de manière à représenter une sorte de coquille bivalve. Œsophage renflé postérieurement. Intestin assez grêle, presque cylindrique. Anus situé un peu en avant de la pointe caudale. Spiculé des mâles simple , accompagné d’une lame accessoire plus petite. Orifice des organes génitaux femelles situé un peu avant le milieu.
Le genre Cucullan a pour type une espèce assez commune dans l’intestin des Perches et de quelques autres Poissons d’eau douce ; c’est d’après cette espèce que les caractères génériques sont établis. Plusieurs autres Cucullans ont été recueillis dans l’intestin des Poissons ; mais leurs caractères n’ont pas encore été sérieusement étudiés. Quelques autres espèces, encore rattachées au genre Cucullanus par Rudolphi , en ont été séparées par M. Dujardin sous le nom de Dacnüis. Chez celles-ci, la bouche n’est pas terminale. C’est un caractère remarquable , à la vérité ; mais l’organisation de ces Dacnitis n’étant pas connue , on ne peut apprécier exactement leurs rapports naturels. Ces Nématoïdes sont assez rares, et il ne m’a pas été possible jusqu’ici de les étudier sérieusement.
Cicl'lla.n de la Pebche (Cucullanus percæ) ( 1).
Cucullanus percæ (luviatilis, Miiller, Schrift. der kerlin. lieselsch. Xahtr- , forsclt. freunde. Berlin , l. I, p. 214 (1780).
Cucullanus vivipartts , Bloch., Abhandl. der Erzettg. der Eingeweideio., p. 36 (1782), et Trad., p. 77, pl. x, fig. 1-4 (1788).
Cucullanus lacuslris , anguillœ , percæ , luciopercœ, cernuæ , Gmelin , Sysl. nat ., p. 3051 (1780).
Cucullanus percæ et C. luciopercœ, Gœze, Naturgesch. der Eingew p. 1 32, pl 9 A , fig. 1 -3, et pl. 9 îî , fig. A, B, 4-9 (1792)
Cucullanus arrnnlus , C. papillosus et C . coronaîus , Zeder. Xacldrag , p. 91-94 (1800), et Xaturgcsch, der Eimjeweidcw , p. 78 et 79 ' 1803).
Kudolphi, Eut. l. Il, p. 107-108 et î 13 (1809;
Cucullanus elegans. Zeder, Xnclitrag, zur Xaturg., p 91 (1800).
(1) Bègue intimai, nnuv, édit. Xoophytcs, pl. 25 f fi", i, el J agtujr en Sicile, yers, pl. 23, fig. 4
3* série. Zool. T. XI. (Mars 1849.) * 12
VOYAGE EN SICILE
Rudolphi , Entoz< Ihst., t. Il, p. i, p. 102, pl. 3, Uz. 1-7.(1809), et Enloz Synops ., p. I 9 ül 230 (1819).
Bremser; Icônes Ilelminth., pl. 2, fig. 10-li (I82i).
De Blain vil le, Dict. des Sc. mit., t LVIÏ, p. 5 12, pl. 30, fig. 13 (1828).
Creplin, arl. Eingeweidcwunner. Allrjem. Encyctop. von Ersch wndGruber, l. XXXII, p. 279 (1839).
Dujardin, Ilist des Helminthes . p. 247 (1843).
Description . — Cette espèce est de petite taille ; le mâle a rarement plus de h à 5 millimètres , et les plus grandes femelles ne dépassent pas 10 à 12 millimétrés. Le corps est cylindrique , sensiblement aminci en arrière ; il est d’un jaune rougeâtre, varié de lignes d’un rouge assez vif. La bouche est large, avec la capsule pharyngienne striée longitudinalement , d’une couleur fauve , ainsi que deux petites branches latérales servant de points d’ attache aux muscles de la région céphalique. L’œsophage est de médiocre longueur , assez large , surtout en arrière.
Chez le mâle, l’extrémité postérieure est un peu recourbée , munie de deux petites ailes soutenues par quelques papilles. Le spiculé est assez court, aminci vers le bout, et un peu recourbé , et il existe en arrière une très petite pièce accessoire légèrement courbée. Chez la femelle, l’extrémité postérieure est droite, conique, se terminant en pointe obtuse. La vulve fait fortement saillie, et se voit vers le milieu de la longueur du corps.
Cette espèce se trouve assez communément dans les appendices pyloriques de la Perche commune (Perça fluvialilis ). C’est dans cette condition que j’ai recueilli les nombreux individus que j’ai étudiés. Du reste, ce Cucullan a été trouvé par les helminthologistes non seulement dans d’autres espèces de Perches ( Perça cernua , P, labra , P. zintjel ), mais aussi dans l’Anguille, le Sandre, la Lotte, le Brochet, le Saumon, PÉpinoche, etc. Zeder en avait d’abord formé trois espèces distinctes qui furent adoptées par Rudolphi ; mais une étude plus attentive montra à ecs helminthologistes que ces Cucullans, observés dans différents Poissons d’eau douce, appartenaient à la même espèce.
Chez le Cucullan de la Perche , les œufs éclosent dans les uté-
É. BUXeiiAlt». — SLR I. 'organisation des vers. ilÿ rus, et très ordinairement l’on trou\e ces organes remplis de petits vivants qui s'agitent avec beaucoup de vivacité.
De V organisation. — La petite taille du Cucullan des Perches rend les dissections difficiles, surtout quand il s’agit du mâle. Ce n’est qu’après des tentatives souvent répétées que je suis parvenu à isoler les organes de la génération.
Le canal intestinal (1) débute par une capsule pharyngienne d’apparence cornée et d’une solidité assez considérable ; cette capsule, quelquefois bien ovalaire , quelquefois plus élargie sur les côtés, présente latéralement deux petites tigelles servant aux muscles de points d’attache. À la surface de la capsule pharyngienne, on distingue très nettement des stries longitudinales; mais cependant ces stries sont beaucoup moins apparentes chez certains individus que chez d’autres. L’œsophage est épais , et il se renfle graduellement d’avant en arrière; sa longueur équivaut environ au dixième de celle du corps ; sa surface est striée transversalement. Le canal intérieur est étroit et de forme triquetre. L'intestin est assez grêle ; un peu plus large à sa jonction avec l’œsophage , il se rétrécit presque aussitôt ; il décrit quelques sinuosités sur son trajet. L’orifice anal est situé notablement en a\ant de l’extrémité caudale.
L’organe génital mâle est très grêle (2) ; c’est un tube d’abord extrêmement mince qui s’élargit ensuite , et conserve une forme presque cylindrique ; c’est là le testicule (o) qui est suivi d’un tube séminal mamelonné d’espace en espace, et se terminant par un canal en rapport avec le pénis, ou spiculé , qui est court et en forme de petite lame recourbée.
Les organes femelles sont assez volumineux. Les'deux ovaires (/j) sont rejetés l’un dans la portion antérieure du corps t l’autre dans la portion postérieure. C’est un tube d’abord fort grêle , mais qui s’élargit considérablement ensuite, de manière à constituer un large utérus , dont la longueur équivaut au tiers environ de la
(1) PI. 7, fig. 4 a , et Règne anima/, nouv, édit. Zoophyles, pt, 2à, fig. a.
(2) Pi. 7, fig. 4— «.
(3) PI. 7. fig, 4 — a.
fi) PI. 7,lig. 4-.
VOYAGE KiN SICILE.
dimension du corps. Ces organes sont ondulés sur eux-mêmes , et en partie enroulés autour de l’intestin ; aussi a-t-on de grandes difficultés pour les isoler sans les rompre. Ces deux utérus se rétrécissent en un oviducte grêle ayant encore une certaine longueur , et les deux oviductes se réunissent ensuite. L’oviducte commun est court et fort grêle. La vulve, dont les bords sont très saillants , est située vers la portion moyenne du corps.
On avait rapproché le genre Cucullan du genre Sclerostoma , en considération seulement de la présence d’une capsule pharyngienne. II était important de s’assurer si ce caractère commun coïncidait avec d’autres ressemblances. L’examen comparatif des organes du Cucullanus percœ avec ceux du Sclerostoma equinum nous ont fait reconnaître des différences notables et en même temps des rapports bien réels, qui justifient pleinement le rapprochement des Sclérostomes et des Cucullans dans la même tribu.
Ainsi l’appareil mâle est plus grêle chez le Cucullan que chez le Sclérostome ; mais la différence la plus saillante se voit dans la forme du testicule. Chez le Sclérostome du Cheval , il est formé de deux portions oblongues et assez renflées ; chez le Cucullan , c’est un tube plus grêle et plus long.
Entre les femelles , il y a aussi des différences et des rapports bien marqués ; ainsi la position de la vulve est presque la même. L’oviducte commun est également très court dans les deux types ; chez l’un et l’autre, il existe deux utérus volumineux ; mais dans le Cucullan , ils ont proportionnellement une ampleur plus considérable.
Genre Axgiostome ( Aiiffiosloma Dujard.).
Caractères . — Corps assez allongé, presque cylindrique, atténué postérieurement. Tête assez large, obtuse , soutenue par une capsule pharyngienne cornée, courte et large , offrant en avant une sorte d’annulation. OEsophagc assez épais, sensiblement élargi en arrière. Intestin presque droit, avec l’anus situé un peu avant l’extrémité. L’extrémité du corps, chez les mâles, peu
É. BUMTIIKU. — SÜU L’üKGAMSATlO.X DES YKKS. J 81 courbée , pourvue de deux spiculés presque égaux ; chez les femelles , entièrement droite et pointue ; la vulve située vers le milieu de la longueur du corps.
Ce genre a été établi pour deux espèces de très petite taille, trouvées, Tune dans les poumons de l’Orvet, l’autre dans l’intestin des Limaces. Je n’ai eu l’occasion d’étudier que la première , et encore d’une manière très insuffisante ; car je n’ai vu qu’un ou deux males , et un nombre de femelles assez limité.
Aügiostome de l'Orvet (Anyiostoma entomehis ).
Dujardin, Hist. des Helminthes, p. 262. pl. i, fig. c ( 1 S 45).
Cette espèce ne dépasse guère 5 millimètres , et même les mâles sont d’une taille bien inférieure. Tout le corps est blanchâtre avec l’intestin formant une ligne sinueuse, que l’on distingue au travers des téguments par sa couleur noirâtre. La tête est assez épaisse avec la capsule très large par rapport à sa longueur , recouverte par le rebord du tégument. L’extrémité caudale pointue chez le mâle avec les deux spiculés aigus ; cette extrémité plus fine et plus aiguë chez la femelle. La vulve située un peu au delà du milieu de la longueur du corps.
L’Àngiostome de l’Orvet se trouve dans les poumons de ce Reptile (Anguis fragilis). Les anciens helminthologistes ne l’ont pas connu, et il est probable, comme le fait remarquer M. Dujardin , qu’ils l’ont confondu avec V Ascaris nigrovenosa , dont la coloration est assez semblable.
Chez l’Àngiostome, comme chez le Cucullan des Perches , les jeunes éclosent dans l’utérus; on les voit ainsi s’agiter en tous sens dans le corps de la mère.
De r organisation. — Je ne puis faire connaître en détail l’organisation de l’Àngiostomc de l’Orvet. Mes observations sur cet Helminthe se réduisent à peu de chose, et ne méritent d’être mentionnées ici que pour faire ressortir l’afiinité du genre Angiostomc avec les autres Sclérostomiens.
Le canal digestif se voit assez nettement au travers des téguments , et en fendant la peau sur un point, on parvient à l’isoler ,
VOYAGE EM SICILE
malgré la petite taille de ranimai. La capsule pharyngienne est d’un tiers plus large que longue, ayant une annulation antérieure, et une ou deux stries longitudinales de chaque colé (1). L’œsophage est épais, encore élargi à sa jonction à l’intestin, faiblement strié transversalement, et traversé par un canal triquêtre fort étroit. L’intestin qui lui succède , d’abord d’une médiocre largeur , se rétrécit ensuite , et conserve une forme à peu près cylindrique jusqu’à l’anus, situé un peü avant l’extrémité caudale. Sur son trajet, le tube digestif décrit quelques sinuosités ; il est d’une coloration noirâtre.
Dansl’Angiostomc de l’Orvet, comme dans les autresSclorostomiens, l’appareil digestif se fait remarquer non seulement par la présence d’une capsule pharyngienne coriace , mais aussi par l’épaisseur et meme la brièveté de l’œsophage, comparativement à ce qui existe chez la plupart des autres Nématoïdes.
Les organes de la génération m’ont paru ressembler beaucoup à ceux des Cucullans , au moins ceux de la femelle , car je n’ai réellement pu observer ceux du mâle. J’ai reconnu la présence de deux utérus volumineux ; mais sans parvenir à isoler l’oviductc commun , et à reconnaître ainsi sa longueur et son trajet.
Les organes génitaux de V Ancjiosloma entomelas restent donc encore à étudier.
Genre CvatiIosiome (Cyalhostoma Blanch.).
Caractères — Corps épais par rapport à la longueur , sensiblement aminci dans sa portion antérieure , et terminé posterieurement par une petite queue grêle. Tête assez mince, soutenue par une capsule pharyngienne cupiilifortne présentant en avcànt une annulation. Œsophage assez large, de médiocre longueur, un peu épaissi en arrière. Intestin assez volumineux, boursouflé d’espace en espace ; l’ainls situé un peu avant l’extrémité caudale. Ovaires très volumineux, pelotonnés dans presque
(1) Règne anim.y nouv, édit., Zooph.. pi. 25, fi". 3, él roi/, en Sicile I >rs ( pl. 23, fig. 5.
É. BLAIVCIIAKD. SUU l’ORGAMSATIOA DES \ ERS. 183
toute la longueur du corps. La vulve, à bords très saillants, située vers le milieu de la longueur du corps.
Les caractères de ce nouveau genre sont établis sur une seule espèce , dont je ne connais encore que le sexe femelle ; mais cette espèce offrait des caractères tels, dans la forme du corps, dans celle du tube digestif et des ovaires , qu’il était impossible de la rattacher à aucun des genres connus. Elle a peut-être cependant de grands rapports avec \e Syngamus trachealis .
Cyaîbostüme de la Mouette ( Cyathostoma lari , Blanch). (1).
Cette espèce est d’une longueur de 10 à 13 millimètres, et l’cpaisseur équivaut presque au douze ou treizième de la longueur totale du corps. Tout l’animal est d’un rouge carminé extrêmement vif avec la partie antérieure plus rose , et des lignes sinueuses formées par les ovaires qui se dessinent sur les téguments par leur couleur plus blanchâtre; l'intestin, au contraire, tranche sur le rouge par sa couleur d’un brun noirâtre. Le corps s’épaissit graduellement , d’avant eu arrière , dans le premier tiers de sa longueur ; il conserve ensuite sa plus grande épaisseur presque jusqu’à l’extrémité où l’on remarque, chez la femelle au moins, une sorte de petite queue grêle et conique. Le tégument est finement strié. L’anus est situé en avant de l’extrémité caudale. L’orifice génital est situé un tant soit peu au delà de la portion moyenne du corps.
La femelle seule de cette espèce m’est connue. J’en ai trouvé cinq individus dans les cavités orbitaires de deux Mouettes ( Lanis riflibumlus' ; je l’ai cherché depuis dans plusieurs autres de ces Oiseaux , mais toujours sans succès. Ce Nématoïde aura échappé jusqu’ici aux investigations des helminthologistes à cause de son mode d’habitation, car sa belle couleur le fait reconnaître aisément.
De l’organisation. — Le canal intestinal du Cyalhodcra lari offre un aspect particulier (2 . La capsule pharyngienne est pe-
0) Rhjnc animal , nouv. édil., Zonph., pi. 25, fig. C; el Voyage en Sicile , pl 23. fig. 6.
i L. rit , pl. 2 3 cl pl 23, fig. fi pi r,.,
\UiAGL l ,\ SICILH.
tite, cupuliforme, ayant une annulation antérieure. Lille ressemble à celle de l’Angiostome; mais proportionnellement à sa longueur, elle est moins large. L’œsophage, assez épais , s’élargit graduellement d’avant en arrière; sa longueur équivaut à peine au quinzième de celle du corps. L’intestin est d’abord un peu plus étroit que l’œsophage à sa jonction avec celui-ci ; mais il s’élargit bientôt , et devient même d’une ampleur assez considérable dans la portion moyenne du corps ; il est ondulé, et même un peu replié sur lui-même en quelques endroits ; il est boursouflé inégalement d’espace en espace ; ses parois sont minces, très délicates , présentant une coloration d’un brun très foncé.
Le tube digestif du Cyathodère de la Mouette ressemble donc beaucoup à celui du Sclérostome du Cheval ; mais l’intestin chez le premier est encore plus boursouflé , plus sinueux , et d’une largeur plus considérable.
Les ovaires occupent beaucoup d’espace (I) : ce sont deux tubes grêles fort longs, repliés et pelotonnés sur eux-mêmes et autour de l’intestin comme chez plusieurs Ascarides, et entre autres comme chez les espèces de l’Homme et du Cheval. Ces deux tubes ovigères s’élargissent graduellement , de manière à former l’un et l’autre un utérus d’une assez vaste capacité ; ils se réunissent pour former un oviducte d’une longueur d’environ H millimètres, qui se rétrécit graduellement jusqu’à son orifice.
La vulve (2) , située un peu au delà de la portion moyenne du corps , est large , évasée , avec ses bords très saillants.
Les organes génitaux du Cyathostome diffèrent à plusieurs égards de ceux des Sclérostomiens que nous avons décrits précédemment. Il y a bien encore ici absence d’un large utérus commun , analogue à celui qu’on observe chez les espèces de la tribu des Àscaridiens ; mais en même temps Poviducte a plus de longueur et plus d’ampleur que dans les Sclérostomes et les Cucullans. Ensuite l’ovaire et la portion la plus renflée , qu’on peut considérer comme l’utérus , se succèdent graduellement sans ré-
(1) PI. 7, fig. 5.
(2) L . cit., pl. 2 o d pl. 23, fig.
K. IKU\11I1KU. StK LOK(..VMSAIION OES VERS. 185
Irécissement ou élargissement brusque sur aucun point; sous ce rapport, les ovaires du Cyathostome ressemblent à ceux des Ascarides.
Néanmoins l'ensemble des caractères de ce Nématoïde le place dans le groupe des Sclérostomiens.
M. Dujardin rattache encore à la division des Sclérostomiens le genre A’f/n^amwxSiebold (I), et ses genres Stenodes et Stenurus. Je ne possède pas d'observations anatomiques sur ces Helminthes; mais la présence d’une capsule pharyngienne que l'on a constatée dans ces Nématoïdes semble justifier suffisamment le rapprochement de ces divers genres.
Tribu des STRONGYLIENS (STROSG Y LU).
Caractères . — Corps cylindrique. Tête , sans lobes , avec la bouche nue ou entourée de petites papilles. Extrémité postérieure du corps pourvue, chez les mâles , d'une sorte de bourse. Ovaire simple.
Les Slrongyliens ressemblent à beaucoup d’égards aux Filariides . Les caractères les plus saillants se trouvent dans la simplicité de I'o\airc et la présence de la bourse caudale qui existe chez les mâles. Au premier abord, cet organe semble être quelque chose de très particulier; mais l'examen des autres Nématoïdes montre que cette bourse n’est que le développement excessif de ces ailes plus ou moins développées qui accompagnent habituellement les spiculés , et que l'on voit chez les Pilaires , les Spiropfères, etc.
Genre Stroxgle (Slrungylus Müll. Rud.j.
Caractères , — Corps cylindrique, souvent très mince, toujours fort allongé, et en général un peu atténué en avant. Bouche petite, circonscrite par six petites papilles disposées en rosace. Œsophage musculeux , long, très grêle. Intestin large. Orifice, des organes génitaux femelles, situé vers le milieu de la longueur
I Atchiv fur .\aturfjeschichtcvon W’irgmunn , 1. III. p. 106, pt. 3 (1836).
VOYAGE EI\ SICILE
du corps, ou plus eu arrière. L’extrémité postérieure du corps pourvue, chez les mâles, d’une bourse caudale plus ou moins ouverte. L’extrémité caudale des femelles conique ou en pointe obtuse.
La plupart des helminthologistes ont rattaché au genre Stron gylus tous les Nématoïdes, dont les mâles sont pourvus d’une bourse caudale. Rudolphi , néanmoins, forme une division particulière pour les espèces qui présentent un bulbe bticeal coriace; mais cette division n’a été adoptée comme genre que par M. de Pdainville et M. Dujardin. C’est une séparation qui est pleinement justifiée par l’ensemble des caractères. Nous Pavons vu d’une manière complète en traitant des Sclérostomes.
Aujourd’hui , le genre Strongylus comprendrait encore tous les Nématoïdes sans bulbe buccal , ayant chez les mâles une bourse caudale. Or, je pense que les Strongles devront être divisés, quand on connaîtra les organes de la génération dans tontes les espèces. Kn donnant les caractères du genre et ceux du groupe, j’ai eu surtout en vue l’espèce type, la grande espèce du Cheval.
St no n g le GÈsyv (Strongylus gigas) (Ij.
Fusant i rcnalts, Zeder, Nachtr. zur Naturg. (1er Eingeweidcw., p. H 6 (1800).
Strongylus giyus , Iludolphi, Enloz. llist ., t. II, part, i , p. 210 , pi. I 1 , fig. 1-4 (1809), et Enloz, Synops. , p. 3 1 et 260 (1819).
Brcmser, Ueber lebend Ifurnt. in lebenden Mcnsch., p. 223 (1819), et Trnduct., p 253 ; Atlas, 1 re édit., pl. 4, fig. 3-5 ; — 2 e édit., p!. 7. fig. 5-9.
De Blainville , Dict. des sc. nat ., t. LYI11 , p. 543, pl. 29, fig. 18 (1828).
Schmalz, Tabulte unut. t Enloz . illustr., 1. XIX, fig. 1-7 (1839).
Gurlt, Lehrbuch der palh. anal., der Ihius-Saugethierc, p. 360, pl. 8, fig. 25-28 (1831).
Creplin, Allg. Encyclap, ron Erscli urnl Gruber, p. 281 (1839).
Dujardin, ffisl. des Helminthes , p. 113 (1845).
Cette espèce est réellement le géant de l’ordre des Nématoïdes ; le mâle atteint jusqu’à 40 centimètres de long , et la femelle jus-
(l) Règne animal , nouv. édit. , Zooph. , pl. 27, fig. 1, et l'oyugc en Sicile, pl. 21, fig. 1.
É. BLWCIURH. — sur l’organisation dus vers, 187 qu’à 1 mètre ; la seule que j’aie observée avait exactement 83 centimètres. Le corps est entièrement d’un rouge sanguin ; il est légèrement atténué aux deux extrémités , présentant dans toute son étendue des stries ou des annulations transverses interrompues, et huit faisceaux de fibres longitudinales également espacés les uns des autres. La tête est obtuse avec la bouche petite, entourée de six petites papilles. L’œsophage est long, grêle, et l’intestin est au contraire très large. Chez le mâle , l’extrémité caudale est obtuse , et pourvue d’une bourse membraneuse sans échancrure. Chez la femelle, l’extrémité caudale est obtuse et très légèrement recourbée ; la vulve est située beau*» coup au delà de la portion moyenne du corps.
Nous décrivons ici le Strongle géant , principalement d’après un individu trouvé sur les reins d’un Cheval par un de nos plus habiles vétérinaires, M. Leblanc. Rudolphi et Chabert l’avaient également trouvé dans les reins du Cheval. Mais on a rapporté aussi à la môme espèce , c’est-à-dire au Strongle géant , des Strongles trouvés sur les reins , chez l’Homme aussi bien que dans le Chien , le Loup , le Renard , le Taureau , et même dans l’intestin du l’hoque (Phoca vitulina) , dans le mésentère du Glouton (Gulo arcticus ). Partout ces Strongles sont d’une extrême rareté, et n’ont été rencontrés pour ainsi dire que par hasard; aussi il n’a pas été possible de les comparer. Or cette comparaison serait d’une absolue nécessité pour ne pas laisser de doute sur l’identité spécifique de ces Nématoïdes trouvés chez des animaux différents. Il ne serait pas impossible que l’on eut confondu sous la même dénomination des espèces très voisines , comme le sont par exemple les Ascarides de l’Homme, du Cheval, du Bœuf f du Cochon, etc*, qui avaient été également confondus.
Quand un Strongle se trouve dans le rein d’un animal, l’organe est toujours en grande partie détruit.
Dr F organisation i — Téguments et muscles . — Le système tégumentaire et le système musculaire sont ici beaucoup plus développés que dans la plupart des autres Nématoïdes. H existe un épiderme résistant . ayant l’apparence d’une membrane pellucidc qu’on peut isoler sans difficulté. Au-dessous , on trouve Une au Ire
>OVAGE EX SICILE.
couche cutanée, pellucide également, mais dans laquelle on distingue des fibres entrecroisées ; au-dessous se voient les faisceaux de fibres longitudinales, qui ont une largeur et une épaisseur considérables(l) ; ces faisceaux sont séparés d’espace en espace par des bandelettes musculaires plates et plus larges. A l’intérieur, tous les espaces interfi brillai res etintermusculairessont remplis d’un tissu fibres spongieux qui y est accumulé en assez grande quantité. Les musculaires transversales (2) ne sont pas rapprochées les unes des autres comme les fibres longitudinales ; ce sont des faisceaux qui prennent leur attache sur de longues bandelettes , et ces faisceaux plus ou moins irréguliers, et placés d’espace en espace, déterminent les plissures ou annulations transversales qui se voient dans toute l’étendue du corps de l’animal. Ce qu’il y a surtout de remarquable dans le système musculaire du Strongle géant, ce sont des faisceaux analogues à ceux que forment les fibres transversales qui s'attachent sur l’intestin, et le maintiennent dans toute sa longueur et sur tous les points (3). Ces rangées de muscles d’attache sont au nombre de quatre ; ce sont des muscles fort rapprochés les uns des autres , très aplatis , lamelleux, et se séparant sur l’intestin en plusieurs fibres qui s’épanouissent , comme pour le mieux retenir sur tous les points.
Je n’ai eu à ma disposition qu’un seul individu femelle du Strongylus gigas conservé dans l’alcool , et avec ce seul individu il ne m’a pas été possible de bien étudier toute l’organisation , et surtout le système nerveux. Cependant, j’ai pu le suivre en grande partie, et reconnaître ce qu’il offrait d’analogie avec le système nerveux des autres Nématoïdes. Comme dans les Ascarides, les petits centres médullaires sont groupés autour de l'oesophage ; mais leur volume est plus considérable , toute proportion gardée d’ailleurs entre la taille des animaux. Deux cordons longitudinaux descendent également dans toute la longueur du corps; ils sont plus ondulés sur leur trajet, et de plus ils
(1) PI. 8, Gg. 2— «
(2) P). 8, fig. 2 — b,
(3) PI. 8, fig. I,
É. BLANCHARD* — SIU LOKGA.NJSATIO.N DES VEKS. 189
présentent d'espace en espace des renflements très sensibles , qu’on ne peut regarder que comme des renflements ganglionnaires, Il en naît des filets très grêles qui se distribuent aux muscles , et particulièrement aux faisceaux transverses.
Otto avait déjà signalé l’existence du système nerveux dans le Strongle géant, et il l’a représenté comme consistant en un simple cordon longitudinal médian régnant d’une extrémité du corps à l’autre (1). J’ai déjà eu l’occasion de montrer comment a pu se produire bien facilement l’erreur du naturaliste silésien, qui, du reste , a réellement représenté une partie du système nerveux. Son animal a cté ouvert dans la position où les cordons nerveux se trouvent être l’un dorsal , et l’autre ventral ; celui de la partie dorsale s’est donc trouvé coupé : et l’animal étant ouvert , ce qui s’est présenté sur la ligne médiane, c’est le cordon nerveux ventral (2).
Le canal intestinal du Slrongylus gigas diffère beaucoup de celui des autres Nématoïdes (3). L’œsophage ressemble assez à celui que nous avons décrit dans les Spiroptères : c’est un tube musculeux , à parois très épaisses, cylindrique, grêle , un peu aminci encore à son extrémité antérieure. Sa longueur équivaut à moins du douzième de la longueur totale du corps. L’intestin , étant maintenu par des muscles sur tout son trajet et par toutes ses faces, n’a exactement que la longueur du corps; il ne peut être sinueux et contourne , comme dans les autres Nématoïdes où il est libre d’adhérence. Chez le Strongle , cet intestin est fort large comparativement à ce que nous voyons chez tous les autres représentants de l’ordre ; il est d’abord assez étroit à sa jonction avec l’œsophage, mais il s’élargit graduellement et insensiblement jusqu’à son extrémité postérieure. Cet intestin, étant tiré
(1) Otto Uber dns Xerven System, der Eingeiueidetvurmcr , Der Gesellsehaft. nalurf. freunde zu fterlin, Bd. VII. S. *223, t. V(18 U). — Figure reproduite in Schmalz, Tabula* anatom., Entoz. illustr., tab. XIX, et Wagner, feones zoolo micæ. Tab. XXVII, fig. 3 ( I 841).
(2) Journal l'Institut , p. 172. 18 if» , et liullHiu de ht société philomatique,
(3) PI. 8, Og. 4 , ti,b,c,d.
VOY AGE h N SICILE.
par les quatre rangées de faisceaux musculaires qui le maintien?lient, prend une forme quad rai) gui aire ; ses parois sont très peu résistantes comparativement à ce que nous voyons ailleurs, chez, les Ascarides, les Filaires par exemple.
Les organes génitaux femelles sont assez simples; il n’y a qu’un seul ovaire (1) consistant en un tube démesurément long* car il est très ondulé , et replié plusieurs fois sur lui-même dans toute retendue du corps. L’ovaire, très grêle à son origine , est pelotonné dans la partie postérieure du corps , mais ensuite il devient plus épais , et remonte vers l’extrémité antérieure, pour sc replier ensuite et remonter de nouveau. 11 s’élargit considérablement vers son extrémité, et enfin il se termine par un oviducte grêle , qui vient s’ouvrir un peu en arrière de l’œsophage (2).
OBSERVATIONS
Je regarde I e Slrongylus gigas comme le type d’une tribu particulière. Son intestin droit, large, et maintenu dans toute sa longueur par des bandelettes musculaires , et son ovaire siniple , sont des caractères qui me semblent justifier complètement cette séparation. Mais plus de vingt espèces sont encore rattachées par les helminthologistes au même groupe. Devront-elles rester dans le genre Slrongylus ou au moins dans la tribu des Strongyliens? Je ne le pense pas. Jusqu’ici , à l’exception des espèces qui ont un bulbe pharyngien corné, et dont on a formé le genre Sclerosloma , toutes les espèces sans bulbe pharyngien, mais dont les mâles présentent une bourse eaudale, sont placées dans le genre Slrongylus ou au moins dans le groupe des Strongyliens. Or, la présence de la bourse caudale chez les mâles , c’est-à-dire le développement excessif de ces ailes membraneuses qui , dans beaucoup de Nématoïdes, accompagnent les spiculés, ne paraît pas eoïncider avec d’autres caractères. J’ai eu peu l’occasion d’examiner des Strongles vivants ; la plupart sont fort rares. J’ai observé une fois le Strongle du Cochon ( Slrongylus suis , Rud,,
(1) PI. 8, fig. 1, e.f y y.
(2) Pi. 8, fig. I. h.
I*. BLAMIItltl». S1JP, u’ORG VMSATMJX DES VERS. 191
Synops ., p. 36 et 265; Strongylus çlonyatws, Dqj., J List, des Helm . , p. 127), qu’on rencontre dans les poumons et les brandies du Cochon et du Sanglier. Cette espèce est extrêmement grêle et d’une étude difficile. Je n’ai pas suffisamment étudié ses organes génitaux ; mais j’ai très bien vu son canal intestinal; il est complètement différent de celui du Strçngylus gigas , et ressemble extrêmement, au contraire, à celui des Filaircs I/intestin est grêle , libre , dans la cavité du corps , et ondulé comme celui de beaucoup de Nématoïdes.
J’ai eu également une fois entre les inains plusieurs individus du Strongylus retortœformis( Zeder, Nachtrag, p. 70 et 75 ; l\ud., EnL HisL , l. II, p. i, p. 22d, et Synops ,, p. 34 et 264 ; Duj., H ist. des Ilelm p. 1 17; trouvés dans l’intestin d’un Lapin. Chez ce Nématoïde, l’intestin est grêle , cylindrique , ondulé, sur son trajet, comme celui du Strongle du Cochon et comme celui desFilaires. Les ovaires m’ont paru être doubles ; mais les individus en ma possession s’étant détériorés , je n’ai pu étudier sérieusement les organes génitaux. l)e nouvelles recherches pour me procurer de nouveau le Strongylus retortœfonnis sont demeurées sans résultat. Ainsi, ces Strongles paraissent ne point appartenir au groupe qui a pour type le Strongylus gigas ; ils devront former un et peut-être plusieurs genres distincts , et sans doute une tribu particulière.
Tri du des TfUCHOSOMIENS {TfilCUOSOMIl).
Caractères. — Corps en général très allongé. Bouche très petite, arrondie. Un bulbe œsophagéen musculeux, suivi d’un intestin grêle dans toute sa longueur. Anus presque terminal. Ovaire simple.
Les Triehosomicns sont remarquables souvent par la longueur extrême et le peu d’épaisseur de leur corps. Leurs œufs, présentant une sorte de rétrécissement aux deux extrémités, paraissent se terminer en forme de goulot.
Ces Nématoïdes nous semblent constituer une petite famille assez naturelle : leurs espèces ne son! pas fort nombreuses , et il
VOï AGE EX SICILE.
n’en est guère parmi elles qu’on se procure facilement. L'extrême ténuité de leur corps rend les dissections très difficiles , et l’on 11e peut venir à bout d’étudier un organe chez ces Helminthes qu’en dirigeant ses investigations sur un grand nombre d’individus.
Je n’ai pas été assez heureux dans mes recherches pour être à même de décrire avec détail l’organisation de quelques Trichosomiens. Ces Vers ont des caractères qui les séparent assez nettement des autres Nématoïdes; mais dans 1 état actuel , on ne peut être certain que toutes les espèces rangées dans ce groupe par les helminthologistes y appartiennent bien réellement.
Genre Trichosojue ( Trichosoma Rud.).
Caractères . — Corps filiforme, très allongé , extrêmement mince, et surtout aminci en avant , mais jamais dans la proportion des différences d’épaisseur existant dans le corps des Trichocéphales, conservant sa forme très cylindrique ou capillaire dans presque toute sa longueur. Bulbe œsophagéen épais , s’amincissant un peu en arrière. Anus situé exactement à l’extrémité du corps. Organes génitaux mâles sortant d'une gaine membraneuse. Orifice génital femelle situé en avant.
Les Trichosomes sont encore imparfaitement connus. J’ai voulu plusieurs fois étudier d’une manière complète quelques espèces de ce genre ; niais après avoir obtenu un petit nombre d’individus, la difficulté de m’en procurer d’autres m’a toujours empêché de compléter mes observations commencées.
M. Dujardin a fait connaître plusieurs espèces nouvelles de Trichosomes, et il a formé plusieurs genres, d’après la considération des parties extérieures des organes générateurs mâles.
Ainsi, avec l’espèce que nous décrivons ici, le T. œrophilwn , il a établi le genre Evcolæus , le long spiculé qu’on observe dans les mâles de Trichosomes n'étant pas distinct dans cette espèce.
Ê, BLAf%CIlARI>. — SI li INORGANISATION DUS VERS. 193
Trichosome dü Renard (Trichosoma ærophilum) (1).
Creplin, Altgemeinc Encyclopædic von Ersch utul Cruber , 1 . XXXI l , p. 27S
Eucolœus ærophilum , Dujardin, JUsl. des Helminthes, p. '24 (1843).
Description . — Cette espèce atteint une assez grande longueur: j’en ai rencontré des individus femelles ayant jusqu’à 25 ou 28 centimètres de long; mais très souvent ce Trichosome est d’une taille beaucoup moindre. Le corps, extrêmement grêle dans toute son étendue , est encore aminci antérieurement. Sa couleur est d’un blanc jaunâtre uniforme. Chez le mâle, l’extrémité postérieure est recourbée , et l'on distingue un appendice tubuleux garni d’un assez grand nombre de rangées de petites épines : cet organe est sans doute le pénis (2). Chez la femelle , l’extrémité postérieure est droite avec la queue en pointe obtuse.
Ce Nématoïde vit dans la trachée-artère du Renard , appliqué contre les parois de cet organe, où il paraît retenu au moyen d’une matière mucilagineuse. MM. Creplin et Dujardin l’ont trouvé dans cette condition. Je l’ai rencontré, démon côté, une fois en assez grande quantité ; mais n’ayant pu me le procurer de nouveau , il ne m’a pas été possible d’étudier suffisamment cette espèce pour en donner une anatomie complète. Je la mentionne ici dans le but seulement d’indiquer quelques details.
De V organisation. — L’appareil digestif débute par une sorte de bulbe œsophagéen musculeux , de forme ovalaire , s’amincissant graduellement en arrière (3). L’œsophage ensuite demeure grêle et presque cylindrique , sc continuant avec l’intestin sans offrir d’étranglement bien marqué. L’intestin décrit durant son trajet des ondulations, qui sont du reste très limitées, le corps ayant fort peu de largeur.
(1) Règne anim. , nouv. édit., Zoopb., pl. 25, fig. 2, et Vu ij. en Siale , Cm , pl. 23, fig. 2.
(2) M. Dujardin, qui a observé celte espece, n'a pas distingué de véritable spiculé. Je n’en ai pas vu non plus chez les quelques milles de Trirhosoma ærophitus que j*ai examinés.
(3) Ljc.cit., pl. 23 et pl. 23, fig. 2 a .
3 r M*ri<\ /.un . T XI. (Avril isi'.i
40YAGE EN SICILE*
L’o\ aire a une très grande longueur. C’est un tube d’abord fort mince , élargi graduellement , descendant dans presque toute la longueur du corps, puis remontant dans la portion antérieure, où il se termine par un oviducte assez grêle. La vulve fait peu saillie au dehors ; elle est située vers le cinquième antérieur de la longueur du corps. Les œufs, en très grand nombre dans l’ovaire, se terminent aux deux bouts par une sorte de petit bouton*
Genre Tricuocépiiale (: Trichocephalus Gœze, Rud., etc.).
Trichiuris Morgagni , Bloch , etc
Caractères . — Corps allongé ayant la partie antérieure , très longue, filiforme, et même capillaire, contenant seulement l’œsophage et la portion la plus grêle de l’intestin ; l’autre partie, ou la postérieure, subitement renflée, assez épaisse, contenant la portion terminale de l’intestin, qui est assez ondulée , et les organes de la génération. Bulbe œsophagéen , d’une forme ovoïde , allongée. L’extrémité caudale, enroulée chez les mâles, et munie â l’extrémité d’un spiculé simple , entouré par une gaîne vésiculeuse. Cette extrémité du corps, chez les femelles, presque droite. L’ovaire simple , replié sur lui-même, avec rorificc vulvaire situé à l’origine de la partie renflée du corps.
Les Trichocéphales habitent surtout le gros intestin , ou le cæcum de l’Homme et des Mammifères.
L’amincissement de la portion antérieure de leur corps suffirait pour les distinguer de tous les autres Nématoïdes. Les premiers naturalistes, ayant pris la portion grêle pour la partie postérieure, avaient appliqué à ce genre le nom de Trichiuris ; mais, dès \ 782 , Gœze rectifia cette erreur.
TiucHocÈruALE de l’Homme ( Trichocephalus kominis).
Alorgagni, Epistolœ onaiomicœ , XIV, art. 42 (1764).
Trichuris Rœderer et Wagler, Dissevt. de morho mucoso (1762).
Wrisberg, De anim. in fusoriis satura, p. 6-10 (1767). „
Bloch , Abhamlhmg. der Erzeug. der Eingeweidetvurmer , el Irad., pl. 9. fig. 7-12 (1782).