IG
à peu près la meme, et l’on obtient bien peu de résultats par la considération seule des caractères extérieurs.
Shbure des Taupes , Spirura Talpæ.
Ascaris Talpæ , Gmelin, Systema nature p , p. 3032 (1789).
.4scan's strumosa, Krœlich, m Naturfarsch t. XXV, p. 82, pl. 3, fig. 15 (1791).
Fusaria convoluta , Zeder, Xaturgesch. (1er Eingeweidew ., p. 106 (1803).
Ascaris strumosa, Kudolphi, Entoz. hist I. II, part. 1, p. 193 (1809)
Spiroptera strumosa, Rud., Entoz. synops p. 24 et 241 (1819).
Nilzch., Spiropteræ strumosœ Descriptio (1829).
Creplin, Allgem. Encyclop. von Ersch mut Gritbei\ t. XXXII, p. 280 (1839).
Dujardin, Hist. des Helminth., p. 86 (1845).
Description . — Cette espèce est longue de 15 à 45 millimètres. La femelle seule, du reste, atteint cette taille ; le mâle ne dépasse guère 18 à 20 millimètres. Il est aussi d’une forme beaucoup plus cylindrique. La femelle s’élargit, au contraire, d’avant en arrière, et s’amincit ensuite à l’extrémité postérieure. Tout l’animal est d’un blanc rougeâtre , et chez la femelle surtout il y a des marbrures rouges très marquées. La tête est toujours amincie, et tronquée à l’extrcmité. Chez le mâle, l’extrémité caudale est enroulée, et supporte deux petites ailes membraneuses très peu saillantes accompagnées de quelques petites papilles. Il y a deux spiculés : l’un grêle, recourbé ; l’autre, plus court et plus large, ensiforme, présentant une eôte médiane. Les spiculés sont accompagnés de deux ailes membraneuses striées. Chez la femelle, l’extrémité caudale est peu recourbée , amincie au bout , et la vulve est située au delà du milieu, environ vers les cinq huitièmes de la longueur du corps.
Cette espèce se trouve fréquemment dans l’estomac et l’intestin des Taupes.
De V organisation. — Le système nerveux et le système vasculaire sont très semblables dans le Spirure de la Taupe et le Spiroptère des Chiens,
Chez le Spirura Talpæ , le canal intestinal (1) présente quelques légères différences. LVesophage est également grêle, al- (1) P). 7, fig. 2"— a,!).
fe. UMMHAim, — SI R l’ORGAMSATIOX DES VERS. 163 longé, presque cylindrique , d’une longueur au moins égale au cinquième de la dimension totale du corps. L’intestin qui lui succède est d’abord un peu plus élargi , mais il se rétrécit légèrement ensuite , et se présente sous la forme d’un tube cylindrique, décrivant quelques sinuosités sur son trajet. L’orifice anal est presque exactement terminal.
Les organes génitaux mâles sont assez simples, et ressemblent à ceux des Ascarides ayant toutefois une longueur moins grande. Le testicule (1) est un tube grêle capillaire contourné sur lui-même, et logé dans la portion moyenne du corps. Le tube séminal (2) qui lui succède est d’un diamètre supérieur à celui de l’intestin ; c’est un canal cylindrique flexueux venant aboutir un peu en avant de l’anus; il se termine par deux pièces cornées faisant saillie au dehors : ce sont les deux spiculés. L’un , regardé comme le véritable pénis, est en rapport avec un canal déférent de même diamètre ; ce pénis (3) est long, recourbé, cylindrique , terminé en pointe obtuse. Le second spiculé ou pièce accessoire (4) , comme l’appellent souvent les helminthologistes, se voit un peu en arrière. Sa longueur est beaucoup moindre , mais sa largeur est beaucoup supérieure. C’est une laine peu arquée se terminant par une petite pointe recourbée, et divisée dans le sens de la longueur par une carène médiane.
Ce second spiculé paraît devoir servir uniquement h mieux retenir la femelle pendant l’acte de l'accouplement. On comprend futilité de la courbure de la partie postérieure du corps chez le mâle; c’est le seul moyen qu’il ait de se maintenir autour du corps de la femelle pour s’accoupler ; la pièce cornée, ou spiculé, doit elle-même en s’appuyant l’empêcher de glisser aussi facilement sur le tégument, qui, en général, est très lisse.
Les organes génitaux femelles occupent au moins les deux tiers de la cavité du corps (5). Les ovaires débutent par une portion
(1) PL7.fig.2- «.
(2) PI. 7, fig. 2 — /;.
(3) P! 7, fig. 2 — c.
(4) PL 7, fig. 2 — d.
(5) PL 7. fig. 2* —
> OYAC.E SICILfc.
grêle capillaire , repliée et pelotonnée sur elle-même à l’extrémité postérieure du corps. La portion élargie , au moins une fois repliée sur elle-même, est d’une longueur moindre , étant déployée , que celle du corps. C’est un tube d’abord assez large qui se rétrécit graduellement ; et, au point où les deux ovaires se réunissent , ils sont devenus très minces. Il n’y pas d’utérus commun. L’oviducte , qui succède immédiatement au point de réunion des deux ovaires, est très grêle, et fort court ; il se termine insensiblement par une petite vulve s’ouvrant presque dans les deux tiers postérieurs de la longueur du corps.
Si nous comparons les organes génitaux femelles du Spirura Talpœ et du Spiroptera sanguinolente , les principales différences se montrent dans la position de l’orifice , dans la longueur de l’ovidncte et des ovaires , et dans la place que ceux-ci occupent. Il y a en même temps grande analogie dans l’absence d’un utérus commun analogue à celui que nous avons trouvé chez les Ascarides et les Filaires.
Spircre dü Cheval ( Spirura megostoma ).
Spiroptera megastoma, Rudolphi, Entoz. Synops.,p. 22 el 236 (1819).
Gurll, Lerbuck. der pathot. Anatomie der Haus-Saugethiere , p. 351, pl. 6 (1831).
Valenciennes, Comptes rendus de VAcadém . des Sc t 17, p. 71 (1843).
Dujardin, lïist. des Helminthes, p. 8| (1845).
Description. — Cette espèce est d’une teinte blanchâtre sale , d’une forme grêle et allongée. Sa tête est séparée par un étranglement. La bouche est large , et munie de quatre petits lobes opposés les uns aux autres. Chez le mâle, l’extrémité postérieure est enroulée ; il y a deux spiculés, l’un grêle et assez long, l’autre beaucoup plus court et plus grêle encore ; ces spiculés sont accompagnés de deux ailes membraneuses , striées longitudinalement. Chez la femelle, l’extrémité postérieure est presque droite el terminée en pointe. L’orifice génital est situé un peu avant le milieu de la longueur du corps.
Cette espèce se trouve quelquefois en assez grand nombre lo-
É. BLIMU1RD — SfK l’oKGAXIS VIlUX DhS VliKS. 165
gée dans des tubercules ou tumeurs de l’estomac des Chevaux. Je l’ai rencontrée une ou deux fois; mais M. Valenciennes Fa observée plus souvent , et il Fa étudiée , sous le rapport anatomique, avec le plus grand soin. 1! a fait faire un dessin qui représente exactement l’organisation deceNématoïde ; aussi est-ce beaucoup plus d’après les observations de M. Valenciennes que d’après les miennes que j’indique ici les différences entre le Spirure du Cheval et le Spirure des Taupes , M. Valenciennes ayant eu l’extrême obligeance de mettre ses figures a ma disposition.
De l'organisation. — Le canal intestinal ne présente rien de bien particulier. L’œsophage est presque cylindrique, et d’une longueur proportionnellement moins grande que chez le Spirure de la Taupe , mais analogue a celle du Spiroptère du Chien. L’orifice buccal seulement est beaucoup plus évasé que chez ces deux derniers , cc qui a valu au Spirure du Cheval le nom spécifique de megastoma. L’intestin est médiocrement ondulé , légèrement aminci en arrière, avec l’anus situé un peu avant l'extrémité caudale. Il n’v a ici rien de bien particulier.
Les organes génitaux présentent quelques légères différences avec ceux du Spirure de la Taupe. Chez le mâle, le spiculé principal est moins long et moins recourbé , et le spiculé accessoire est infiniment plus grêle et plus court ; au lieu d’une lamelle ensiforme, c’est une sorte de dard.
Les ovaires consistent également en deux tubes grêles ; mais au lieu d’être l’un et l’autre pelotonnés dans la région postérieure du corps, comme dans le Spirure de la Taupe, l’un occupe la portion antérieure, et Fautre la portion postérieure du corps. Ensuite , il existe dans le Spirure du Cheval un utérus commun très court, à la vérité, et l’oviductc est plus long, bien quo ces parties aient néanmoins peu d’étendue. L’orifice extérieur sa trouve chez le Spirura megastoma en avant de la portion moyenne du corps, tandis qu’il est en arrière dans le Spirura Talpœ . Ainsi entre ces deux espèces très voisines sous tous les rapports , il y a pour l’appareil digestif et l’appareil génital certaines différences importantes à signaler.
VOl A(iü EX SICILE.
Tribu des OXYURIENS ( OXYUHll ).
Caractères . — Corps acuminé postérieurement. Bouche sans lobes. Œsophage assez long. Un estomac arrondi suivi d’un intestin droit , un peu élargi à son origine. Ovaires larges, doubles.
Les Oxyuriens sont des Nématoîdes de très petite taille. Pendant longtemps, les helminthologistes ne les ont pas distingués des Ascarides, et, depuis qu’ils en ont été séparés génériquement , les zoologistes les ont toujours considérés comme en étant très voisins. M. Dujardin les range dans la même section de l’ordre des Nématoîdes. Cependant les différences d’organisation entre ces Helminthes peuvent compter parmi les plus considérables qui se voient entre les divers types de cet ordre du sous-embranchement des Vers.
Dans les Àscaridiens , le tube digestif est droit ; un intestin succède directement à l’œsophage ; il en est ainsi chez la plupart des Nématoîdes. Dans les Oxyuriens , entre l’œsophage et l’intestin , il existe une sorte d’estomac ou de ventricule globuleux. Chez les Ascaridiens , les ovaires sont grêles ; leur portion capillaire est fort longue : leur portion élargie n’occupe qu'un très petit espace dans la cavité du corps. Chez les Oxyuriens , il en est tout autrement : cette portion élargie des ovaires occupe presque toute la cavité du corps.
Genre Oxï i iik {Omyuris Uud.\
Caractères . — Corps cylindrique, brusquement aminci en arrière. Bouche soit arrondie , soit un peu triangulaire, et circonscrite par une sorte de renflement du tégument. Orifice anal situé assez loin de l’extrémité postérieure. Orifice des organes génitaux femelles situé vers le quart de la longueur du corps. Les mâles ayant leur partie postérieure contournée ; les femelles toujours parfaitement droites.
Nous considérons comme type du genre, l’Oxyure de l’Homme (Oxyuris vermicularis) ; mais je n’ai pu étudier le mâle qui est d’une extrême rareté, car je n’enai pas rencontré un seul parmi plusieurs milliers de femelles.
É. BLIMUARD. SUR l’oRGAMSATIÜX DES VERS. 167
Oxvi’he VEHMicrLAinE (Oxyurisvermiculans).
Ascaris vermicularis, Linn., Syst.nat ., A 2 e édit. , p. 1076 (1767).
Gœze, Naturgesch. der Eingeweid., p. 102, pi. o, fig. 1-5 (1782).
Bruguière, Encycl. mêth., t. VI, Vers, p. 133 (1789).
Fusaria vermicularis . Zeder , Xaturgeschichle der Eingcweidewurmcr , p. 107 (1803).
Jordens, llelm. S. 19. Taf. II, fig, 1-5 (1802).
.Ascaris vermicularis , Hudolphi. Entoz. hist.. t. II , part, t , p. 152(1809), el Entoz Synop., p. 44 et 279 (1819).
Oæyuris vermicularis t Bremscr, Uber lebende Wurmcr in lebcrnl. Menschvn, p. 79, tab. I. fig. 6-12 (1819).
Ascaris vermicularis , Selimalz , Tabul. anatom. Enloz . illusl . , pl. 8, fig. 1-4 (1839).
Creplin, Allgem. Encyclop. von Ersch und Griibcr, t. XXXII, p. 282 (1 839).
Oæyuris vermicularis, Dujardin, Hist. des Iîelm p. 138 (1845).
Description . — L’Oxyure vermiculaire est généralement long de 10 à Jr2 millimètres ; c’est du moins la femelle qui atteint cette dimension, carie male ne paraît pas dépasser 5 millimètres. Celuici a son extrémité postérieure contournée en spirale; la femelle, au contraire, est parfaitement droite, et très amincie en forme de queue. Tout le corps est d’un blanc laiteux , surtout quand les ovaires sont bien remplis. La tête est assez large, tronquée, avec le tégument un peu épaissi de chaque coté. L’anus situé très loin de l’extrémité postérieure du corps. L’orifice génital femelle vers le tiers antérieur.
L’Oxyure vermiculaire habite le gros intestin chez l’Homme. Il se trouve quelquefois en très grande abondance, surtout chez les enfants; mais la femelle seule est commune , le mâle est toujours d’une extrême rareté.
L’Oxyure vermiculaire se lient non pas dans l'intestin grêle , comme V Ascaris lumbricoicles , mais toujours dans le rectum. Les personnes atteintes de cet Helminthe en souffrent quelquefois beaucoup, particulièrement le soir ou durant la nuit. Les Oxyures remontent vers la partie supérieure du rectum pendant le jour ; mais le soir ils redescendent ordinairement à la partie inférieure et jusqu’à l’anus. De telle sorte que les individus affectés de cet IMmintheen perdent souvent dan« leur lil. L’Oxyure vermiculaire
u>\ \(. i i;\ sk ii. h.
cause ainsi des démangeaisons très pénibles , cl, d'après les observations des médecins, il finit même par déterminer des gonfieinents autour de l'anus cl un prurit très marqué. Ce Ver se trouve quelquefois dans le rectum par centaines et même par milliers, et les personnes qui en sont affectées s’en débarrassent souvent avec beaucoup de peine. On l’expulse à l’aide des vermifuges employés habituellement par les médecins ; mais il est rare que les malades s’en délivrent définitivement , s’il ne s’opère un changement dans leur régime ou dans leur constitution. Après avoir rejeté des milliers d’Oxyures , ces Nématoïdes reparaissent bientôt; car sans doute que d’innombrables quantités d’œufs demeurent dans le gros intestin malgré l’emploi des vermifuges. Nous ne comprenons guère comment ils ne se trouvent pas entraînés au dehors, et néanmoins on ne peut douter qu’ils ne restent en grande partie dans l’intestin.
Au point de vue médical , on a publié des observations intéressantes (I) sur l’Oxyure vormiculaire ; mais l’organisation de ce Nématoïdc n’a point encore été sérieusement étudiée. Je puis au moins faire connaître la femelle d’une manière assez complète.
De r organisation. Le système nerveux et le système vasculaire offrent chez l’Oxyure la disposition générale aux Nématoïdes. Il uc paraît guère possible de mettre en évidence les centres médullaires dans un animal d’une aussi petite taille; mais on peut suivre les deux nerfs longitudinaux, aussi bien que les gros tubes vasculaires.
L’appareil digestif mérite d’être remarqué ("2). Comme chez les autres Nématoïdes , il débute par un œsophage musculeux assez long. Cet œsophage, dont la longueur équivaut au neuvième environ de la longueur totale du corps, est d’abord un peu renflé d’avant en arrière, légèrement i étréci ensuite, puis élargi de nouveau, et enfin un peu aminci à sa jonction avec l’estomac ou le
(1) On peut consutler, à cel égard , une notice insérée dans la Gazelle des Hôpitaux [Marchand, Essai sur l' Oxyure, l. IX, p. 367, 395, 455, 505(18 47)]: mais tout ce qui est dit de l'Oxyure, sous le rapport anatomique, n’a pas le moindre fondemenl.
(2) PI. 7, fig. 3.
F. ULi.UlilHU.
M 1, l/üKGAMSAllO.N Dfcb VLRS. 1G9
\entricule. Dans la plupart des iNématoîdes, comme nous Pavons vu , un intestin plus ou moins grêle succède directement à l’œsophage ; dans l’Oxyure il existe au contraire un ventricule, comme on l’a appelé le plus ordinairement, ou un estomac complètement globuleux. Ce ventricule dépasse beaucoup la largeur de l’œsophage , et cependant il est traversé par un canal fort étroit. V l’estomac succède l’intestin. Celui-ci est légèrement ondulé sur son trajet. Il débute par une portion assez élargie : mais il ne tarde pas à se rétrécir et à conserver dans la plus grande partie de sa longueur une forme à peu près cylindrique, tout en présentant de distance en distance de très légères boursoullures. Près de son extrémité il se renfle très sensiblement, de manière à former un véritable rectum qui se rétrécit ensuite et vient s’ouvrir très loin de l’extrémité du corps, environ vers les quatre cinquièmes de sa longueur.
Ceci s’applique à la femelle , car je n’ai pu obtenir le mâle de l’Oxyure vcrmiculaire et m’assurer si l’intestin s’ouvrait dans ce sexe aussi loin de l’extrémité caudale.
Chez les Oxyures , l’appareil digestif a donc une complication plus grande que chez les autres Nématoïdes, puisque nous y reconnaissons un estomac distinct et des rendements partiels de l’intestin dont nous ne trouvons souvent pas de trace dans les autres représentants du même ordre.
Il y avait un intérêt considérable à étudier les organes de la génération des Oxyures dans les deux sexes, ce type différant à plusieurs égards des autres types de la même division. Mais sur plusieurs milliers de femelles je n’ai pu parvenir à rencontrer quelques mâles. 11 m’a fallu renoncer à décrire dans ce travail l’appareil génital mâle de l’Oxyure vcrmiculaire.
Les organes femelles occupent la plus grande partie de la cavité du corps (P. Ici il y a deux ovaires , comme dans la plupart des autres Nématoïdes ; mais leur partie grêle est très courte, tandis que leur portion élargie est énorme. L’un des ovaires remonte et atteint la hauteur de la partie supérieure du ventricule ; l’autre.
PI- 7,fig. 3 • — h t i
170 VOYAGE EN SICILE
au contraire, descend et atteint la limite de la moitié de la hauteur du rectum. Ces deux ovaires, plus ou moins ondulés, se rétrécissent brusquement à leur sommet et se réunissent dans un oviducte commun assez étroit, presque cylindrique, s’ouvrant un peu au-dessus delà portion moyenne du corps. L’orifice fait très peu saillie au dehors. Les parois des ovaires sont très minces et et se déchirent avec la plus grande facilité. Il est extrêmement difficile de disséquer c.t d’isoler complètement l’appareil génital femelle de l’Oxyure vermiculaire. A l’aide des instruments les plus fins, il est bien souvent impossible de parvenir à ouvrir un de ces Helminthes sans briser entièrement les ovaires. C’est en prenant des précautions infinies , et après avoir essayé en vain sur un nombre énorme d’individus que j’ai réussi à les isoler entièrement dans quelques uns.
Or , il fallait de loule nécessité isoler les ovaires par la dissection pour en reconnaître exactement la forme. 11 est trop aisé de s’en convaincre, car beaucoup d’helminthologistes les ont vus par transparence sous le microscope, et en réalité aucun ne lésa vus; on peut s’en assurer en lisant leurs descriplions.
Pour celui qui a disséqué et complètement isolé dans leur ensemble les organes génitaux femelles, il est facile de comprendre comment toute observation est demeurée inexacte au moyen des recherches faites seulement sous le microscope. Les deux ovaires, par leur sommet, chevauchent un peu Fun sur l’autre, el , comme ils sont très serrés Fun contre l’autre, il est impossible d’apercevoir la séparation qui existe entre eux, à leur jonction avec l’oviducte. Dans ma figure , je les ai représentés un peu écartés, comme ils se montraient quand l'enveloppe du corps ne les retenait plus.
OBSERVATIONS
On trouva chez le Cheval une espèce d’Oxyure plus grande que VOxyuris vermicularis : c’est VOxyuris Equi (1). Son canal
(1) Trichocephalus Equi , Gœze, Na lu r g. der Eingeiveidew, p. 1 1 7. pl. 6, fig. 8. — Oxguris curvulu, llud., Ent. Ihsl. t t. II, p. i, p. 100. pl. fig. 3-6, et Sgnop p. 18 et 229. — B rem se r, ïcon. Ilelm pl. 2, fig. 1-3 — Creplin, Mlgem Enajcl , 1 XXXII. p. 279. — Dujardin. Ilisl. des Helminthes, p 1i2.
É. IIAK1» * — Sl/R l’ORGAMSATIO.N DEb Mi RS. 171
intestinal a déjà été décrit, et j’ai eu l’occasion de l’observer de nouveau. 11 ressemble à celui de l’Oxyure de l’Homme ; seulement l’œsophage se rétrécit d’abord d’avant en arrière , puis s’élargit ensuite davantage, de telle sorte qu’il y a un étranglement faible entre l’œsophage et l’estomac. Je me suis procuré une fois une certaine quantité d’individus de cette espèce ; je désirais en étudier les organes de reproduction, mais de nouvelles recherches faites dans l’intestin d’un assez grand nombre de chevaux n'ont produit aucun résultat.
Al. Mayer (I) a fait connaître le canal digestif dans deux autres espèces d’Oxyures. On y retrouve les caractères que nous avons signalés dans l’Oxyure de T Homme , c’est-à-dire un œsophage épais, suivi d’un estomac ou ventricule parfaitement distinct, et l’orifice anal situé assez loin de l’extrémité postérieure. L’une est VOxyuris ambigua (2) qu’on trouve dans le gros intestin du Lièvre et du Lapin , et dont AL Dujardin a formé un genrè particulier sous le nom de Passalurus , non seulement en leloignant beaucoup du genre Oxyure, mais même en le plaçant dans un autre groupe, son groupe ou sa section des Énopliens. qui paraît composer d’éléments fort hétérogènes. AL Du jardin ne paraît pas avoir connu le travail de AL Alayer ; mais si le caractère sur lequel s’est appuyé AL Dujardin , la présence de petites pièces cornées autour de la bouche, avait assez d’importance pour être le caractère d’un genre, ou si ce caractère coïncidait avec d’autres particularités dans les organes génitaux, qui puissent permettre d’adopter définitivement le genre Passalure; celte division ne pourrait néanmoins être placée que dans le groupe des Oxyuriens. Les rapports naturels entre VOxyuris ambigua et les autres Oxyures ne sont pas douteux , bien que nous ne connaissions véritablement pas les organes génitaux de cette espèce ; je n’ai malheureusement pas eu l’occasion de l’étudier.
(1) fieilrœge zur Anatomie (kr Kntozovn, p. 1 i, pi. 3, fi-. 4 4, 1 5 et 4 H
(2) Hurfolphi, Kutuz. Synopsis, p. I 0 et 220. — Rremser, Irnn Üeimintb pl 2 fi- G-7. — l'ttwitnnfs dmbitjttn*. iMijüpt Hts(. ffrlminlh p. 232
VOYAGE G.\ SICILE
L’autre e&pèee étudiée par M. Mayer est VOxyuris acuminata(\) de l’intestin des Grenouilles, que M. Dujardin place dans son genre Hétérakis. La forme du canal intestinal, et même tous les autres caractères de l’animal ne peuvent laisser le moindre doute sur les affinités de cette espèce ; c’est avec toute raison que M. Mayer l’a rattachée au genre Oxyure. Mais , quant à Y Ascaris nigrovenosa qu’on rencontre dans les poumons des Grenouilles, il n’en est pas de même; M. Mayer croit que cet Helminthe ne se distingue pas de VOxyuris ambigua . Ceci est une erreur ; V Ascaris nigrovenosa appartient bien réellement au groupe des Ascarides. Chez ce Nématoïde, l’intestin succède directement à l’œsophage ; il n’y a pas de ventricule ou estomac.
Ainsi tous les Oxyuriens sont nettement caractérisés par la forme de leur appareil digestif , et, d’après nos observations sur leurs organes génitaux , ils ne seraient pas moins caractérisés sous ce rapport.
Les exemples que nous venons de citer montrent à combien d'erreurs on peut être conduit quand on s’en tient seulement à la considération de quelques caractères extérieurs. Les espèces les plus voisines peuvent être placées h la fois dans des genres et des groupes différents et associées à des espèces très dissemblables.
Actuellement nous ne pouvons rattacher qu’un seul genre à la Iribu des Oxyuriens; mais quand toutes les espèces auront été complètement étudiées , on devra probablement en adopter plusieurs.
Tkibc des SCLÉR0ST0M1ENS (SCLEHOSTOMll ).
Caractères . Corps généralement assez court ; bouche grande, arrondie , suivie d’une armure pharyngienne consistant en une capsule globuleuse cornée , le plus ordinairement d’une seule pièce, mais quelquefois bivalve.
Les Sclérostomiens forment une des divisions les plus naturelles
(I) Ascaris acuminata , Schrank , I erzeichuis, p. 12. — Rud., Eni. Hist t II, p. i, p. 136, el Enloz . Synops p. 40. — Heterakis acuminata, Dujard., Hist des Helminthes, p. 227.
É. BLANC HARD. — SUR l/ORU VMS \TION DES \ ERS. î 73
de l’ordre des Nématoïdes. À la présence seule du bulbe pharyngien on les reconnaît sans peine. J’ai étudié plusieurs espèces appartenant aux genres Sclerostoma , Cucullanus (C. elegans), Angiostoma et Cyatfiodera. Toules se ressemblent extrêmement par la forme de l’appareil digestif.
Genre Scï.kp.ostome ( Sclerostoma , Rud.).
Caractères . Corps médiocrement allongé, assez épais, un peu atténué aux deux extrémités, au moins dans les femelles; car chez les mâles l’extrémité caudale est obtuse et terminée par une large bourse membraneuse soutenue par des côtes. Tête épaisse, tronquée. Capsule pharyngienne cupuliforme extrêmement évasée , quelquefois garnie de dentelures. Œsophage renflé postérieurement. Intestin assez large. Anus situe un peu en avant de la pointe caudale. Orifice des organes génitaux femelles situé vers les deux tiers de la longueur du corps.
Les Selérostomes sont peu nombreux en espèces ; on les rencontre chez quelques mammifères, les chevaux, les ruminants. On en a trouvé aussi dans quelques reptiles exotiques. Mais nous devons nous hâter d’ajouter que nous ignorons jusqu’à quel point les Selérostomes des reptiles ressemblent à ceux des mammifères sous le rapport de leur organisation.
Sclf.rostome du Cheval ( Sclerostoma equinum ) (1).
Strongylus equinus, Muller ; Zool.dan ., I. II, p. 2, pt. 42, fig. 1 -1 2 ( 1789 ). Strongylus armalus , Rud.: Enloz. Ilist t. II, p. 204 (1809); et Entoz.
Synops p. 30 el 259 (1819).
Bremser, Icônes Jlelminth ., pl. 3, fig. 10-15 (1824).
Sclerostoma equinum , de Blainv.; Dict. sc. mil., t. LVII , p. 545 , pl. 29 f fig. 15 (1828).
Strongylus armalus, Weslrumb. , his. (1822), p. 086. Taf. VI.
Gurll, Palh. anal, der Haussait g , pl. 6, fig. 33-43 (183 1).
Schmalz , XIX, Tab. mutl. Entoz., pl. 18, fig. 10-15 (1839).
(I) Règne animal , nouv. êdil., Zoopbvle» , pl. 27, fig. 1, el Voyage en Sicile , pl. 21 . fig. I
YOY\C.K EN SK. II. h.
Htiyor, Archives de médciiu' camparée, p. I, pt. 1-2 (1843).
Sclerostoma equimnn, Dujardin; Hist. des Ilelm., p. 258 (1845).
Description . —Cette espèce est d’un gris ou d’un brun nuancé de rougeâtre. Le mâle est long de 25à30 millimètres; la femelle de 40 â 55. La tête est globuleuse et plus large que le reste du corps. La femelle se termine en pointe; le mâle par une expansion foliacée, arrondie, dont les bords sont rabattus.
On trouve cette espèce assez communément dans l’intestin ou le cæcum du Cheval ; c’est même le Ver intestinal le plus ordinaire chez le Cheval.
De r organisation . — Système nerveux. — Dans le Sclérostomc du Cheval , le système nerveux oiïre une disposition entièrement semblable à celle que nous avons déjà fait connaître dans d’autres Nématoïdes ; mais il y a peu de représentants de cet ordre où l’on parvienne à mettre les ganglions en évidence avec autant de facilité. L’armure buccale ayant une grande résistance, on peut fixer d’autant mieux ses préparations, et les centres nerveux du Sclérostome , bien que fort petits , sont cependant plus volumineux comparativement à la dimension de l’animal que dans beaucoup d’autres Nématoïdes , les Ascarides par exemple. Comme déjà j’âi eu l’occasion de le dire dans les généralités relatives aux Helminthes, les deux petits noyaux médullaires sont réunis, et forment ainsi une seule masse (1). Les nerfs latéraux sont très peu tlexueux sur leur trajet.
Appareil digestif. — Le tube intestinal est peu sinueux, n’ayant à peine plus de longueur que le corps. La bouche est circulaire et très ouverte. Le bulbe pharyngien est épais, cupuliforme , présentant quelquefois une ou deux annulations antérieures (2). Il paraît y avoir à cet égard quelques différences résultant de l’âge. L’œsophage , emboîté dans le bulbe pharyngien, est court, renflé d’avant en arrière , puis arrondi, et un
(1) Règne animal , nouv. édit., Zoophvtes, pi. 27, fig. 2 A , b; et Voyage en Sicile , pt. 21 , fig. 2*, b.
(2) Fig. 2'* et 2* b.
E. Ul,A\( lliRD, — SI R I.’ORGAMSVriON DKS \ MiS. 1 1 5
peu rétréci à sa jonction avec l’intestin (1). Celui-ci, légèrement ilexueux , et un peu inamtnelonné d’espace en espace, est plus large que l’œsophage h son origine ; mais il se rétrécit graduellement, et il s’amincit beaucoup vers son extrémité (2). L’orifice anal est terminal ou presque terminal. Les parois de l’intestin sont peu résistantes, ce qui explique comment ce tube ne conserve pas une forme parfaitement cylindrique , comme dans les espèces où les parois sont plus épaisses.
Très souvent chez le Sclérostome du Cheval , on observe deux longues glandes qui s’ouvrent au fond de la bouche (S) Dans leur état de turgescence, ces glandes ont une longueur double au moins de celle de l’œsophage ; elles sont légèrement mamelonnées d’espace en espace, et se trouvent remplies d’une substance semi-fluide blanchâtre. Nous ne savons pas quel est l’usage de cette sécrétion ; car , dans les autres Nématoïdes , nous n’avons pas rencontré de glandes analogues, et chez les Sclérostomes eux-mêmes elles sont quelquefois très réduites ou même atrophiées.
Appareil vasculaire . — Cet appareil offre ici une disposition entièrement analogue h celle qu’il offre dans les Ascaridiens. Les vaisseaux sont également contenus dans des tubes , qui , ici , ont une largeur très considérable par rapport à la dimension de ranimai (/i). Leurs parois sont formées d’un tissu très mince et fort peu résistant.
Organes de la génération . — Ces organes diffèrent beaucoup dans les Sclérostomes de ceux des Ascaridiens. Les organes mâles ont une complication plus grande ; nous trouvons deux testicules de forme obiongue unis l’un à l’autre bout à bout, et le premier précédé d’un tube grêle replié et contourne sur lui-même (5). Les deux testicules ne sont séparés l’un del’autreque. par un léger étranglement, et c’est cet étranglement seul qui nous fait distin-
(1 ) Fig. 2" 6, et 2 a e.
(2) Fig. 2- e, et 2 6 d.
(3) Fig. 2, d .
(;) Fig. 2* e .
(5) Fig 2* i et k.
VOYAGE EN SICILE
guer deux testicules plutôt qu’un seul; leurs parois sont résistantes , et leur épaisseur est considérable. Le second testicule est suivi d’un conduit grêle et presque droit, aboutissant à une double vésicule séminale. Cette vésicule (1) est double encore, parce qu’un étranglement la sépare en deux parties, l’une plus courte, l’autre plus longue. La vésicule séminale est large, aplatie, mamelonnée et carénée dans son milieu ; elle est suivie d’un large canal déférent (2) , légèrement sinueux , qui se termine par le spieulc ou pénis (3) ; celui-ei eonsisie en une tige mince , cornée, cylindrique, peu courbée , et terminée en pointe obtuse. Le conduit déférent est soutenu à son extrémité par deux attaches musculaires qui le maintiennent aux téguments (4). Les Zoospermes sont souvent très nombreux dans les capsules spermatiques; ils ont la forme des petits points arrondis terminés par une petite queue.
Lesorganes génitaux femelles se composent de deux ovaires(5); ceux-ei sont deux tubes capillaires , d’une extrême ténuité et d’une grande longueur, pelotonnés sur eux-mêmes, principalement dans la portion moyenne du corps. Ils sont suivis chacun séparément d’un large utérus aminci aux deux extrémités, et ayant une longueur à peu près égale au quart de la dimension totale du corps. Les deux utérus (G) sont suivis d’un oviducte qui se recourbe pour se rejoindre , et former un court canal vulvaire s’ouvrant au delà de la partie moyenne du corps. Les deux oviduetes sont assez grêles, et sur leur trajet ils présentent l’un et l’autre un petit élargissement en forme de capsule. Le canal vulvaire commun est très peu plus large.
Genre Crcnu.AN ( Cuculianns Muller).
Caractères . — Corps médiocrement allongé, avec l’extrémité postérieure notablement atténuée , droite chez les femelles, en-
(0 Fig. 2* h.
(2) Fig. 2* f.
(3) Fig. 2,
(i) Fig. 2,9.
(5) Fig. 2‘.
(6) Fig. 2- f.