‹ Sur mer et sur terre [microforme]Chapitre 16 sur 26 · SUR MER ET SUR TERRY · texte numérisé non relu

SUR MER ET SUR TERRY

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pas les cambuses quand il vente fort, et puis j'étais occupé ailleurs. La mer était maligne. Un des porcs que nous avions à l’engrais a été emporté par-dessus bord. Je pense bien qu'il s’est noyé, car il avait quatre cents milles à faire pour gagner la première terre, Je t’assure que ‘ça ne sentait pas le renfermé”’ sur le pont. Nous avons passé sous le soleil. Il faisait ien chaud, et encore nous avons eu la chance que le temps fût couvert et le vent fort. Nous repasserons encore sous le soleil de l’autre côté de l’Amérique ; je voudrais bien avoir la même chance. Inutile de dire qu’il y fait bien chaud. À certains moments, il nous est presque impos- #ible de marcher nu-pieds sur le pont. Pourtant il y-a bien longtemps que je ne me suis pas Chaussé, excepté la nuit pour ne pas me briser les pieds dans les cordages.

11 nous faudra encore arrêter à une ville pour acheter des provisions fraîches. Ne sois pas inquiète si je tarde à t’écrire ; le capitaine dit que nous serons rendus dans le mois de juin, et je t'écrirai en arrivant. Je te trouve heureuse d’avoir de mes nouvelles, Je n’ai pas ce bonheur là.

Avant de terminer cette lettre, laisse-moi te raconter un rêve que j'ai fait tout éveillé.

Quand je suis de quart, la nuit quelque part en haut ; quand je peux me parler à moi-même

ÉPISODES DE LA vis CANADIENNE 118

à la cachette des autres, c'est vous tous qui m'entoures, et l’on dirait que je suis tran

tard; Noël est passé depuis deux mois. Q'estce qui se passe de ce temps-ci à l’église de chesnous ? Ah!la Neuvaine à Saint-François- Xavier, qui a Parcouru les r:2rs, lui aussi, mais

je ne crains pas de périr.

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