‹ Sur mer et sur terre [microforme]Chapitre 7 sur 26 · SUR MER DT SUR TERRE · texte numérisé non relu

SUR MER DT SUR TERRE

reux, re ont S® Carapace de vergias ot de neige, qui l'avait enserrée tout l'hiver

la pe, Prétait à sa toilette du nr temps sous les mains de É Montée au Plain avec la dernière Mare je jaitomne précédent, elle dommas<* sa mâture altière l'humble demeure ? érard. Son rouf atteignait Je niveau du toit de la mai te, et son pré dépassait la ligne de l’emplacement du côté du chemin. :

Union dont le

Propriétaire était mort en janvier à Rimouski, mi

eux

; Marché fut tôt conclu

et la Veloz resta la propriété de Pierre,

qui s’adjoignit second capitaine son jeune frère Théodore.

Et l’on allait gréer la

saison nouvelle, Déjà ses

» Comme deux imm estafilades, l’azur des eaux et du firmament.

Théodore, juché là-haut sur la i d

traversière du grand mât, s'emploie à une

multiple besogne : fixer en place les amures du grand hunier, chantonner de sa belle voix de baryton des refrains accoutumés, et répondre aux interpeliations naïves de sa nièce Marichette, bambine de quatre ans. Coiffée de son cha:

peron, assise sur le pas de la porte et tremblant d’apercevoir :si loin en l'air cette large poitrine et ces bras préférés sur lesquels tant de fois elle s’est endormie, à ls brunante, la chère petite lui crie de sa voix angélique ! ”

—Noncle Thador, c’est trop haut, tu vas tomber !

L'oncle Théodore n’a pas d’autres amours que la mer et sa nièce, la grande et la petite câline, l’une et l'autre aux yeux bleus.

Dans la dernière quinsaine d'avril, la glace qui depuis cinq mois reliait les Îles au rivage, minée et désagrégée à la fois par les marées quotidiennes et les brises

attiédies du printemps, se laissa morceler, .

détacher des grèves et pousser par l'effort

en à —

du jusant en-dehors des îles, en plein grand chenal.

La navigation s'ouvrait, et la jolie station balnéaire de Kamouraska allait reprendre les attraits qui en font la renommée, comme de nos jours l’agré-

ment du touriste.

Si le bi pont roule majestueusement ses eaux dans les quinze milles de

jusqu'aux crans de la rive. Et quand pr placide Dappe d’eau s’est doucement étalée et a pris place dans

colline de Pincourt et par-dessus la batture de l’Ile-aux-Patins, si la température permet aux feux du couchant de s’y irradier, vous avez sous les yeux l’un des plus beaux spectacles que puisse offrir la nature canadienne. A la fin de l’été surtout, au jour tombant, le soleil laisse longtemps traîner sa grande robe de pourpre sur l’émeraude des eaux, avant de disparaître dans une alcôve de auages frangés d’or et d’o , Ou derrière la ligne nettement et capricieusement dessinée des Laurentides. Tandis que sur les hauteurs, au sud du village, s’enflamme et scintille le verre des croisées, sur le miroir du bassin s’allonge et: se profile l'ombre des cinq îles, ressemblant à d'énormes cétacés endormis à fleur d’eau.

Ah ! ce flot charmeur de Kamouraska, caressant et perfide, il vient trop près des maisons, presque au ras des foyers, dont il détache et entraîne trop souvent au loin l’espoir des familles. :

ne ne C’est grâce à lui si :

“Tant de gars insoucieux, Se sont perdus Dour les beaux Yeux De la grande câline |’ Sur le soir, maintenant, les feux de marine g’allument et cli t toute la

de corbeilles flotta

Mais vienne la bourrasque de l’ouest ou du nord, les schistes dénudes de l’Ileaux-Corneilles, de l'Ile Brûlée et de la Grosse-Ile sont autant de brise-lames que

la vague assaille et arrose copieusement de ses embruns. Cependant, lorsqu'une première fois vaincue et brisée, en-dedans du bassin cette vague rencontre la brise qui souffle de la plaine, ou lorsque diréctement pourchassée par le grand vent du nord-est, elle accourt des battures de Saint-André, il lui reste assez d’espace à parcourir, avant d’atterrir au rivage, pour reprendre de l'essor, se soulever altière et livrer encore de terribles assauts à la limite que Dieu ou les hommes lui interdisent de franchir.

La Veloz, descendue de ses quartiers d’hiver, attendait au quai l'heure de

partir.

Mais la série des mécomptes n’est pas encore close pour Pierre. Apte à tous les métiers, surtout celui de charpentier de navire, maniant au beso’n d’une main également habile, hache, herminette ou rabot, il a été requis d'urgence par ses frères aînés pour le radoubage et la mise à flot de leur goélette nouvelle l’Union,

chira de nouveau cette route, qu’il connaît bien, du Détroit de Bélisle jusqu’à la Baie Notre-Dame de Terre-Neuve, à la grâce de Dieu, à la grâce aussi de son dévouement fraternel.

Le 7 mai, la Veloz, toutes voiles déployées par un vent frais du nord-ouest, s'éloigne du rivage de Kamouraska. On dirait, à sa façon de gagner au large, de tendre son aile à la brise, de caresser la vague de son étrave, qu’elle se détache comme à regret de ces bords ; non pas qu'elle fut exposée à être ‘’maltraitée’”’ aux mains nouvelles de son commandement, comme le craignaïit pour sa goélette le vieux marin de Saint-Michel, mais parce que de tous les êtres inertes, le navire est celui peut-être qui semble le mieux accuser l'illusion de la vie, s’animer pour s'associer à la tristesse des êtres.

Et le capitaine Théodore s’en va, sans plus entendre la voix de Marichette qui lui crie de loin une dernière fois :—‘“Prends garde, noncle Thador, tu vas tomber ! ”’

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À quelques semaines de là, le père Chérard, certaine nuit, n'avait pu s’en-

ser au ciel pour ses fils en voyage et en il. Mais il s’éveilla bientôt en entendant, croyait-il, la voix tant connue et t aimée de son fils Théodore qui pas-

nuit, le temps qu'il fait. Un grand vent du nord-est Passe en hurl nt sur les grèves et sur les collines, tandis qu'au firmament. d’épais Nuages grisâtres galopent Comme un troupeau de Moutons qui, dans une Course folle, remontent de l’abreuv- NE issant entre eux, d'ici et là, des échappées de ciel où l’on voit, par la position u chariot, que la nuit est avancée. Mais

mes

il n’entend pas d’autre chant que la complainte, triste et monotone, de la houle qui se berce à loisir, là-bas sur les rochers, derrière l’aboiteau.

Dans la vieille maison silencieuse il vient reprendre sa place accoutumée, devant le grand poèle éteint, dont la petite porte, comme un œil mort, ne répond plus aux effluves alanguies de son regard qui semble lui demander pourtant ua peu de lumière, de chaleur et de vie.

C'est durant les insomnies du vieil âge que les souvenirs se font surtout parasites, comme ces rayons sans chaleur qui s’attardent et dorent l'horizon après la tombée d’un beau jour d'été !

Un mois plus tard, une désolante rumeur circulait de porte en porte au village. M. Mullen revenu de la ville rapportait avoir entendu, sur les quais, le récit d’un naufrage, en-bas, quelque part, où plusieurs goélettes avaient été roulées à la côte et ensablées, sous une terrible bourrasque qui les avait surprises

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