‹ Sur mer et sur terre [microforme]Chapitre 6 sur 26 · SR · texte numérisé non relu

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temps de changer d'idée. On te retrouve jours avec celle de la veille ! Moi, à quatre heures du matin, je suis dans mes ; Ça chasse les Mauvais rêves rs puis ça paye mieux. Comme demain matin Laurent Michaud viendra, au petit jour, prendre le javellier nouveau que je ui ai v du, vous allez m'’ex i <

part de son beau-frère, l'Allemand. Im.

pert e, il continua, avec un sourire isé, et toute l’assurance d’un esprit supérieur :

près tout, il n’est Pas méchant, ce type-là. Il est vrai que je ne lui avais pas demandé de se coiff

ite du bonnet, mais s’il a tant besoin de dormir.

, eSsUus vos

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teurs sociales, d’où ils n’auront plus pour s'amuser, au lieu de vous en remercier, qu’à entraver vos aspirations et à peser sur vous de tout leur poids et de toute leur importance, s’alliant contre vousmêmes avec ceux qu'ils fuient, qu'ils maudissent aujourd’hui là-bas. Si, nous a-t-on dit, les Israélites en captivité refusaient de chanter les cantiques de Sion et accrochaient plutôt leurs harpes aux arbres de la rive, il n’en sera pas ainsi de ces exilés-là. Leur cantique de Sion, ils nous en empliront les oreilles ; leurs harpes, gardez-vous qu'ils ne vous en assomment. Ils s’affubleront de notre langage, de nos mœurs, de notre vie nationale ; ils conserveront à peine leurs noms, mais il leur restera toujours de leur origine exotique je ne sais quoi d’antifrançais, qui les empêchera d’être jamais franchement des nôtres. William Croft, cet original qui ne peut prononcer deux mots d'anglais, n'est-il pas déjà trop fier de dire qu’il n’est pas un ..... canayen comme Thomas Béchard ?

ou nos petits-enfants, quelque confit de race sur nos bords, le vieux sang ger.

main ou celtique fermentera dans leurs

tif ont nos bonnes encomde familles envoient chercher les orphelins à Ile, comme s'ils

&agnent les rues de la ville, pourquoi fautil en trouver qui tournent à le ons engeance ?

—Ce Ludwig Müullen, dont les trénoussements mercantiles Vous émerveili vais cœur, non trèsdéjà Prouvé ; il Je

es

—Mais son grand-père bavarois, passé en Amérique en 1776, était un de ceux que le duc de Brunswick-Luneberg envoyait combattre les Américains révoltés.

Il s’échappa du régiment de dragons à pied du lieutenant-colonel Baum, pour venir exercer, à pied toujours, dans nos Campagnes, la lucrative industrie du porte-balle et du marchand ambulant.

Or, s’il a laissé à ses enfants ce courage et cette énergie, il a tout de même transmis à son petit fils Ludwig une tête carrée et un nom gothique qui en feront toujours autre chose qu’un Chérard, imprévoyant peut-être, mais désintéressé. il Vous aura appris la dure leçon de cette prévoyance, qui est une vertu, il sera trop tard pour vous et vos familles.

—Non, ils ne seront jamais des nôtres, ni lui ni les siens !

—Dans un ordre d’idées plus élevées, nous ne serons plus là, vous et moi, pour le constater, mais que la France et l’Allemagne un jour ou l’autre s’attaquent ou

SUR MER pr SUR TERRE EE

se choquent sur les champs de batailles :

nos Mullen se &audiront d’être plutôt

Mullen que Chérard, de venir de la Bavi

vière et non Comme vous de la Touraine ©.

Dans la chambre Mortuaire, un bruit

de pas discrets, des Soupirs profonds se font entendre. On y entre :

jointes à la tête du cadavre, pansée d’un

me (a) Vérifié en 1870 et 1914.

Les funérailles au village

La maison paternelle des Chérard était située à une couple d’arpents à l’est de l’église paroissiale de Saint-Louis.

Vaste rectangle de lourdes pièces de bois superposées de champ, surmonté d’un toit de quarante-cinq degrés, elle occupait l'angle formé par le grand chemin public du bord de l’eau et la route qui conduit aux concessions de Saint-Pascal.

C’est par cette route que le chemin de fer, après avoir tari le trafic maritime qui faisait jadis la richesse de Kamouraska, lui amène de nos jours les fervents de la villégiature qui en font à la fois la vogue et le dédommagement.

Du vendredi, jour du décès, jusqu’à l'heure des funérailles, le lundi, la vieille maison carrée, tapie sous l'énorme saule

Qui recouvre, d'un côté, la moitié de son 1 et de l’autre, Presque toute la ]

qui pleurent, Pour leur apprendre qu’on l’ignore 1

pas ; ni leur acheter de riches sympathies en Beurs

que cela les e de supputer la cn .

—————_____—————————— annales

En revanche, il faut le dire aussi, quand la dernière pelletée de terre avait été rejetée sur la fosse, les parents en deuil ne songeaient pas à courir tout de suite aux journaux pour faire ébruiter l’expression d’une reconnaissance temporairement navrée.

N'est-il pas déplorable autant qu’indécent de voir si souvent aujourd’hui le deuil, ce sentiment que l’on devrait entretenir dans la réserve, l’intimité, l’hur-ilité du cœur brisé, chercher plutôt, ar snobisme, à s’extérioriser, s’étaler, : fficher, tourner à la réclame? C’est encore un effet de ce journalisme outré, mal entendu, genre nouveau, qui nous induit de plus en plus à vivre en public et pour le public. On a commencé par prévenir les parents, les amis, qu'ils ne devaient pas compter sur aucune invitation spéciale, pour en venir à les remercier de leurs sympathies, dans des espèces de

circulaires, d'annonces ou de nouvelles

locales pour tout le monde, à trente, cinquante mille exemplaires et plus.

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traditionnel à mettre au chapeau. Il y avait là, en effet, une voisine entendue et autorisée, qui, ne pouvant parler, parce qu’elle gardait des épingles noires plein là bouche, vous faisait entendre par signes, à votre entrée, qu'il fallait lui remettre votre coiffure, si vous étiez assez haut coté dans la parenté ou l'estime de la famille pour porter un crêpe au cortège.

Plus loin, ou dans une autre pièce, mais au grand jour d’une fenêtre, se trouvaient trois ou quatre autres voisines ou parentes, préposées à la confection des écharpes de porteurs, avec les crépines taillées à l’emporte-pièce, ainsi qu’à leur ajustement aux différentes tailles. Leurs figures pâles témoignent de la fatigue qu’elles se sont imposée durant cette fin de semaine. Travaillant l’avant-midi aux besoins de leurs foyers, l'après-midi, à la funèbre corvée ; veillant et priant le soir avec la mère, les sœurs, les brus, qu’il ne convient pas de laisser seules, ont-elle seulement songé qu’on pourrait

Mais l’avant dernier tintement à l’église Nous avertit qu’il faudra tantôt partir.

Les quatre porteurs achèvent de

si uen LE EE Éd péter

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» avec l’aide de quelqu'un de bonne volonté se chargera de la triste opération d'y introduire le défunt, dans un silence macabre Puis,

le couvercle mis en place, le tourne-vis,

sous les doigts exercés, a fait son œuvre aux quatre coins de la tombe ne formant plus maintenant qu’un colis à porter et voiturer. C’est l’heure de partir !

La porte s'ouvre sur le dehors ; elle s’ouvre aussi dans la chambre où la vieille mère se tenait blottie, mais qui veut absolument ‘“‘les voir partir”.

Derrière le corbillard, on se range deux à deux et l’on marche à petits pas, père et frères en tête.

A l'entrée du cortège dans l’église, M.

le curé, ses clercs et le vieux maîtrechantre sont déjà là prêts à le recevoir, en suppliant les anges d’accourir audevant de cet humble, qui fut un juste dans la régénération sacramentelle, et de s'emparer de son âme pour l’emporter en présence du Très-Haut. Depuis quarante ans qu’il chante, corabien de fois le vieux maître n’a-t-il pas, de sa voix chevrotante, demandé à Dieu le repos éternel ré quelqu'un de ce village de Kamou-

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—Allez-donc à l’église, mes filles, c’est bien encore ce qu’il y a de mieux à faire.

Et elles sont parties.

Tantôt vous les verrez à la Sainte- Table ; car pour les morts qu’on aime

, les derniers Chants liturgiques S'éteignent. Tous les assistants s’agitent

éternelle; tous ceux qui ont laissé quelques données dans l’histoire de la paroisse, et dont l'exemple est à suivre ou à éviter par la nouvel génération. s

La fosse creusée de la veille s’ouvre au milieu de grandes herbes. Mais les terres rejetées sur les abords en indiquent pour l'instant bien clairement l’endroit. L’offciant revêtu de la chape la bénit : le cercueil glisse sur deux cordes et y disparaît ; chacun d’y rejeter une poignée de terre, et c’est fini !

“Que les anges l'emmènent en Paradis :

Puisses-tu jouir d'un repos éternel avec Lazare qui lui aussi fut un jour l’un des humbles et des pauvres ! ”

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