Lettres à une hiconnue, p
SUR MÉRLMKE. ',1
aux félicités bourgeoises, et peut-être aussi la douleur persistante d'une blessure ancienne et jamais guérie, comme si toutes ces amitiés brillantes et celle même de Jenny Dacquin n'avaient été pour lui que la monnaie d'un amour déçu. (Je n'ai pas parlé de la liaison et de la rupture avec Mme D..., parce qu'il n'en a rien été dit de nouveau, et de cela je crois qu'il ne sera jamais rien dit, et il n'importe.)
Les conquêtes de son âge mùr ne devaient pas le consoler. C'étaient des victoires sans grand prix, qu'on devine dans la correspondance avec Panizzi, « misérables bonnes fortunes d'un homme à cheveux gris », s'écrie dédaigneusement son biographe', qui paraît rigoureux sur la limite d'âge de la carrière sentimentale. « Un mystère profond, dit encore M. Filon, plane sur son suprême roman. Il ne s'agit pas de cette jolie femme (l'Autre Inconnue) qui se fit un jeu, dans son innocente cruauté, de flirter avec un agonisant, mais d'une jeune fille qu'il faillit épouser entre cinquante et soixante ans. Je l'ai entrevue au déclin de sa jeunesse, mais je ne sais ce qu'elle est devenue. Vit-elle encore? Lira-t-elle ceci? Est-elle rentrée, son rêve fini, dans ce chemin des honnêtes platitudes où nous nous traînons tous et toutes? Quelquefois je me figure, dans un château de province sur lequel pèse un lourd silence, une vieille dame aux traits flétris, mais toujours intelligents et fins, qui s'approche lentement d'un meuble ancien, ouvre un tiroir d'une main tremblante, en tire un paquet de lettres attaché avec un ruban fané.... Elle