icor^rps Vicaire, ofj. cit., col. 271 et
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lerrogea, et elle dit en sanglotant : « Mérimée vient de mourir' ! »
M. P]mile Faguet a consacré une étude étendue à Mérimcc amoureux- . Malheureusement, Téminent écrivain a cru à l'authenticité des lettres apocryphes, et il a longuement analysé les élucubrations de l'Américaine. Mais sa critique reste intéressante pour la psychologie de Mérimée, et même pour la psychologie de sa correspondante, en tant que celle-ci se laisse saisir dans les lettres de Mérimée. M. Faguet aboutit à une double conclusion. La première, c'est qu'ils n'ont pas été amants. Je crois que personne n'en a jamais douté, et que cela résulte suffisamment de la lecture des Lettres à une Inconnue, (Et, pour établir ce point, M. Faguet invoque un argument de texte, assez fragile en luimême, et emprunté aux lettres controuvées; n'en parlons pas.) La seconde conclusion, c'est qu'ils n'étaient jamais ensemble et que « leur histoire est celle d'une très longue et très belle séparation amoureuse ». Mérimée déplorait lui-même qu'ils fussent « comme Castor et Pollux, qui ne jieuvent apparaître sur le même horizon '! »
J'irai plus loin. L'idée que laisse surtout la lecture de ces lettres, c'est (\ucllc a été pour /<// plus qu'il n'a été pour elle. C'est toujours lui qui fait les avances. l^]lle paraît avoir délaissé sa vieillesse. Un an avant de mourir, il revient de Cannes à Paris, brisé par la souffrance. Sitôt arrivé, billet haletant pour la supplier de
I. Augustin Filon. Mcvhmh\ p. (30 et noie. 1'. Revue Laline. 1901. j)]). ".29-.Î67. 7). Lettres à une Inconnue, f. Il, p. SOi».
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venir le voir. Et, le surlendemain, il lui écrit : « Je suis désolé que vous n'ayez pas attendu deux minutes. Vous n'avez pas voulu qu'on me prévînt, vous vous êtes bornée à remettre mon livre, et vous appelez cela une visite à un malade'!... » Je voudrais bien qu'on nous expliquât pourquoi, après une si longue amitié, témoignée par un si long commerce épistolaire, et une amitié où il entra souvent de part et d'autre de la tendresse, pourquoi, libres tous deux, il n'a pas pu s'arranger pour vivre davantage avec elle ou auprès d'elle, et pourquoi elle l'a laissé mourir seul, — ou avec ses vieilles anglaises.
Il eut d'autres femmes pour amies, et des femmes exquises. 11 vécut entouré de femmes. Il fut en même temps ou successivement le familier ou le correspondant de Mme de Montijo, de Mme de Lagrené, de Mme de La Rochejacquelein, de Mme Przezdzieçka (l'Autre Inconnue), de Mme de Beaulaincourt, d'autres encore, sans parler de la plus gracieuse des souveraines. Il avait toujours aimé les femmes, et elles lui rendaient sa sympathie avec cet instinct qui leur fait deviner qui les aime. Il cherchait à plaire, et, malgré des traits de caractère bien ingrats, il y réussissait. Il doit être envié d'avoir connu cette chose rare et délicieuse : l'amitié féminine. Et ses biographes se demandent encore : fut-il heureux? parce que dans cette vie d'enfant gâté, on sent je ne sais quoi d'incomplet et de vide, je ne sais quelle inquiétude épargnée