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inuniquécs par M. Lcc Gliilde, son fils. (Mme Cliiklc était la sœur du général Lee, qui combattit à la tête des Confédérés dans la guerre de Sécession). Avec quatre lettres à Cousin, reproduites dans la Notice de M. Chainbon, j)Our qui on sait que les papiers de Cousin n'ont pas de secret, et une lettre au comte de Nieuwerkerke, insérée par M. Héron de Villefosse dans son discours, cela fait, en comptant bien, une moisson de soixante-neuf lettres nouvelles pour la correspondance générale, si on doit un jour nous la donner.
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Deslellrcs iuiprimées, venons aux autographes. Il en passera assez souvent en vente publique (il y en a tant!), mais jamais, je crois, un lot aussi important que celui qui, pour quelques heures, a vu récemment le jour.
Les II et 12 avril 1907, on vendait à Thotel Drouot la bibliothèque de M. Armand de Harenton, en son vivant ( i82/|-H)o(J) collaborateur à divers périodiques, VJ/lusfrûfwn, le Siècle, \Ordre, Y Assemblée nationale, auteur d'une Physiologie du sentiment, sous le pseudonyme de Georges Rœder (i853).
Le n" 3o5 du catalogue mentionnait a Cent lettres autographes inédites » de Mérimée, toutes adressées à Francisque Michel, professeur de littérature étrangère à la Faculté de Bordeaux et auteur de nombreux ouvrages d'érudition. La première lettre est datée du
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20 janvier icS^iq, la dernière du 8 janvier 1870'. Cette amitié, dont les biographes de Mérimée ne nous avaient pas entretenus, n'a donc pris fin qu'avec sa mort. Et de quoi parle-t-il dans cette longue correspondance? D'abord de philologie et d'archéologie, sujets qui lui étaient chers. Il prodigue à Michel les encouragements, les appréciations, les conseils, les indications, les critiques aussi, et très librement, pour les travaux du savant professeur : Le Livre cfor des métiers; Histoire des hôtelleries, cabarets^ hôtels garnis...', Le Pays basque', RechercJies sur le commerve, la fabrication et V usage des étoffes de soie., d or et d'argent...-, Etudes de philologie comparée sur F argot"'... Et bien d'autres sujets viennent encore sous sa plume : démarches auprès de ses collègues de l'Institut pour recommander les livres de Michel en vue des concours académiques ou pour le faire nommer membre correspondant; malicieuse peinture des usages académiques et renseignements, quelquefois fort indiscrets, sur certains académiciens ; jugements incisifs sur les hommes ou les faits du jour; confidences sur ses occupations, ses projets, les événements de sa vie, entre autres ses tribulations dans l'affaire Libri et sa nomination de sénateur; ses idées sur l'amour, les femmes, le mariage et le célibat. « Je m'en irai à Rhodes, si mes moyens me le permettent, et je me marierai à deux cuisinières
1. Neuf de ces lettres, ou des l'ragmenls de neuf de ces leltie>, écrites entre Ie20 janvier 1849 el le 12 mars 1855, ont paru sons je titre: Lrlh-cs à un Inconnu et sous la signature l'aul Honnaud, dans la Liberté des 2 i et 25 février 1874. Voir Maurice Tourneux, La Correspondanre (jénchalr de Prospor .Périmée, dans la Revue (rHistoirr lillcraire de la France. 189'J, p. 57.
2. V. Georges Vicaire. Manuel de l'Amateur de lieres... I. V, col. S08-8I2.
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turques.... w Pourtant, la vie a des aspects sérieux, môme tragiques. « Je viens d'assister à l'agonie de Cousin. Triste spectacle que celui de la vie se débattant dans un corps douze ou quinze heures après le départ de l'intelligence.... » J'ai parlé du faux sceptique et voilà le faux insensible.
Ces lettres, dont quelques-unes contiennent de curieux dessins à la plume, forment un volume tout prêt pour l'impression. Mais il s'y trouve, j'allais oublier de le dire, des passages terriblement scabreux Il faudrait les traduire en latin, comme on fait pour Aristophane. La gravelure était pour Mérimée une obligation de conscience, parce qu'il confondait le cynisme avec la franchise. « Je n'ai jamais vécu en hypocrite, écrivait-il à Michel en i8.jG, et la conséquence a été qu'encore aujourd'hui, je passe, auprès de bien des gens, pour un homme immoral. A mon âge, j'en suis assez flatté! »
L'acheteur de cette correspondance l'a pa^^ée 1950 francs, ce qui est un prix, même par ce temps de mériméisme. A-t-il l'intention de la publier? Je l'ignore, comme j'ignore son nom. Souhaitons qu'il s'entende avec la succession de Mérimée, ou qu'une jurisprudence intimidante jusqu'à nouvel ordre, mais que je persiste à ne pas considérer comme définitive, ne l'empêche pas de faire connaître au monde lettré ce précieux recueil.
Précieuse aussi une plaquette de « Pièces diverses », qu'on vendait le même jour (n° 3o8 du catalogue). Elle va nous apprendre une chose dont on ne se serait pas
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douté, c'est qu'il faut encore ajouter une ligne à la bibliographie des œuvres imprimées de Mérimée. Il est l'auteur du discours prononcé par le maréchal Vaillant, ministre de la maison de l'I^mpereur et des Beaux-Arts, à la distribution des récompenses du Salon de i863. Le •29 juin i8G3, il écrivait au maréchal, du château de Fontainebleau : « La tâche que vous m'avez donnée est fort difficile. Il me semble que votre discours aux artistes est, si une telle comparaison est licite, comme le menu du dîner que vous allez leur servir. Or je ne sais trop quelles sont vos intentions à leur égard. Mon programme, à moi, c'est d'encourager les arts et de décourager les artistes, de faire tout ce qui sera possible pour améliorer et multiplier les moyens d'éducation, mais de ne rien faire pour entretenir des pauvres.... Quoi qu'il en soit, voici quelques lignes dont je ne suis pas content, mais on ne peut rien faire ici que manger et se promener.... » Après cette lettre venait le texte du discours, tout entier de la main de Mérimée (i p. i/4 gr. in-4% plus un petit f. à part contenant un changement à la rédaction primitive, 4 lignes, également autographes). On peut lire ce discours dans le Moniteur universel du 7 juillet; on y reconnaîtra bien le style de Mérimée : « Messieurs, c'est un vieux soldat qui vous remet, cette année, les récompenses accordées par l'Empereur à tous ceux dont les travaux honorent le pays. L'armée, vous le savez, a souvent bien mérité des artistes. Vous lui devez quelques-uns de ces chefs-d'œuvre que vous admirez et que vous prenez pour modèles; et naguère encore vous l'avez vue, à Rome, suspendant les coups qui pouvaient
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porter le ravage dans ces sanctuaires des arts, objets de
juste vénération » Ce vieux soldat, nous ne nous
étonnerons pas de l'entendre saluer les tendances nouvelles de la peinture en termes d'une élégance tout académique: « Laissons la médiocrité orgueilleuse accuser le goût du siècle et déplorer ses changements et ses caprices. Les artistes. Messieurs, trouveront toujours le public empressé d'accueillir une tentative originale, parce que l'invention est une des plus précieuses qualités de l'art.... L'absence de préjugés, l'éloignemcnt pour la routine, le dégagement de toutes traditions étroites sont devenus les principes de la critique moderne. Plus heureux que la plupart de vos devanciers, vous n'avez plus à vous débattre contre ces règles absolues que de glorieuses écoles ont souvent laissées après elles. Aujourd'hui, qu'on poursuive l'étude de la nature jusque dans ses trivialités ou qu'on s'applique à rechercher un idéal poétique, tous les efforts consciencieux sont appréciés et jamais le mérite d'un ouvrage ne sera contesté pour n'avoir pas l'autorité d'exemples anciens.... » Mais l'art moderne exige, lui aussi, du travail. « A moins de s'être préparés par de fortes études, il est imprudent de tenter des routes nouvelles, et, si j'ose me servir ici d'une comparaison empruntée à mon métier, je dirai qu'il n'appartient qu'aux soldats aguerris et disciplinés de tout oser avec l'espoir fondé de réussir.... .) Le discours se terminait par l'éloge d'Horace Vernet, récemment décédé, « l'un des plus illustres maréchaux de l'armée des arts ».
Outre ces documents, le dossier en question conte- ^
liait le manuscrit d'une facétie dont l'impression n'ajouterait rien à la renommée de l'écrivain, mais qui est amusante comme pièce de collection. C'est le canevas (2 pp. 1/2 gr. in-V) d'un dialogue entre lui et le possesseur d'une médaille de .Iules César, ayant au revers la tête de Cléopàtrc. Cet archéologue prudent, voulant montrer sa médaille à l'Empereur et craignant qu'on ne la lui vole, en arrivant à Compiègne l'a avalée. Mais l'Empereur ne perdra rien pour attendre.
Le « Théâtre » de Mérimée.
Pour la question des vaudevilles, je comptais sur l'érudition rouennaise, stimulée par V Intermédiaire des Chercheurs et Curieux. Elle a trouvé quelque chose, qui malheureusement ne résout pas encore le problème. Enfin voici. D'après le Journal de Rouen de i856, un vaudeville intitulé : A quelque chose malheur est bon, dont il ne nomme pas l'auteur, a été joué à Rouen, au Théâtre des Folies-Dramatiques, en juin-novembre de cette année i856, quatorze fois en tout. Le journal ne mentionne pas l'autre vaudeville : Pour éviter- Clichij'. Chercheurs, cherchez encore.
Passons aux pièces dont les auteurs sont plus ou moins tributaires du grand romancier.
I^n i83(), on joua un opéra intitulé La rendetla, mu-
\. Pionsoipnemont coiTinmni(|iip par M. Kdouanl Chardon.
Go SUR MÉRIMP^E.
sique d'Henri de Ruolz, paroles de Léon |Pillel] et Adolphe [Vannois]. C'était l'histoire de Mateo Falcone, arrangée ou plutôt travestie, avec une intrigue amoureuse et un dénouement heureux, « florianesque, disait Théophile Gautier, et aussi peu corse que possihle' ».
Le livret de Dimilri, opéra de Victorin Jonciéres (1876), aurait été inspiré à ses auteurs, Henri de Bornier et Armand Silvestre, par Les Faux Deniétrius^ .
En i()02, l'Opéra-Comique donna une Chambre bleue en un acte, musique de Jules Bouval, paroles de Mérimée, Edouard Noël et Antony Mars (c'est ainsi que s'exprimait l'affiche). L'insuccès fut complet. Quand le régisseur vint annoncer que la pièce était tirée d'une nouvelle de Mérimée : « Il fallait l'y laisser », s'écria un spectateur aux rires de l'assistance.
On a joué en novembre 1906, au théâtre des Funambules (ex-théàtre de la Bodinière), une pièce intitulée Lokis, « drame en deux actes, d'après la nouvelle de Prosper Mérimée », par M. Charles Esquier. C'était un Lokf's franchement humanise^ où l'on parlait de l'inlluence d'une peur ou d'un regard sur une femme enceinte pour expliquer la folie de la mère, et de l'hérédité morale pour expliquer la férocité du fils; bref, un Lokis où l'on avait supprimé toute trace de l'équivoque en vérité fort répugnante que Mérimée avait machinée avec amour.
Tout récemment (en juin 1907), une troupe anglaise,
I. Maurice Toiiriioux, préface do Malen Falcnnc, (■d. Caricrol, llKHi
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'2. Augustin Filuii, Mâitnée. p. 147.
SUR MERIMEE. fii
SOUS la conduite d'une artiste très réputée de l'autre côté du détroit, Miss Olga Nethersole, est venue jouer à Paris des adaptations d'œuvres françaises. Son programme comportait une Carmen en quatre actes et cinq tableaux, arrangée par M. Henri Hamilton. 11 était curieux de voir sur la scène une Carmen sans musique. On faillit ne pas la voir, opposition ayant été faite à la représentation par tous les ayants-droit de la Carmen de rOpéra-Comiquc, auteurs, héritiers, éditeurs. L'artiste anglaise était très étonnée. Je suis prête, disaitelle, à payer les droits d'auteur; que me veut-on de plus' ? Les choses s'arrangèrent à l'amiable et la pièce fut jouée sous ce titre : The Spanish Gipsy. Si l'affaire avait été portée devant le tribunal, qu'aurait-il décidé? La succession Mérimée, agissant seule ou joignant son action à celle des autres, aurait obtenu gain de cause, ce n'est pas douteux. Mais si les autres aAaient agi seuls? Aurait-on pu leur opposer la maxime : pas d'intérêt, pas d'action? Dans le monde des auteurs, on estime que celui qui a reçu d'un romancier l'autorisation de faire une pièce avec un roman a obtenu en même temps (sauf stipulation contraire) le monopole de cette autorisation. Autrement des inconvénients seraient à craindre. La seconde pièce, en échouant, discréditerait la première, et, en triomphant, la supplanterait. Je ne connais pas de précédent judiciaire sur la question, mais telle est la jurisprudence suivie par le Comité de la Société des auteurs et compositeurs dramatiques.
1. Léo Marchés, Les Deti.v Carmen, dans la Liberté du 6 juin 1907.
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Les Portraits de Mérimée.
Même en réunissant les renseignements f< MM.Tourneux' et Cllaml)on^on n'aurait pas une iconographie complète. Il resterait un certain nombre de documents à indiquer :
i" On reconnaît Mérimée sur un tableau du peintre Biard, intitulé : Une Soirée au Louvre en i855, chez M. le Comte de NieuAverkerke^ Surintendant des Beau.v- Arts (Collection de M. Firmin Rainbeaux). Il est au premier plan, assis, vu de profd, la main gauche sur l'épaule d'Isabey, à qui il parle à l'oreille.
1° Il est un autre tableau où Mérimée figure parmi de nombreux personnages. C'est le tableau de Gérùmc, qui se trouve au Musée de Versailles, représentant la Réception de V Ambassade siamoise au palais de Fontainebleau (i865)^ Mérimée est peint de face, debout, le haut du corps seul visible. C'est, je crois, le seul portrait qu'on connaisse de lui en habit de sénateur. Excellent commentaire des lignes si caractéristiques de Taine : « C'était un homme grand, droit, pâle.... En
1. Maurice ïourneux, Prosper Mèrimce. ses porlmils..., pp. 17-50.
2. Félix (ihambon, A'o/cs sur Prosper Mcrimée, j)p. x-xi. Le dessin el le buste doul M. Chambon parle p. x, note 'l, ont été reproduits par lui dans son volume des LcUrcs aux La<ircnc. V. phis haut, |>. r)S.