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les journaux du temps et l'Académie française parut hésiter longicmps à entendre son éloge public, prononcé par son successeur. Quand ce jour vint enfin, on le loua surtout... d'avoir été l'ami de M. Tliiers. » Sa/fs un mot de rciffct, sans un geste cC adieu, ce reproche, en tant qu'il s'adresse à l'Académie et à l'Institut, a surpris un académicien. M. Jules Claretie' a fait des recherches dans les registres de l'Institut et y a trouvé les documents suivants. Le lo novembre 1870, communication faite à l'Académie française par le directeur Dufaure, qui veut espérer que « l'affligeante nouvelle » ne se confirmera pas. Le lendemain, 11 novembre, même langage tenu par Renan, président, à l'Académie des Inscrij)tions. Puis le doute n'est plus permis. Le 17 février 1 871, allocution de M. Léopold Delisle, président, à l'Académie des Inscriptions, pour déplorer « la mort d'un des fondateurs de l'archéologie française ». Le 23 février, à l'Académie française, mêmes regrets exprimés avec émotion par Patin, chargé par intérim des fonctions de secrétaire perpétuel. M. Jules Claretie ajoute : « Quant au reproche fait au successeur de Mérimée d'avoir surtout loué l'auteur de Colomba de ce qu'il fut Vanii de M. T/u'ers, j'ai vainement cherché dans le discours de Louis de Loménie le nom même de M. Thiers et la louange en question.... M. de Loménie travaillait! lentement, poussait le scrupule jusqu'à s'entourer des moindres documents.... On attendait, on attendait toujours.... En janvier 1874, l'éloge public de Prosper Mérimée, comme dit M. Filon, put enfin
2. Jules Claiftif, Ln Vie à Paris, dans le Temps du 10 mai IHOT. Cf. Cliainbon, ISoles sur Prosper Mérimée, p. 441.
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être prononcé après quatre ans. Mais l'Acatlémic n'avait été ni coupable d'oubli, ni responsable du retard. »
Ainsi, même M. Filon peut être rectifié sur Mérimée. Nous sommes bien à l'âge de l'érudition.
Parmi les gravures qui contribuent à faire du volume édité par le Journal des Débats un beau livre de bibliothèque, je remarque surtout la reproduction d'un portrait de Mérimée (aquarelle) par la princesse Mathilde*, portrait évidemment flatté, surtout si l'on tient compte de la date de 1869; — et la reproduction en fac-similé de quatorze dessins inédits de Mérimée : une caricature de Chateaubriand, Chactas en 1847 (aquarelle) qui est bien curieuse, un portrait-charge de la princesse de Liéven, des portraits de Mme Ristori, de Mignet, de Cousin, du baron Taylor, de Jomard, de Michel Chevallier, et des portraits ou croquis de femmes inconnues, mondaines ou demi-mondaines, des pages d'album ou des croquis fantaisistes, représentant un kalmouk à cheval, ou un gorille, ou un académicien des sciences morales et politiques en goguette le jour de la mi-carême!
A peine cet ouvrage venait-il de paraître, que M. Arthur Chuquet publiait cinq lettres inédites de Mérimée, avec un commentaire intéressant'.