I.'oiigiiial osl au Musée Carnavalet
"1. Arlliiir C.luiqiii'l, Rro.spcr Mrriiuée cl la Corresp'HKhiin-e de yopotcdii ;
98 SIJK MKIUMKK.
Kn i8")^|, une commission fut instituée pour recueillir et puijlier la correspondance de Napoléon I". Le maréchal Vaillant, ministre de la guerre, grand maréchal du palais et membre de l'Institut, la présidait; Mérimée en faisait partie. A la fin de itS");, il fut chargé d'écrire la i)réface. Le i5 décembre, il envoie de Cannes au maréchal « un projet qu'il a broché au bord de la mer par 17" Héaumur ». Ce ])rojet, rédigé dans la forme d'un ra])porl à l'I'impereur, fut accepté par la commission; il figure en tète de la Correspondance' . C'est un morceau un peu solennel, d'un ton peut-être un peu suranné, mais de belle tenue et de beau langage. « Sire, Auguste dédia un temple à César et le mit au nombre des dieux protecteurs de flome. Le culte et le temple de César ont disparu depuis longtemps; ses Commentaires ont survécu.... » Remercions M. .Vrthur Chuquct de nous avoir rappelé que ces pages anonymes, signées Les nienihi-es de la Commission, sont de Mérimée".
Leur adoption n'avait pas été toute seule, et il est amusant d'en voir l'auteur aux prises avec des critiques que, dans le fond de sa pensée, il devait considérer comme parfaitement incompétents. On n'avait pas aimé sa première phrase, dont il était très satisfait et qui contenait, à son avis, a une insinuation diantrement délicate"' ». Puis il avait proposé a une rédaction revue et corrigée et considérablement augmentée, ornée de
l'iuspcr .M('iiiiii''f, /'(('/r.v iiK'dilcs, dniis |;i /.V/w/c }iiiUH<ihc cl lillnuurc ilicrii, bkuc), 1907, p. 709-770.
1. Currcspoinhnnr incdilc de .\(ij)ulcuii l", i/iibliée [xn ordre de l'Empereur ^,l|,ol(■■on llf. I';iiis, liiipiiii.crir iiii|.rii;ili'. IS:)8-IS60, in-i": I. I,ii|.. V-XI.
'■2. M. Vi<;iiiv r;i\;ii| <lrj,i (lit : Manuel de l'Ainaleur délivres, I. V. cul. 7icS.
7). \-2 janvier |S:.S.
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citations latines destinées à nous faire honneur parmi les Allemands' », et la commission ou le maréchal ne voulaient pas entendre parler de latin. Désolation de Mérimée. « Vous vous adressez à l'Europe, et vous n'osez parler latin! Dans quel temps vivons-nous! ! !... Si je ne me retenais pas, je vous donnerais du grec. Plutarque dit de son éloquence de Cicéron] : v; àv tw Asysiv i^eLvoV/;:, vis diceridi^ mais (^îivor/;; est intraduisible*. » Encore plus de philologie dans la lettre suivante : « Il paraît que les Latins aimaient à violer la règle de Lhomond sur l'accord des adjectifs avec les substantifs et sur le nombre des verbes. Très probablement ils consultaient leur oreille f[ui n'aimait pas à rapprocher deux mots en désaccord apparent'. » Suivent des exemples. Gomme cela devait intéresser le maréchal! Joint que les exemples sont discutables; dans le dernier, l'emploi d un pluriel neutre se rapportant à des substantifs de genres différents* est tout à fait normal. Cette lettre est suivie d un post-scriptum que l'auteur s'amuse à signer : « Les membres de la commission : Balzac et Voilure, secrétaires-adjoints, x La commission, il ne l'oubliait pas, même dans ses déplacements. Un jour, il reçut à Londres la visite d' « une fort jolie femme, accompagnée d'un mari d'un âge respectable », qui venait lui montrer huit lettres de Bonaparte à Joséphine et lui demander si la commission ou l'Empereur ne désireraient pas les acheter.