AL PONS
La guérison clinique commande de fortes concentrations sanguines.
Les professeurs suédois et anglais ont démontré que ces impératifs ne sont pas inconciliables.
La tolérance et l’activité des associations de sulfamides s'expliquent par le fait que dans un mélange la solubilite d'un constituant n'est pas modifiée par la présence des autres.
Chacun d'eux restant à faible concentration dans le milieu intestinal, il y est résorbé indépendamment de tout autre et éliminé comme s'il était seul.
L'organisme réagit vis-à-vis des composants comme s'ils étaient seuls à la dose à laquelle ils sont dans le mélange et cette dose reste faible.
L'activité des associations est satisfaisante, car l’on choisit des sulfamides ayant sensiblement même effet antibactérien et leurs activités propres s'ajoutent. L’ont peut même prévoir qu’en augmentant le nombre des constituants, on augmente la marge de sécurité et le pouvoir bactériostatique de l’ensemble
Ces expériences prouvent que l'absorption et l’excrétion du mélange des sulfamides se fait indépendamment les uns des autres, l'action antibactérienne étant la somme des actions séparées des divers constituants.
Composition du mélange
Une bonne association doit contenir un nombre de sulfamides permettant de maintenir une concentration sanguine suffisamment élevée sans risquer la formation de calculs.
Les composants du mélange doivent, en outre, posséder une action aussi énergique que possible et à peu près égale, une toxicité faible et par ailleurs des qualités pharmacologiques favorables. Leurs proportions dans le mélange vont
dépendre de leur aptitude à la résorption et à l'élimination, de leur aptitude à former des calculs, de leur solubilité propre et de leurs produits de dégradation.
Le sulfathiazol ne doit pas prédominer dans le mélange en raison de son élimination rapide ; pour obtenir une bonne concentration sanguine, il faudrait une forte proportion, d’où risque de complication, car son dérivé acétylé est peu soluble.
Les dérivés américains de pyrimidine sont plus intéressants par la sulfamidémie que l’on obtient d'eux et leur plus grande tolérance. La sulfaméthylpyrimidine s'élimine lentement, la proportion doit rester inférieure aux autres constituants.
Une association à parties égales n’est pas toujours pratique. D'une façon générale, l’on modifie les proportions en fonction des propriétés de chaque sulfamide.
Citons, à titre d'exemple, la première association réalisée par les professeurs suédois Hagerman, Frisk, Greenberg, sous le nom de sulfadita!. Sa composition est la suivante :
suifathiazol Ogr 37 sulfapyrimidine Ogr 37 sulfaméthylpyrimidine Ogr 26 par gramme
La résorption du sulfadital après administration à des personnes à la dose de 2 et 4 grammes est telle que la concentration sanguine atteint son maximum au bout de 2 et 4 heures, après quoi elle baisse lentement ; 48 heures après, l'élimination n’est pas encore terminée, 15 % environ de la dose administrée se retrouve sous forme acétylée. Les 2/3 s'éliminent à l’état libre, le tiers en dérivés acétylés.
Ces mêmes auteurs ont fait sur 15 personnes des administrations répétées comme suit :
2 grammes à 18 heures, 2 grammes à 22 heures, puis
1 gramme à partir de 6 heures le lendemain, cinq fois par jour jusqu’à 22 heures.