OBSERVATION : III
D, É, domestique, 38 ans.
Infiltration tuberculeuse discrète du sommet droit, évolution torpide. Coxalgie droite ancienne:
Malade entrée pour : polynévrite sensitivo-motrice à forme quadriplégique.
Les troubles nerveux remontent à 1918 : dans le décours
d’une grippe à forme nerveuse, la malade éprouve des dou-
leurs au niveau de la jambe droite : fourmillements, lourdeurs, dérobement ; troubles marqués de l'élévation du membre. Progressivement, les troubles s'étendent au côté droit, entraînant une impotence fonctionnelle considérable ; puis, extension aux membres supérieurs ; l’amyotrophie devient rapidement marquée, avec prédominance à la jambe
gauche.
P. Lechaux 2
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La malade, à cette époque, tousse ; son état général dé: cline ; elle présente de la température vespérale ; l'examen du sommet droit permet de déceler une lésion tuberculeuse évolutive ; la recherche du bacille de Koch dans l’expectoration ne semble pas avoir été pratiquée.
A l'examen, le 10 novembre 1925, on note : au niveau des membres inférieurs :
Amyotrophie bilatérale globale, prédominant à gauche, et portant à son maximum au niveau de la loge antéro-externe de la jambe et du quadriceps crural.
Les pieds sont en équinisme, ballants des deux côtés.
Pas de modification des téguments.
Les réflexes tendineux, rotulien et ‘achilléen sont abolis des deux côtés.
Pas de troubles nets de la sensibilité objective; la pression des masses musculaires du mollet réveille pourtant une douleur aiguë.
La marche est impossible ; la malade est confinée au lit ; elle peut à peine, au prix de grosses difficultés, lever le pied au-dessus du plan du lit.
Au niveau des membres supérieurs :
Impotence fonctionnelle légère ; pas d'amyotrophie nette. Abolition des réflexes tendineux.
Pas de troubles de la sensibilité.
À aucun moment, la malade n'a éprouvé de troubles sphinctériens. À Pas de signe de Babinski ; aucun signe de lésion centrale. La ponction lombaire, pratiquée à diverses reprises, a
donné issue à un liquide céphalo-rachidien normal.
ADN
La réaction de Wassermann a été négative dans le sang et dans le liquide céphalo-rachidien.
L'examen électrique n’a pas été pratiqué.
Evolution. — Cette polynévrite évolue depuis sept ans ; aucune régression n’a été constatée au niveau des membres inférieurs ; au contraire, régression lente des troubles nerveux aux membres supérieurs ; seule subsiste l'abolition des réflexes.
Enquête étiologique. — Imprégnation tuberculeuse certaine : malade soignée dans le jeune âge pour coxalgie droite
ayant abouti à l’ankylose parfaite.
Au niveau du sommet droit, submatité, exagération des vibrations ; respiration granuleuse ; nombreux sous-crépi-
tants après la toux.
Chez cette malade, l’éthylisme ne peut être en cause : elle n’a jamais bu de’ vin ou d'alcool! ; l'examen somatique reste absolument négatif.
Pasde spécificité : Wassermann négatif. Pas de signes de syphilis nerveuse. Un traitement d’épreuve n'a amené aucune amélioration. |
Pas d'intoxication, endogène ou exogène.
Il semble bien que, à l’occasion d’une cause anergisante, grippe épidémique de 1918, cette malade ait réveillé un foyer ‘ancien de tuberculose pulmonaire et que la polynévrite se
soit développée parallèlement à la bacillose pulmonaire.