OBSERVATION IV
Mlle Q... Léonie, infirmière, 31 ans.
Soignée depuis juillet 1923 pour tuberculose ulcéro-
no A
caséeuse bilatérale, étendue à droite, discrète à gauche.
Pendant deux ans, l’état général s’est maintenu stationnaire ; en février 1925, poussée congestive avec légère hémoptysie, amaigrissement, température persistante à grandes oscillations, extension des signes physiques.
Au début d'octobre, aggravation nouvelle. À ce moment, la malade éprouve des fourmillements dans les jambes, des douleurs en coups d’épingles ; l’hyperesthésie cutanée des membres inférieurs est nette : la malade ne peut tolérer le contact du drap; au contraire la pression forte est tolérable.
A l'examen :
Atrophie bilatérale des muscles de la loge antéro-externe des jambes, que cache d’ailleurs un œdème mou ; celui-ci, localisé d’abord à la région maliéolaire, va bientôt s'étendre à tout le membre, Les pieds, ballants, sont en équinisme ; la flexion du pied sur la jambe est difficile et douloureuse.
Les réflexes achilléen et rotulien sont très diminués ; la pression du mollet est très pénible.
L’impotence fonctionnelle est complète ; la malade ne peut lever le pied au-dessus du plan du lit; son état empêche d'étudier les troubles de la marche.
Il n’y a pas de troubles sphinctériens; pas de signe de Babinski.
Aucune ébauche de syndrome de Korsakow.
Cette polynévrite, à forme paraplégique, a coïncidé avec une aggravation locale et générale ; parallèlement se sont développés des troubles digestifs, diarrhée, vomissements, et des troubles urinaires ; l'albuminurie, importante, a fait
songer un moment à une dégénérescence amyloïde ; elle a
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