OBSERVATION V
Recueillie par le Dr Pérono.
B... Camille, 17 ans.
Soigné au Sanatorium de Brévannes pour infiltration étendue du poumon gauche ; lésions discrètes avec signes purement radiologiques du poumon droit.
Malade entré le 9 janvier 1925 ; on assiste au bout de quelques semaines à une évolution rapide des lésions du côté gauche ; des bruits surajoutés apparaissent à droite ; la température est oscillante.
Le 17 mai 1925 :
Apparition de quelques douleurs vagues dans le pied droit avec fourmillements et faiblesse du membre correspondant.
Le 18, brusquement, le malade qui se lève pour faire sa
toilette, sent sa jambe droite se dérober sous lui et fait une
chute.
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ET ou
A l'examen le 18 mai 199ÿ :
On constate une atrophie marquée de la jambe droite, portant sur toutes les masses musculaires ; le pied esten équinisme. eo
On note une paralysie des extenseurs du pied : jambier antérieur, extenseurs des orteils (territoire du nerf tibial antérieur).
Le redressement du pied est impossible; si on le redresse, le malade ne peut le maintenir dans cette position.
Les troubles de la sensibilité superficielle sont peu marqués : pas de dysesthésie ni d’hyperesthésie ; on éveille seulement, dans la région talonnière postéro-interne, un peu de douleur quand on empaume le talon.
Au contraire, la douleur est très nette et très vive à la pression du nerf sciatique poplité interne et du tibial postérieur.
L’amyotrophie des trois loges de la jambe est considé” rable ; le membre paraît squelettique à ce niveau. La mensuration montre, au niveau du mollet, une circonférence inférieure de 2 cm. 5 à celle du côté gauche.
Pas de Babinski.
Pas de troubles sphinctériens.
Le réfléxe achilléen est aboli.
Evolution. — Aggravation rapide et considérable de l'état pulmonaire : malade décédé le 9 juin 1925.
L'enquête étiologique n’a permis de retrouver à la base de ces manifestations polynévritiques aucune cause pathogénique valable.
L'examen anatomique a été pratiqué par MM. Lévy-
Valensi et Schoeffer ; il a montré :
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Due D Au niveau de la moelle :
Macroscopiquement, {dans la région lombaire, du côté droit, existence sur une coupe transversale, d’un petit foyer jaunâtre,occupantila partie moyenne de la corne antérieure,et qui donne l'impression d’un foyer de myélomalacie. Histologie. — L'examen confirme l'existence d'un petit foyer de myélomalacie, relativement aucien car on n'y retrouve pas de corps granuleux. Assez limité, il occupe la partie moyenne de la corne antérieure, s'étendant sur une hauteur de plusieurs segments.A ce niveau ,il existe une perte de substance à peu près complète, incomplètement comblée par une cicatrice névroglique. On ne relève pas de faisceau oblitéré. A la périphérie du foyer, vaisseaux dilatés {à paroi épaissie. Ce foyer est situé en arrière de la frégion des cel-
lules radiculaires des cornes antérieures qui ne sont pas
détruites, et, par comparaison avec celles du côté opposé,
ces dernières ne paraissent pas grossièrement altérées. Pas de lésions inflammatoires notables dans la moelle, Au niveau des nerfs sciatiques poplités interne et externe : 1° Coupesaprès imprégnation à l'argent sur bloc, méthode de Fielchewsky : les cylindre-axes sont sains et ne présentent pas d’altérations notables, ni dans leur nombre, ni dans leur morphologie ; 29 (Marchi) Présence d'une altération myélinique nette ment pathologique sans être très marquée, et qui semble bien prédominer dans la région des étranglements annu-
laires.