‹ Sur Quelques Cas de Névrites Périphériques Chez les Tuberculeux PulmonairesChapitre 15 sur 28 · OBSERVATION VI · texte numérisé non relu

OBSERVATION VI

Mlle R... Marie, femme de chambre, 31 ans.

Tuberculose pulmonaire ulcéro-caséeuse à tendance hémoptoïque.

Le 17 août 1924, fait une chute insignifiante sur le genou gauche ; léger épanchement ; pas de signes de fracture; pas de point douloureux épiphysaire ; pas de limitation des mouvements de l'articulation. |

Rapidement, la malade éprouve une douleur très vive, irradiant à tout le membre, s’accompagnant d'une hyperesthésie marquée, empêchant le sommeil.

Le 19 août, la malade accuse une douleur très violente, non en rapport avec la bénignité du traumatisme ; elle diffuse vers la racine du membre,s’accompagnant de causalgie, d'hyperesthésie cutanée empêchant tout contact. Apparition d’un œdème assez intense, prédominant aux malléoles, s'étendant jusqu’à la région suscondylienne. Cet œdème ne s'accompagne d'aucune modification des téguments ; il prend mal le godet.

Pas de ganglions à l’aine ; on ne perçoit pas à la palpation la saphène interne ; son trajet n’est pas douloureux.

Les troubles de la sensibilité dominent letableau clinique; la malade se plaint de tiraillements, de brûlures, d’élancements entraînant de l'angoisse, de l’anorexie, de l’insomnie. Son maximum réside à la face palmaire du pied.

L'hyperesthésie à tous les modes est nette ; il n’y a pas de dissociation de la sensibilité.

La moindre palpation des masses du mollet arrache des

cris à la malade ; la pression au niveau des points du sciatique poplité interne est pénible.

L'impotence fonctionnelle est absolue.

Les réflexes tendineux sont très affaiblis ; les réflexes cutanés sont abolis.

Evolution. — Ces troubles durèrent à peu près un mois; la régression fut lente ; la douleur s'atténua et l’œdème disparut en même temps que réapparaissait la motilité ; seule la douleur à la pression du mollet resta longtemps marquée.

Le ro octobre, la malade se levait, À ce moment on notait :

Atrophie nette de la loge antéro-externe de la jambe ;

Réflexe rotulien faible ; achilléen aboli.

Les réactions électriques ne purent être pratiquées.

Cette malade, dans ses antécédents, ne présentait aucune intoxication ni affection capable d'expliquer la production de ses troubles nerveux.

Les lésions pulmonaires se sont améliorées ; elle a quitté le Sanatorium de Brévannes complètement guérie de ses

manifestations névritiques.

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