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A l'examen, on note :
Une atrophie marquée des muscles de la loge antérieure de l’avant-bras ; la main est en extension sur l’avant-bras. L’'éminence thénar est aplatie ; les mouvements d’opposition du pouce sont conservés ; la flexion de la seconde phalange et l’adduétion du pouce gênées mais possibles ; la malade ne parvient pas à mettre la face palmaire des doigts en contact avec celle du pouce.
Les réflexes tendineux ne sont pas modifiés.
Pas d’alcoolisme.
Pas d'intoxication endogène ou exogène.
Réaction de Wassermann négative dans le sang.
Evolution. — Les troubles nerveux ont régressé pendant deux mois; puis, coïncidant avec une poussée évolutive grave, ils ont reparu, avec une netteté très grande.
La malade est sortie, dans un état très grave, sur sa
demande, le 16 juin 1925.
Toutes ces observations, si l’on en excepte l’observation II], rentrent dans le cadre d’une statistique établie récemment par mon maître, le D' Lévy-Valensi. Durant l’année 1924 et plusieurs mois de 1925, les tuberculeux du Sanatorium de Brévannes furent systématiquement examinés au point de vue du système nerveux; lés observations des malades y ayant fait récemment un séjour furent également compulsées.
Le D’ Lévy-Valensi, sur un ensemble de 2.000 malades, n’a retenu que 16 observations de névrites périphériques dans lesquelles la tuberculose semble
Les
jouer un rôle pathogénique certain ;. il résulte de cette statistique que la névrite tuberculeuse, si elle existe, est rare, ne dépassant pas 0,80 0/0; ce chiffre est loin de celui que donnait Carrière ; celuici, sur 134 tuberculeux examinés, avait découvert cinquante-sept fois des manifestations de névrite ; il convient d'ajouter que Carrière, comme Pitres et Vaillard, retient dans ses statistiques les cas où les troubles nerveux, qu’il admet être d’origine tuberculeuse, peuvent être provoqués par une infection ou une intoxication surajoutée : alcoolisme par exemple.
Sans vouloir rechercher quel est le rôle de l’alcoolisme dans le mécanisme de la névrite des tuberculeux, le D' Lévy-Valensi a délibérément rejeté toutes les observations où l’étiologie pouvait, ne fût-ce que partiellement, s’y rapporter.
Partant des observations précédentes, cherchons à établir :
1° Si la névrite tuberculeuse existe réellement ;
> Si elle présente des caractères cliniques particuliers ;
3° Dans quelles formes de la tuberculose pulmonaire elle s’observe ;
4 Enfin, si une cause efliciente ne peut provoquer son éclosion.
1° La névrite tuberculeuse existe-t-elle ?
Aucun argument définitif ne pourrait être donné qui ne décrirait au niveau des nerfs une lésion spécifique de la tuberculose; dans les observations que
P, Lechaux 8
A a ae
nous avons reproduites, HôûS n’apportôhs aucun âr+ &üinêht anatomo-pathologique. Là séule observation dans laquélle uñ exäféñ anatomique aît été fait (6bs. V) à montré lä coéxisténce dé lésions médullaires ét névritiqués : le contrôle anatomique de cétté 6bsérvation devrait dont, sémblé:t:il, nous in= térdiré de la reproduire dans üñe étude consacréé aux névrites périphériques indépendantes dés lésions des céntrés, Mäis nous savons qu'on a fréquémmhent si: gnalé, daris des névrites cliniduèéméñt autonomes la coëxisténce de lésions de là cellule nervéusé : c’est sur la fréquence même de cette coïncidence que là combâattue :
MM. Pierre Marie ét Babinski, au Congrès des aliénistés neurologistes de 1894, conclueñt neéttérnent à l’originé médullaire dé la plupart des névrites : Bäbinski, pour justifier Getté 6pinion évôque l’étfoite subordination qui unit le cylindre-axe à da cellule nervéusé : pour lui, une pérturbation insignifiañte de la cellulé nérveuse peut se traduire éxclusivément par des lésions de son prolongement cylindrâxial ? où bien lés deux portions dé l'élément néurônal peuvent être touchées simultanément, l'expansion périphérique, plus vulnérable, traduisant la première sa souffrance par des altérations histolégiques:
En fait, comme le montrent Pitrès et Vaillard, si les lésions céllulaires peuvent être primitives et la névrite secondaire, dans de nombreux cas la névrite peutprécéder et commander les lésions cellulaires.
Sur la coexistence possible de névrites périphériques et de lésions cellulaires du névraxe, on né peut se bäser poür nier l'autonomie des premières.
L'injection,au cobaye, du triturat dé nérf au niveau de ses altérations histologiques est restée négative.
D'ailleurs nous savons que, si latuberculose frappe primitivement les troncs nerveux, elle les frappe, non par Son microbe, mais par {a toxine qu'il sécrète ; ce n est qu'exceptionnellement qu’on a déceléla pré: sénce, au niveau des lésions, du bacille de Koch comme dans l’observation de Gougerot et Troisier sur un cas de polynévrite extenso-progressive du type Landry.
Le seul argument sur lequel nous nous appuyons est l’étiologie ; nous avons cherché, dans tous les cas, si la cause de l’altération nerveuse ne pouvait résider dans une autre infection ou intoxication quelconque : à côté de la diphtérie, du diabète, de l’alcoolisme, du saturnisme, nous avons recherché la possibilité de syphilis, typhoïde, maladie par carence. Notre enquête étiologique a porté également sur la possibilité de certaines intoxications médicamenteuses, toujours possibles au cours d’une maladie chronique décevante, dans laquelle la malade, en dehors mème du conseil du médecin, fait appel à de nombreux médicaments : arsenic, créosote.…..
Nous n'avons retenu, en somme, que les névrites
qui, sion ne veut admettre leur origine tubercu-
leuse, doivent rentrer dans lé cadre des névrites a
frigore de certains classiques.
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2° La névrite tuberculeuse présente-t-elle des caractères particuliers ?
Pitres et Vaillard en décrivent, nous l’avons vu, trois variétés cliniques :
Une est exceptionnelle; on en cite de très rares observations; c’est la forme extenso-progressive ;
Une autre est la névrite sensitive, dans laquelle les manifestations sont extrêmement polymorphes, atypiques, consistant en paresthésies, en hyperesthésie localisée ou diffuse, à topographie variable, Les nerfs le plus souvent atteints sont : le sciatique poplité externe, les branches plantaires du sciatique poplité interne, le crural, les branches du plexus brachial. Pour Pitres et Vaillard, les troubles trophiques sont fréquents.
Dans nos observations, nous relevons 6 cas de
névrites sensitives:
Une hyperesthésie diffuse de tout le membre inférieur (obs. VI).
Deux névrites du musculo-cutané (obs. VIII et IX).
Une névralgie cervico-brachiale (obs. XI).
Une névrite du médian (obs. XIV).
Une névralgie obturatrice (obs. X).
Un cas de paresthésie des membres inférieurs (obs. XI).
La troisième forme décrite par Pitres et Vaillard est la névrite motrice; les auteurs insistent, dans cette variété, sur l'importance capitale de l’amyo-
trophie, rapide, considérable et qui est sans doute
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