R. PETRUCCI
Considérant la Propriété au point de vue abstrait, l'auteur a été amené à la trouver caractérisée par la disposition exclusive et l’exploitation au profit de l'individu ou d'un groupe d'individus, des matériaux du monde extérieur auxcpiels cet individu ou ce groupe confèrent une productivité transitoire ou permanente. Défini sous ses formes essentielles, le phénomène de Propriété dépend de l’activité meme de la vie et se manifeste dès qu’elle apparaît. 11 va se trouver réalisé à tous les degrés de l'échelle biologique et c’est ce domaine nouveau que l'auteur a tenté d’explorer.
Un chapitre spécial s’occupe des phénomènes de Propriété dans le Règne Végétal au sein diuiuel il apparaît sous ses deux formes individuelle et collective. Ensuite, l’auteur passe en revue les divers embranchements animaux et il dégage ainsi des faits du plus haut intérêt : c’est ainsi que, chez les Insectes où l’on trouve une évolution sociale suj)érieure et complexe, cette évolution se trouve caractérisée par la prédominance écrasante du caractère collectif <jui va se graver jusque dans la structure de l'individu, tandis que, cliez les vertébrés, le plan de l’évolution sociale est caractérisé par une intégration des formes individuelles et familiales de la Propriété à la forme collective, sans (jue la prédominance de celle-ci soit telle qu’elle comporte l’effacement de ces caractères individuel et familial.
Après avoir passé en revue l’ensemble du monde animal, l’auteur a consacré un chapitre aux hommes. 11 ne s’est occupé que des Primitils chasseurs et Pasteurs, c’est-à-dire de ceux (pii présentent les conditions les plus simples; il n’entrait pas dans son plan d étudier les formations juridicpies de la Jb'opriété. 11 s’est arrêté au contraire au seuil de ce domaine, mais après avoir dégagé dans l’activité des Primitils chasseurs et pasteurs des points de comparaison qui éclaireront d’un jour nouveau et inattendu les phénomènes de la Sociologie comparée.
On ne saurait mieux signaler la portée de ce travail (pi’en citant ici les conclusions aux(|uelles l'auteur a été conduit et (pii, sous le nom de Principes essentiels du Phénomène de Propriété, semblent bien prendre le Caractère d’une Loi :
I. La Propriclè apparail comme un phénom'cne lié aux' premières manifestations de la l Yt’.
H. Elle est tout d’abord l'expression d’une structure individuelle cl d’une adaptation.
III. Elle prend la forme individuelle lorsqu’elle est déterminée par la loi biologique de Protection de V Individu.
IV. Elle prend la forme familiale quand elle est déterminée par la loi de protection de l’Espèce réalisée sur la base de l’instinct scxmel.
V. Elle prend la forme collective lorsqu'elle est déterminée par la loi de protection de l’espèce réalisée par les phénomènes d’ association considérés d’une façon générale et abstraction faite du groupement familial.
VI. Les formes individuelle., familiale, collective de la Propriété sont spéci/iquement distinctes. — a) La forme individuelle est caractérisée par ce fait quelle réfléchit la structure propre et les activités de l’animal considéré isolément. — n) La forme familiale est caractéritée par la prédominance de la tendance associative limitée à un lien direct de parenté. — c) La forme collective est caractérisée par la prédominance prépondérante et sans réserve de la tendance associative.
Un tableau comparatif des phénomènes de Propriété est annexé à l’ouvrage, ainsi qu’un index groupant sous les ensembles : Réserves nutritives. Exploitation d’un territoire, l’Abri et la Demeure, Intégration des formes de Propriété, les diverses espèces animales qui ont été étudiées à ce point de vue au cours de ce travail.