I. — Formes anormales au point de vue clinique
La L. A. peut être anormale soit par son tableau clinique, soit par ses caractères hématologiques et les deux observations personnelles que nous avons rapportées plus haut représentent deux exemples démonstratifs de chacun de ces deux groupes de faits.
Cliniquement, le type envisagé peut différer de la forme classique, soit par l’absence d’un ou plu-
sieurs symptômes, soit par la présence de symptômes anormaux.
A. — Les L. A. ASYMPTOMATIQUES OU PAUCISYMPTO- MATIQUES, comme on pourrait les appeler, ont été parfaitement étudiées par MM. Debré, Milhit, Lamy et Fouquet (1). Comme le soulignent ces auteurs, il n’est guère de symptômes qui ne puissent faire défaut dans l’évolution de la maladie. De tous les symptômes, la fièvre est peut-être l’élément le plus constant ; encore qu’on puisse observer des chutes soudaines « suivies de reprises qui disloquent la courbe au point d’interdire foute description valable ». De même, la pâleur ne peut guère faire défaut, et jointe à la fièvre, en l’absence de tout autre symptôme caractéristique, doit toujours faire évoquer la possibilité d’une leucémie aigué.
Les adénopathies peuvent faire défaut ; nous en avons rapporté nous-même ci-dessus un cas typique. Debré et ses collaborateurs, chez trois cas sur seize de leucémie aiguë, n’ont pu constater d’adénopathies à aucune période de la maladie, quel que fût le territoire ganglionnaire.
La splénomégalie dont on connaît la grande fréquence dans la L. A. peut manquer : comme nous l'avons vu nous-même dans notre observation n° 2
.@) Debré, Milhit, Lamy, Fouquet. — Leucoses et leucémies aiguës de l’enfance. Bulletins et Mémoires de la Société des Hôpitaux de Paris, 21 avril 1939, p. 657, 664.