‹ Sur quelques formes anormales de Leucémie aiguëChapitre 12 sur 18 · EE · texte numérisé non relu

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et comme Debré l’a observé trois fois sur seize. Fait intéressant, il n’y a pas de proportion entre l’intumescence ganglionnaire et l’augmentation du volume de la rate ; les adénopathies peuvent exister à l’état isolé sans splénomégalie et réciproquement, la grosse rate peut se voir sans accompagnement de ganglions.

Beaucoup plus rares sont les cas qui, comme le nôtre, ne présentent ni rate, ni ganglions, durant toute l’évolution de laffection.

L’hépatomégalie est souvent absente. Cinq fois sur seize seulement, Debré a constaté une augmentation de volume du foie.

Les hémorragies assez fréquentes, comme on sait, peuvent toutefois faire défaut, puisque dans le tiers des cas étudiés par Debré, il n’y avait ni ecchymoses, ni pétéchies, ni gingivorragies, ni aucune hémorragie quelle qu’elle fût.

On sait l’importance que les classiques attribuaient pour poser le diagnostic de L. A. aux accidents pharyngés ; en général précoces dans leur apparition, parfois même révélateur de la maladie, ils vont de la simple pharyngite érythémateuse au noma.

Nous rappellerons que nous n’avons observé cet accident dans aucun des deux cas personnels que nous avons rapportés plus haut.

Toutefois, dix fois sur seize, dans la série rapportée par Debré et à laquelle nous avons déjà fait allusion à plusieurs reprises, il n’y avait aucun accident de ce type.

On voit donc qu'aucun symptôme n’est constant dans l'affection, sinon les signes qui appartiennent à la série infectieuse : fièvre et pâleur.

B. — A côté de ces formes anormales par carence symptomatique, il faut étudier les FORMES ANORMALES PAR LA PRÉSENCE DE SIGNES SURAJOUTÉES, soit que ces derniers n’appartiennent nullement au tableau habituel de l'affection, soit qu’il y ait une telle prédominance de l’un d’entre eux que son aspect classique en soit complètement modifié.

1° En tête de ces formes, il faut faire une place tout à fait à part à la forme hémorragique ; celle-ci peut revêtir une multitude d’aspect qu’il suffit d'évoquer: hémorragies cutanées, hémorragies muqueuses, hémorragies viscérales.

Comme l’hémorragie peut être le premier signe en date de l'affection, il peut être parfois difficile de la rattacher à la cause et seule l’évolution de la maladie jointe à un examen hématologique soigneux, peut la mettre en évidence.

Il est toutefois un cas sur lequel nous voudrions insister et qu’on pourrait individualiser sous le nom de forme pseudo-purpurique de la L. A. ; c’est à notre observation n° 2 que nous faisons allusion.

Rien, en effet, dans ce cas ne permet de soupconner cliniquement une leucémie aiguë, c’était absolument le tableau du purpura infectieux, avec ses signes généraux, ses pétéchies et ses ecchymoses, seul

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ici l'examen hématologique permet de poser un diagnostic correct.

2° Très proches de ces formes hémorragiques de la leucémie aiguë sont les formes pseudo-scorbutiques ou angineuses : c’est qu’en effet, il peut se surajouter à l’angine nécrotique un tableau de gingivite hémorragique, avec muqueuses boursouflées, taumenteuses, hémorragiques, saignant au moindre contact de l’abaisse-langue, qui évoque absolument les faits de carence en vitamine C. Ajoutons incidemment que c'est d’ailleurs en raison de ressemblance symptomatique que l’acide ascorbique a été proposé comme traitement de la leucémie aiguë et qu’on aura apporté quelques résultats heureux dans l’évolution de l’affection sous l'influence de cette thérapeutique. Là encore, c’est seulement un examen complet clinique et hématologique qui permettra de poser un diagnostic précis.

3° D’autres fois, les modifications bucco-pharyngées revêtent l’aspect d’une diphtérie maligne (Fraenkel et Ulrich, Méry et Weill-Hallé) ou d’une angine de Vincent (Formara, Le Chintou et La Bernardie). On a d’ailleurs signalé des cas où il y avait localement du bacille diphtérique ou même une association fusospirillaire,

4° La forme typhoïde est surtout caractérisée par la prédominance des symptômes généraux et l’absence des signes locaux : la fièvre, la diarrhée, les épistaxis, la prostration, orientant d'autant plus vers le diagnostic d’une affection éberthienne que la spléno-

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