‹ Sur Quelques Microdosages Biochimiques Essentiels Par La Cellule PhotoélectriqueChapitre 14 sur 35 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Identification de traces d’alcool.

RECHERCHES ET DOSAGES DE L'ALCOOL DANS L’URINE AU MOYEN DE LA CELLULE PHOTO-ELECTRIQUE.

La recherche et le dosage de l’alcool dans les liquides biologiques sont devenus d’un usage courant et d’une importance accrue au cours de ces dernières années, du fait que beaucoup d'accidents de la circulation sont dus à létat d’ébriété des conducteurs d’automobiles ou des piétons accidentés.

Le diagnostic de l’ivresse s’effectue actuellement principalement par l’examen du sang. Le prélèvement doit se faire aussitôt après l’accident, avec des instruments préalablement stérilisés. Du fait que l’on est obligé d’éviter soigneusement d'utiliser des seringues, des aiguilles où de la verrerie ayant séjourné dans l’alcool, ou encore de faire précéder la ponction veineuse d’un lavage de la peau à l’alcool, la prise de sang présente des inconvénients nombreux, surtout à la campagne en pleine route, où la plupart des accidents de la circulation arrivent. La moindre trace d'alcool introduite par erreur peut avoir les plus graves conséquences au point de vue pénal. Les quantités de sang à prélever sont au moins

de 10 cc.

Les techniques de dosage de l'alcool éthylique dans le sang et les tissus sont nombreuses. Nous ne donnerons pas ici l'historique complet de l'analyse quantitative de l'alcool. Nous

renvovons les intéressés au travail de ELIANE LE BRETON (33),

où on trouvera toutes les indications touchant ce problème. Nous ne dirons que ces méthodes peuvent être schématiquement réparties en deux groupes:

Groupe A. Méthodes chimiques. Elles comportent toutes de nombreuses variantes.

(Oxydation de l'alcool en acide acétique, titrage au moyen de bichromate de potassium en milieu sulfurique; transformation de l’alcool en acétaldéhyde; transformation de l’alcool en iodure d’éthyle et titrage de l’iode en excès; la méthode de HAGGarp (34): Oxydation de l’alcool par l’acide iodique.)

Groupe B. Méthodes physiques. L’interférométrie selon P. Hirscx (35) est celle qui semble être la plus employée. Le pycnomètre, la conductivité électrique etc. sont abandonnés.

Quant à la diffusion de l’alcool dans l’organisme et à son élimination, nous sommes actuellement bien renseignés. Lorsque lorganisme vivant absorbe par voie stomacale de l’alcool, celui-ci passe immédiatement dans le sang. Mais la fin de cette diffusion n’est pas atteinte au moment où l’alcoolémie a atteint son maximum. LE BRETON ainsi que

: SOUTHGATE (36) ont constaté que les seuls cas où la diffusion a été rapide, sont ceux, où l’estomac était vide lors de l’ingestion d'alcool. La résorption dure dans ces conditions — pour des doses inférieures à 2 gr. par kg. — environ 60 minutes chez le rat, 60 à 90 minutes chez le chien, et d’après WIiDMARK (37) au moins 80 minutes chez l’homme.

Si l’estomac contient des aliments ou si l'absorption de l'alcool dans lorganisme est lente et plus pour les muscles que pour les organes, Le temps nécessaire pour atteindre l'équilibre de diffusion dépend de la dose d’alcoo!l et sa dilution, et surtout de la nature et la quantité des aliments ingérés simultanément. L'alcool, qui se trouve dans le sang se répand donc uniformément (ou presque par suite des différences de l’eau de constitution des tissus) dans tous les organes et dans toutes les sécrétions de l’organisme.

Page 1