NE
© Globine (protéine)
* Cholestérol
Ÿ Chlorure de Potassium,
Eau (62°/), etc.
L'analyse de quelques hémoglobines obtenues très pures et parfaitement cristallisées a permis d'établir les formules moléculaires suivantes:
Hémoglobine du cheval: C7 HHS2N24 025 Fe S? (ZINOFFSKY). Hémoglobine du chien: C758 H1203 N1%5 OZ18 Fe S3 (A. JAQUET).
Ces deux exemples suffisent pour nous représenter la grandeur et la complexité de la molécule d'hémoglobine.
D'ailleurs ce pigment sanguin change de propriétés suivant qu’il provient d’un genre d'animal ou d’un autre. Ainsi l’hémoglobine du sang de cobaye, de rat, de cheval, de chien, d’écureuil cristallise facilement, tandisque celle de l’homme, du porc, de la vache cristallise difficilement. Les cristaux des diverses hémoglobines diffèrent entre eux, en ce qu'ils ne se dissolvent pas également bien dans l'eau, et que leur
teneur en fer (0,34 à 0,148%) et en eau de cristallisation est variable. La plupart des hémoglobines cristallisent dans le système rhombique; telles sont celles du cobaye, du rat, du chat, du lion, de l’homme etc, L’hémoglobine de lécureuil par contre cristallise dans le système hexagonal.
A côté de cette variation qui se manifeste d’un genre animal à l’autre, il faut retenir que, selon les dernières recherches, il semble même exister dans l’organisme humain plusieurs hémoglobines. Haurovrrz (49) en a en effet décelé quatre, dont deux présentes simultanément chez l’homme adulte, les deux autres se trouvent chez le fœtus et dans l’anémie pernicieuse. Cette dernière est plus colorée que les autres, quoique renfermant relativement moins de fer.
Il résulte déjà par ces faits la grande diversité et les anomalies observées dans les résultats de dosage de l’hémoslobine.
Ce fait devient encore plus complexe à la suite de l’existence d’un nombre indéfini de méthodes de dosage, basées sur des principes fort différents. Ainsi nous trouvons chez HIRSCHFELD et HirrMaAIR (50), la mention suivante: En 1897 le nombre des méthodes hémoglobinométriques s’élevait déjà à 22.
Actuellement nous distinguons surtout deux catégories de dosages. L’une s’effectue par chromométrie directe de l’hémoglobine tandis que l’autre a recours au dosage précis d’un des éléments constituants de la molécule de l’hémoglobine. Dans cette dernière catégorie on détermine soit le fer, soit l’oxygene.
À propos des méthodes de dosage biochimique du fer, employées le plus souvent dans des recherches scientifiques. nous tenons à mentionner les plus importantes, en renvoyant le lecteur, qui s'intéresse spécialement à cette question, au travail de A. WAGNER (51), où on trouve un exposé détaillé de ce problème.
Les méthodes principales dosant le fer de l’hémoglobine sont celles de:
LAPICQUE (1897), dosage colorimétrique aux sulfocyanures,
BERTRAND (1913), dosage manganimétrique,
FonNTÈS et THivorLe (1923), dosage molybdo-manganimétrique,
WonG (1923), dosage colorimétrique aux sulfocyanures,
FLEURY et MARQUE (1929), dosage molybdo-manganimétrique,
LEAVELL et ELris (1934), dosage colorimétrique à l’acide thioglycolique,
LASAUSSE (1936), dosage iodométrique,
CORDIER et WAGNER (1938), dosage colorimétrique à l'acide phénylpyruvique.
Toutes ces techniques sont cependant rarement utilisées dans les laboratoires cliniques. En hématologie on a recours généralement aux méthodes physiques.
On emploie la spectroscopie dans la méthode de HÉNOCQUE (1883) et de WiLLIAMSON (1916). Mais presque toujours on utilise pour les déterminations cliniques du taux d’hémoglobine la chromométrie. Nous signalons ïci les méthodes de:
TALLQVIST, de HALDANE (52), de SAHI1(53), de NEWCOMER (54), de HALLION et BORRIEN (55), d’AUTENRIETH (56) et de LASAUSSE-POLLÈS (15).
Il faut retenir que les résultats en hémoglobine donnés par les méthodes chromométriques et les méthodes ferrométriques ne concordent pas et étant suffisamment averti, nous avons par la suite établi notre plan de travail en tenant compte de ce fait.
PoLLÈs a essayé de tourner la difficulté en déterminant au préalable le nombre de grammes d’hémoglobine contenu par litre de sang en fonction de la variation de la densité optique. Il prélève 50 mm? de sang, qu'il mélange avec
1,95 cc. d’eau distillée. Par ce mélange le sang s’hémolyse rapidement, donnant une solution colorée, que l’on mesure à l’aide du colorimètre à cellule photoélectrique.
Il faut cependant, comme l’auteur l'indique, tracer au préalable une courbe pour chaque appareil et ceci constitue l'inconvénient de la technique, car il faut partir d’une suspension d’hématies de titre connu en hémoglobine. Si lon emploie dans ce cas un dosage chimique du fer contenu dans l’hémoglobine, les résultats mesurés ensuite ne concordent plus avec le taux d’hémoglobine, comme le prouve le graphique donné par POLLÈS, où nous trouvons deux courbes, lune pour le fer, l’autre représentant le pourcentage en hémoglobine.
Afin d'éviter cet inconvénient nous avons employé la technique de SaHLi et de BürKER, pour préparer nos solutions témoins. Nous avons donc eu recours à une méthode de dosage de l'hémoglobine transformée en hématine acide.
Nous voudrions donc tout d’abord dire quelques mots sur la constitution de l’hémoglobine:
Par une hydrolyse ménagée, on scinde la molécule d’hémoglobine en deux blocs, l’hémochromogène et la globine. Le premier très faible par rapport à l’autre, est un groupement prosthétique tétrapyrrolique ferrugineux, le second est un protide.
L’hémochromogène, qui nous intéresse principalement se transforme par des agents oxydants en hématine. On le prépare par action d’une solution acétique saturée de NaCI, NaBr ou Nal sur l’oxyhémoglobine; on élimine ensuite l’excès des ions halogènes et on obtient des cristaux caractéristiques (cristaux de TEICHMANN). Cette réaction est très connue en médecine légale pour déceler la présence de sang.
Dans cette hématine, le fer est à l’état trivalent: combinée à un groupe prosthétique bien défini, elle donne naissance à un pigment, le cytochrome de KEruiN qui joue un rôle capital dans les oxydations intracellulaires de l’organisme.
On donne actuellement à l’hématine la formule de constitution suivante: