CHILIONEMA NATHALIÆ NOV. SP
Le nouveau genre Chilionema possède un thalle rampant régulier, à accroissement périphérique comme les genres Myrionema et Hecatonema, mais les productions dressées sont groupées en ilots irréguliers et denses, séparés par des plages stériles ou presque stériles.
Le Chilionema Nathaliæ élait fréquent sur des Rhodymemia palmata, que Mlle Nathalie Karsakoff a bien voulu recueillir, sur ma demande, à Roscoff (Finistère) les 9 et 11 octobre 1897. Je suis heureux de le lui dédier. Ses taches brunes, larges de 1-5 millimètres, se laissaient reconnaître, au premier coup d'œil, des autres Myrionémacées qui vivaient sur les mêmes frondes hospitalières, parce que, au lieu d’être foncées au centre, et graduellement fondues du centre à la périphérie, elles se décomposaient en taches secondaires, en îlots foncés, irréguliers, séparés par des portions plus pâles, dont la disposition variait suivant les individus. La plante présente ainsi, à l'œil nu, l'aspect d’un Myrionema dont les filaments dressés auraient été fauchés, çà et là, par un minuscule animal. Les parlies foncées correspondent, en effet, aux îlots de filaments dressés, les parties claires aux portions stériles ou presque stériles du thalle rampant. Les schémas À à E de la figure 23 montrent l'aspect des différents individus, vus au grossissement de 6 diamètres.
Le thalle rampant, orbiculaire, est formé de files radiales en contact latéral, dont la ramification se fait dans la cellule de méristème, soit par une cloison courbe-oblique, soit par une lame perpendiculaire à la dernière cloison transversale formée (fig. 23, F). La largeur des cellules varie de 7 & à 9,5 p. La paroi des cellules périphériques est
mince; puis elle s’épaissit notablement; le thalle devient assez uniformément diplostromatique, soit par une cloison oblique, soit par une cloison nettement parallèle à la base. Certaines cellules restent simples, particulièrement dans les plages stériles; on trouve aussi des cellules fertiles simples, mais elles sont plus rares. Leur hauteur varie de 13 à 17 y. On détache sans peine le thalle rampant de son substratum, mais, à cause de sa raideur qui le rend fragile, les individus adultes sont difficiles à soulever d’une seule pièce. C'est vers le centre du thalle rampant que le premier îlot de productions dressées apparaît, puis d’autres se forment autour, isolés ou reliés à lui. Parfois ceux-ci sont disposés radialement, d’autres fois suivant les fragments d’une couronne parallèle au bord; certains sont très nettement et brusquement limités, d'autres. paraissent s'étendre avec l’âge et se réunir çà etlà. On en voit même qui forment une couronne à peu près complèle, mais je nai jamais vu de disposilion concentrique aussi nelte que celle figurée par M. Reinke pour son Ascocyclus ocellatus |89, 2, PI. 15, fig. 1]. La disposition des îlots varie donc à l'infini ; j'ai représenté quelques exemples sur la figure 23, en A, B,C, D, E. Lorsqu'un îlot de productions dressées va se former, cellesci n'apparaissent pas simullanément, mais successivement. Ce sont d’abord des filaments dressés, épars, plus souvent quelques poils ; pendant qu'ils grandissent, d’autres naissent entre eux; aussi, sur les files radiales disséquées, appartenant à un îlot en voie de développement, voit-on des filaments dressés de taille très diverse, séparés par des cellules rampantes non encore fertiles (fig. 23, G, J). Plus tard, les filaments dressés tendent à s’égaliser, mais sans atteindre, toutefois, la régularité d’un Myrionema (fie. 23, H). Les poils sont assez rares. Aueun d’eux n'est formé par la totalité de la cellule originellement séparée du thalle rampant. Ils sont toujours pédicellés. Ceux qui apparaissent avant les filaments dressés sont généralement porlés par deux ou trois cellules seulement ; le pédicelle de ceux qui se