CHILIONEMA REPTANS/ Sauvageau mscr
Synonymie :
Ectocarpus reptans Crouan, 1867.
Myrionema reptans Foslie, 1894.
Les frères Crouan [67, p. 161, PI. 24}, ont donné de cette espèce la diagnose suivante : « Frondes de 1 à 4 milli-
mètres, rampantes, serrées et soudées entre elles, d’où s'élèvent des ramules d’un millimètre, simples, dressés, nivelés, arlicles aussi longs que larges ; sporanges nombreux siliquiformes à pédicelle court ou allongé. — Sur la fronde du Fucus serratus, où il forme de petits gazons de 1 à 4 centimètres (1) ». [ls le rangeaient dans les Zc{ocarpus à fronde rampante, ou Streblonema. À l’appui de celte insuffisante diagnose est un dessin représentant un thalle rampant diplostromatique, sur lequel s'élèvent trois productions dressées : un sporange pluriloculaire à pédicelle de deux cellules, un filament dressé, et un autre filament terminé par deux cellules plus longues, incolores, tronquées, représentant probablement un poil.
M. Kjellman |72, p. 52] a trouvé en Norvège sur le C/adophora sericea une plante qu'il a identifiée avec l’£ctoc. reptans Crouan. Elle est formée par des filaments rampants, soudés l’un à l’autre, mais laissant çà et là des vides, à cellules de 8-16 x sur 8-12 u; les filaments dressés cylindriques, non ramifiés, de 120-150 & de hauteur et 6-10 w (souvent 8) de largeur, sont formés de cellules de 8-24 & de longueur ; les sporanges, sessiles ou pédicellés, mesurent 30-80 & (souvent 45-65) sur 12-30 y (souvent 20-25), et les logettes ont 3-7 & de hauteur sur 4-8 y de largeur. L'auteur ne dit pas si le thalle rampant est mono- ou diplostromatique, et ne mentionne pas l'existence de poils.
L'Ectoc. reptans est encore indiqué en Amérique par M. Farlow [79, p. 69), sur Le PAyllithis et le Dictyosiphon, et dans l’Adriatique par Hauck [85, p. 325] sur le Va/onia macrophysa. NL l’a retrouvé en Portugal [89, p. 153] sur le Chondrus crispus. Ces deux auteurs cilent comme références la Florule du Finistère et le Mémoire suédois de M. Kjellman, et spécifient que le thalle rampant, à filaments radiaux
(1) Les auteurs disent d’abord 1 à 4 millimètres, puis 1 à 4 centimètres. On peut interpréter ceci comme un lapsus, ou comme signifiant que les premiers nombres s'appliquent aux individus isolés, et les deuxièmes aux indi-
vidus à frondes rampantes soudées. Leur dessin représentant la plante en grandeur naturelle est de dimensions intermédiaires.
ramifiés, forme presque une membrane, sans dire s’il est mono- ou diplostromatique.
Mais, pour M. Reinke |89, 1, p. 42, et 89,2; p. 21, PIE la plante de M. Kjellman, de M. Farlow, de Hauck, se distingue du véritable Æctoc. reptans Crouan en ce que le thalle est monostromalique el pseudo-parenchymaleux, seulement au centre, tandis que les filaments rampants sont éparpillés à la périphérie. Il l’a retrouvée lui-même à Kiel sur des Cladophora, des Polysiphonia, elc., et en fait l’espèce nouvelle Æctocarpus repens Reinke (non £. reptans Crouan), du sous-genre Streblonema.
Sous le nom d’Ascocyclus reptans, le même auteur décrit une plante recueillie dans la Baltique sur les Fucus serratus et vesiculosus, qu'il dit être la même que celle de Crouan (89,4! p: 449 et 89,2, -p. 19 et Pl 15) 4%e thalletrempant forme des disques de 1-6 millimètres de diamètre, de 10-17 » d'épaisseur, sans lacunes, comme un Myrionema, et diplostromatique comme la plante de Crouan. Le plus grand nombre des cellules de la face supérieure, mais non toutes, et à l'exception aussi de celles du pourtour, développent des filaments dressés de 6-8 cellules, libres, simples, d'environ 8 x d'épaisseur, et dont l’accroissement se fait par division intercalaire. Les poils, rarement portés par le thalle rampant, terminent plus souvent les filaments ; 1l en est de même des sporanges pluriloculaires lancéolés, dont l'auteur ne donne pas les dimensions.
M. Batters |89, p.141] a signalé aussi l’A scocyclus reptans Reinke à Berwick, sur les Chondrus crispus, Halidrys, etc.
Les auteurs précédents ne disant pas s'ils ont comparé les plantes qu'ils ont décrites avec la plante type de Crouan, M. Bornet a bien voulu me donner un fragment d’un échanüillon authentique, conservé dans l’Herbier Thuret, récolté par les frères Crouan dans la rade de Brest le 2 novembre 1861 ; je puis ainsi ajouter quelques renseignements à ceux de la Ælorule du Finistère.
Je n'ai pas réussi à soulever l’£ctoc. reptans d'une seule pièce, mais seulement à Le délacher par morceaux. Le thalle rampant monire de larges plages nues, sur lesquelles s’é-