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Fig. 25. — Chilionema reptans (Ectocarpus Crouan, d’après un échantillon authentique). — À, Portion du thalle rampant vu de dessous ; B, File radiale montrant la différence de taille des filaments dressés successifs (à comparer avec la figure 93); C, D, E, Filaments dressés et sporanges; les logettes sont plus petites que dans le Chilion. Nathaliæ (A à E, Gross. 300).
lèvent, cà et là, de rares filaments dressés, dont la présence prouve qu'elles appartiennent bien à la plante en question. Il est formé de filaments ramiliés (fig. 25, A) serrés l’un contre l’autre sans laisser de vides entre eux. Je n’ai pas vu
assez netlement le bord du thalle pour le dessiner, mais la figure 25, À, montre suffisamment que le cloisonnement se fait comme dans les plantes précédemment éludiées. Les cellules de 6,5-14 & de largeur, sont de longueur égale ou deux fois plus longues. En d’autres points, le thalle rampant est couvert de productions dressées. Le thalle rampant semble être uniformément diplostromatique, mais on trouve çà et là une cellule simple, fertile ou non; sa hauteur totale varie de 13 à 20 sw. Ce caractère d'un thalle rampant présentant des îlots fertiles et des plages stériles nous a servi précédemment à caractériser le genre Chilionema. |
Les filaments dressés, cylindriques, ou légèrement atténués en haut, sont raides, à cellules aussi longues que larges, à parois latérales plus épaisses que les cloisons transversales; je n’ai pas remarqué-que la cellule terminale fût sécrétrice. Leur hauteur n'esl pas aussi uniforme que dans un Myrionema, et l’on voit (fig. 25, B, C) qu'ils naissent à des intervalles et à des moments irréguliers ; la hauteur des filaments d'apparence adulte varie souvent de 100 à 150 y; les plus longs que j'ai vus mesuraient 175 p, mais rien n’indique qu'ils atteignent un millimètre comme le disent les frères Crouan ; leur largeur, dans leur région moyenne, varie de 9-10 p.
Je n'ai vu aucun poil. Il est peu probable, cependant, que les auteurs brestois aient pris pour un poil un filament aceidentellement {ronqué, et il faudrait en conclure que les poils sont rares.
Les sporanges pluriloculaires, siliquiformes ou plus ou moins cylindriques, sessiles ou plus souvent portés par un pédicelle dressé, mesurent 60-75 w sur 15-18 w. Un sporange nouveau pousse fréquemment dans la cavité d’un sporange vidé. Les logeltes, très peliles, ne mesurent guère que 3-4 y de hauteur quand elles sont pleines. On voit aussi fréquemment, au sommet des filaments dressés longs, des sporanges de très pelite taille ; le filament se renfle à peine pour les former, et leur hauteur correspond à celle de deux
ou trois cellules végétatives. J'ai vu parfois, mais rarement, un sporange croître latéralement sur un filament dressé, comme le montre la figure 25, E.
D'après cette étude, tout incomplète qu’elle est, et si l’on admet le genre Chulionema, 11 semble donc bien que l’ÆEclocarpus reptans Crouan doit devenir le Ciionema replans. Son disque rampant, d'apparence aussi régulière que celui d’un Myrionema, l’écarte des Æctocarpus et des Streblonema (Crouan, Kjellman, Farlow, Hauck); l'absence d'ascocystes l’éloigne des Ascocyclus (Reinke, Balters) et l'irrégularité de l'apparition des filaments dressés, en le rapprochant de l’Æecatonema, le sépare des Myrionema ou Phycocelis (Kjellman, Foslie, De Toni,; la répartition en îlots des productions dressées indique sa place dans le genre Chilionema. Le Chill. Nathalñz en est sûrement très voisin ; peut-être même aurais-Je conclu à l'identité s’il croissait sur le même substratum, et surtout si je n’avais craint de compliquer encore une synonymie déjà trop embrouillée.
Quant à l’Ascocyclus reptans Reinke, dont rien ne justifie la place dans le genre Ascocyclus, et qui ne paraît pas se rapporier à l'espèce des frères Crouan, il a tout à fait les caractères de l’Aecatonema el pourrait devenir Hecatonema reptans. L'Ascocyclus ocellatus Reinke ne peut davantage rester parmi les Ascoeyclus. Mais la disposition en îlots de ses produclions dressées le rapproche tout à fait de la plante des frères Crouan, el par conséquent du Chilionema ; aussi, nous proposons de le désigner, au moins provisoirement, sous le nom de Chlionema ocellatum.
Il resterait à vérifier à quoi correspondent les Æctocarpus reptans décrits ou signalés par M. Farlow, Hauck, M. Batters, M. Kjellman. On sait que ce dernier auteur n’admet pas, pour la plante de Norvège, la critique faite par M. Reinke.