‹ Sur Quelques Observations De Tuberculose De L'Adulte Avec Adénopathies MédiastinesChapitre 15 sur 28 · Soc, Méd. Hôp., séance du 24 mai · texte numérisé non relu

Soc, Méd. Hôp., séance du 24 mai

Mare

de toux, le malade rejette une dizaine de crachats de sarg noirâtre, non aéré, La bascule accuse un amaigrissement de 6 kilos. Le malade s’alite. |

Consulté à ce moment, nous trouvons M. M... dans un état général franchement mauvais; l'inappétence est complète. Le malade est dyspnéique, la température est à 38°4. L'auscuitation ne montre au niveau des deux champs pulmonaires aucun signe stéthacoustique pathologique. Nous faisons pratiquer à une semaine d'intervalle 3 examens de crachats, lesquels ne montrent l'existence d'aucun germe pathogène. Le malade se trouvant dans de mauvaises conditions matérielles pour se soigner, nous lui conseillons d’entrer à l'hôpital.

À son arrivée dans le Service, nous notons une température de 39°2, qui atteindra 40°4 les jours suivants. La dyspnée est importante (36 inspirations par minute). Le malade présente une toux quinteuse, surtout marquée au réveil. L'expectoration abondante est muco-purulente. La recherche du bacille de Koch s'y révèle une fois de plus négative. Dès que l’état du malade le permet, un cliché du thorax est pris, qui révèle l’existence au niveau du médiastin d’une masse importante et compacte, débor- . dant largement le sternum, surtout à gauche, relativement nette dans ses contours supérieurs et moyens, envoyant des tractus de condensation parenchymateuse dans le tiers inférieur des poumons, au niveau de la scissure inférieure droite en particulier.

L'examen général ne montre rien de particulier au niveau des aulres appareils. Une réaction de Bordet

Wassermann est négative,

AP de Ea présence de cette fièvre se maintenant en plateau, entre 39° et 40°, et accompagnée d’un état de prostration marqué, on pratique un séro diagnostic. Le sang. après quatre heures de contact, n'agglutine ni l’Eberth, ni les para À et B. Une hémoculture en bouillon est faite trois jours après. Elle demeure négative.

L'examen hématologique montre les chiffres suivants :

Globules rouges ......... FER 4.200.000 CHiobules Dfancs Me Lt x 8.800

HÉMOoSlOIN OR ANR RE NE Re ner BONE Polynucléaires neutrophiles.......... 69 — éosinophiles. ........ ; 2 Grands et moyens mono.......,...... 24 Myélocytes neutrophiles....... RARE 0 Normes dé transitions AE, RER D) LYmphoontes.4 ON REP en 0

Quinze jours plus tard, devant l’allure vaguement ondulante de la courbe thermique, on pratique un séro-diagnostic pour la fièvre de Malte. Le sérum r’agglutine pas plus le micrococcus melitensis. Une inoculation des expectorations au cobaye est alors pratiquée : l'animal meurt au onzième jour d'infection intercurrente. L'examen anatomique ne révèle aucune lésion tuberculeuse.

La température du malade baisse progressivement et présente une allure de fièvre hectique entre 3705 et 3805, cependant que le malade, en dépit de tout traitement, s'affaiblit de jour en jour. Une diarrhée rebelle s’installe. L’adynamie est complète. Le malade meurt le 26 juin 1934, après avoir présenté une ébauche de syndrome

méningé.

De

L’autopsie peut être pratiquée :

Ou note daus la région hilaire du poumon droit l’existence de tubercules de petites dimensions. Assez gros nodules au sommet dont l’un, plus important, est excavé. A gauche, quelques rares petits nodules. Lésions de tuberculose miliaire généralisée.

Mais surtout on découvre une énorme masse gangliannaire médiastinale, de la grosseur de deux poings, dont la nature tuberculeuse est vérifiée par l’anatomo-pathologiste.

Une masse analogue, quoiqu’un peu moins volumineuse, est constatée au niveau du mésentère. À

OsservarTion III (Mile F... Lucie)

Cette observation est due à l’obligeance du D' Coulaud.

Mlle F... Lucie, âgée de 20 ans, qui a toujours habité Paris, a toujours été bien portante jusqu'au moment où elle consulte en juillet 1933 le D’ Coulaud, se disant fatiguée, manquant d’appétit, dormant mal. fl n'existe ni toux, ni expectoration ; la température est normale. Le Dr Coulaud soigne depuis plusieurs années la sœur aînée de Mlle F.., tuberculeuse cavilaire (caverne géante du sommet gauche ayant nécessité la mise en œuvre d’un paeumothorax, puis d’un oléopneumothorax par suile d’une perforation spontanée), laquelie d'ailleurs est consi-

dérée en 1933 cowme cicatrisée et guérie.

PhoU ue

Pendant toute l'évolution de ce long processus luberculeux, Mile F... a vécu en cohabitalion étroite avec sa sœur, prénant ses repas en Commun, sans précautions d’asépsie particülières, partageant la même couche.

A l’examen du 17 juillet 1933, l’auscultation né révèle aucune espèce de signes pouvant faire suspecter l'intégrité du parenchyme pulmonaire, cepéndant qu’une radiographie de contrôle, faite le même jour, montre à l’encontre de tôule attente l’existénce d’uné volumineuse iâge ganglionnaire médiastinale, mâsse parästernale, débordant le sternuin à droite en particulier et remontant dérrière les articulations sterno-claviculairés droite ét gauche. Le parenchyme pulmonaire semble à peu près indemne des deux côtés.

Eu octobre 1933, on constate l'apparition d’un ganglion de la grosseur d’une noïix, dur ét indolore, faisant saillie au-dessus de la clavicule droîte, contre lé sternum, ganglion profond en partie rétro-claviculaire.

Une biopsie est pratiquée, qui montre ja nature tuberculeuse du gânglion. L’exarnen microscopique y fait découvrir dé nombreuses cellules géantes typiques. Le céntre du ganglion est caséifié.

L'inoculation au cobaye s'avère positive.

Depuis éelté époque et pendant un an, l’élat de la malade demeure stationnaire, en dépit du traitement par les rayons ultrà-violèts, du régime hygiéno-diététique et du repos le plüs Complet.

Un nouvel éxämen radiographique de juillet 1934 montre cèpeñndäant üne régression progressive de l’adénopathie médiastine.

ne MUC Actuellement (mars 1935), l’état général semble s'être amélioré, quoiqu'avec lenteur.

La malade a engraissé de 4 kilos. ll ne reste de visible aux rayons qu'un liers environ de l’ombre médiastinale

iniliale.

Osservarion IV (Mme F... Pauline).

Chez cette malade, âgée de 50 ans, dont l’observation nous a été communiquée par le D' Coulaud, il ne peut être question que de présomption tuberculeuse à l’origine de l’adénopathie médiastine constatée chez elle. “

D'ailleurs la découverte de cette adénopathie n'est due qu’à un examen radiologique de contrôle systématiquement pratiqué, comme il est fait pour chacun des malades venant consulter au dispensaire Léon

Bourgeois.

Mme F..., est restée durant plusieurs années en contacl direct avec son mari, atteint de tuberculose pulmonaire bilatérale largement excavée et s’accompagnant d’une expectoration richement: bacillifère, continuant de parlager cependant avec lui la vie conjugale, aussi complètement que par le passé, sans prendre les précautions élémentaires dictées par sa propre sauvegarde, Le mari est mort en octobre 1930 à la suite d'une longue agouie tuberculeuse, porteur depuis trois mois d'un pyopneumothorax tuberculeux fistulisé. Mme F... à

renouvelé elle-même chaque jour les pauseménts, el

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