DEN VIE
image assez analogue aux précédentes. On note cependant sous la clavicule droite une extension importante dans le parenchyme de l’ombre médiastinale.
En oblique antérieure droite, l’espace clair rétro-car diaque se montre toujours opaque.
Le bilan de l'état du malade s’établit au 15 mars de la manière suivante :
On note la présence d'une adénopathie (grosse comme une petite mandarine dans la région sous angulo-maxillaire gauche. Petits ganglions sous-mentaux, un ganglion gros comme une noix dans la région carotidienne gauche.
Dans la région sus-claviculaire gauche il existe un ganglion de la grosseur d’une petite mandarine, accompagné d'un petit ganglion satellite, au même niveau à droite un ganglion gros comme une noisette.
La palpation des aisselles et des aines ne révèle que de petits ganglions disséminés, on ne palpe pas la rate, on Ja percute sur quatre travers de doigt.
Au niveau de l'appareil pulmonaire la percussion ne révèle en avant aucun signe pathologique, la sonorité normale est conservée de deux côtés, en arrière il existe une légère submatité du lobe supérieur droit.
A l’auscultation en avant le murmure vésiculaire est entendu sans signes adventices à gauche. Par conire à droite il est modifié, La respiration est soufflante au sommet. Par intermittences on perçoit quelques bouffées de râles sous-crépitants fins. Ces signes ont leur maximum sous la clavicule. En arrière de même dans la fosse sus-
épineuse droite les mêmes signes sont perçus.
NP
Une radiographie est pratiquée. La lecture du cliché montre dans l'hémithorax gauche l'existence d’une tache mummulaire de la grosseur d’une pièce de 2 francs, grise homogène bien délimitée, sans contours cependant nettement accusés. A droite, ombre para sternale sous-claviculaire continuant les ombres hilaires qui sont très denses et confluentes. A la base droite, à cheval sur le quatrième axe costal antérieur présence de deux foyers arrondis de même dimension, qui envoient des tractus, dans le parenchyme et dont l'aspect moins homogène semble différent de la masse médiastinale.
L'image sous-claviculaire à contours irréguliers présente en son centre une zone plus claire semblant témoi- \ gner d’une tendance à l’excavation.
Les sinus sont libres.Pas de réaction pleurale diaphragmatique : après l'étape adéno-pleurale du début de la maladie revêt donc actuellement une forme adéno-pulmonaire.
L'état général du malade décline rapidement. Il est pâle, le teint est même un peu cireux, l’insomnie lui cause une fatigue extrême. La langue est sèche. La température présente des oscillations régulières de 370 le matin à 3805, 39° le soir.
L'appétit est nul, la courbe de poids tombe, le malade maigrit régulièrement de 3 à 400 grammes par semaine.
L'état que présente notre malade, d'une part, les signes stéthacoustiques d'autre part, véritablement calqués sur
les signes radiologiques, nous induisent à penser que nous
sommes peut-être en présence d’un foyer tuberculeux au début de son activité.
De nouveaux examens de crachats sont pratiqués, aucun d'eux n’en apporte de preuve bactériologique.
Une formule sanguine du 30 mars donne les résultats
suivants :
Globules rouges. ..... 4.640.000 par mme.
Globules blancs...... 16.400 —
PONS ROUTE RP MR A a a tee eee 86 POIVÉCÉIRONEE RN E men dE oi | POlyAbASO RAR OR EE. 44800 MONO YO CN MAR TRE 0 MONOIMOVENSS ARR UEAM AIRE PHACR RAS 7 MONOCN LOS MAL AT RASE Aa MATE,
Le malade est adressé de nouveau au professeur Hartmann lequel avant d'entreprendre une nouvelle série de séances radiothérapiques, pratique le 4 avril une biopsie ganglionnaire. Un petit ganglion sus-claviculaire gauche est enlevé à l’anesthésie locale.
L'examen histologique pratiqué par M. Paul Guérin dans le laboratoire de Mme Bertrand-Fontaine, donne les résultats suivants (12 avril 1935).
Bouleversement total de l'architecture ganglionnaire normale : le fragment biopsé montre une prolifération réticulaire marquée sous forme de grosses cellules à cytoplasme elair, à noyaux volumineux souvent bourgeonnant réalisant le type de la cellule de Sternberg.
Associée à cette prolifération on voit : une fibrose intense, de nombreux éosinophiles disséminés irrégulièrement. Quelques foyers peu étendus de plasmocytes et des plages
de nécrose.
En somme, polymorphisme cellulaire marqué avec cellules de Sternberg, fibrose et nécrose permettent de por-
ter le diagnostic de lymphogranulomatose maligne.
Depuis ce moment, et malgré la reprise de séances de radiothérapie, l’état du malade a continué à s’aggraver, une albuminurie massive a fait son apparition le taux des urines s’est réduit considérablement, des œdèmes des membres inférieurs et du scrotum, des signes de phlébite marastique se sont montrés et la mort est survenue le
2 Juin.
Nous avons rapporté cette observation bien qu’elle n’ait pas trait à une adénopathie tuberculeuse pour illustrer les difficultés de diagnostic que peuvent représenter des cas semblables. Nous faisons d’ailleurs incidemment remarquer que, dans ce cas, et malgré que nous nous soyons attaché d’une façon toute particulière à cette recherche, nous n’avons pu ni par inoculation ou par culture des fragments biopsiés ou du liquide pleural, ni par aucun procédé, trouver un argument favorable soit à l’idée de la nature tuberculeuse, même par une forme filtrable du bacille, de la maladie de Hodgkin, soit même à l'association chez notre malade de cette dernière et d’une tuberculose.