CHAPITRE I
Introduction. — Historique.
L’adénopathie trachéobronchique tuberculeuse, depuis les descriptions qu’en donnèrent Guéneau de Mussy et son élève Baréty (1874), a connu des fortunes diverses et un petit nombre seulement de connaissances médicales ont été aussi profondément remaniées.
Dans une période non encore très éloignée de nous, les auteurs rivalisaient d’ingéniosité pour décrire à cette affection d'innombrables signes, basés plutôt sur des déductions qui paraissaient logiques que sur une observation clinique minutieuse ; puis on substitua à des symptômes cliniques inexistants des signes radiologiques dont la valeur n’était pas plus grande, des ombres vasculaires de foyers de condensation parenchymateuse étant confondus avec des adénopathies et les comptes rendus de cette époque faisant mention d’aspects absolument nor-
HAT maux auxquels ils attribuaient à tort une signification pathologique. .
Peu à peu nos connaissances se précisèrent et, malgré quelques dissidents qui continuent à croire à la fréquence de l’adénopathie trachéobronchique réalisant une entité morbide, il devint évident, avec les travaux de Rist et Levesque, d’Armand Delille et Lestocquoy, d’Ameuille, de Lehmann, Delherm et Chaperon, de Duhem et Chaperon :
1° Que l’adénopathie trachéobronchique tuberculeuse, lorsqu'elle existe, est profonde, située en plein thorax et absolument incapable d’engendrer les signes sthétacoustiques qui lui avaient été attribués.
2° Que ces adénopathies exigent, ‘pour être décelées, une technique radiologique extrêmement précise, et que les expressions de «hile encrassé » hile empâté, ombres hilaires augmentées de volume, dont sont encombrées tant de descriptions radiologiques, ne sauraient en aucun cas suffire à en établir l’existence.
Une critique serrée ne tarda pas non plus à établir que nombre de faits considérés comme des adénopathies trachéobronchiques pures représentaient en réalité un complexe ganglio-pulmonaire et que maintes descriptions avaient rapporté trop exclusivement aux ganglions des symptômes tirés en réalité de l'atteinte du parenchyme.
Une notion semble d’ailleurs persister à ‘toutes les étapes de l’histoire de ces adénopathies médiastines :
Que l’on se reporte aux premières descriptions,
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que l’on considère la période héroïque caractérisée, selon l’expression de Vibert, par « le déluge des signes de percursion, de palpation et d’auscultation », ou que l’on envisage les travaux plus récents, toutes les descriptions s'accordent à reconnaître la fréquence proportionnellement plus grande de l’adénopathie . trachéobronchique dans l'enfance et sa rareté extrême à l’âge adulte.
En 1912, MM. Rist et Ameuille d’une part, Léon Bernard d’autre part, insistaient sur l’absence presque complète de lésions ganglionnaires constatées aux autopsies des tuberculeux adultes, quels que soient le siège, l’étendue et l’intensité des lésions pulmonaires
« Les ganglions qu’on trouve, disent MM. Léon Bernard, Salomon et Marcel Lelong, sont petits, noir d’anthracite, le plus souvent de consistance normale, parfois durs, scléreux, présentant de petits points calcifiés. Le gros ganglion trachéobronchique caséeux n’est pour ainsi dire jamais observé. Aussi pouvait-on ériger une véritable loi, à savoir que la luberculose pulmonaire de l'adulte, contrairement à celle de l'enfant, n'aboulit pas à l’hypertrophie et à la caséification des ganglions trachéobronchiques. »
Depuis cette époque, maïnts travaux ont cependant remis en honneur cette question, les observations de Sergent, Cotteneau et Durand, de Genévrier, de Paisseau et Lambling sont déjà anciennes ; Léon Bernard, Salomon et Marcel Lelong ont rapporté avec de nom breux détails, en 1927, un cas de tuberculose de l’a-