‹ Sur Quelques Points de Physiologie Chirurgicale du Membre Inférieur: Comme Introduction à l'Étude de la CoxalgieChapitre 15 sur 19 · FIG. I · texte numérisé non relu

FIG. I

Quoi qu’il en soit la morphologie reste la même, et,

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comme nous le disions en étudiant la mensuration dans la station bilatérale, le même procédé est ici absolument applicable. C’est encore le portique mais un portique renversé à terre qu’on nous permette d’insisler.

Le sujet étant dans la situation susdite et représentée par la fig. I (p.68)on marque à l’encre ou au crayon dermographique la situation des deux épines iliaques antéro-supérieures que l’on réunit par une ligne horizontale, ou encore une attelle en bois placée de champ.

Une autre attelle est placée de champ sur la face plantaire, des deux talons : d’un coup d’œil on juge que la figure déterminée par les lignes büliaques et bitalonnières d’une part, et les deux membres inférieurs d’autre part forme un rectangle,- autrement dit que les deux axes ilio-fémoraux sont égaux. Du reste, si on a un point de doute, d’un ruban métrique (lignes pointillées de la fig. 1), porté de chaque côté dela ligne büliaque à la ligne bitalonnière, en. dehors du bord externe du pied correspondant, affirme la chose d’une façon mathématique.

Supposons, par parenthèses, que l’attelle plantaire soit appliquée verticalement sous les orteils de chaque pied placé à angle droit, on aura la longueur moyenne physiologique des deux membres inférieurs comme nous l’avons vu en étudiant le membre inférieur considéré en lui-même. Si nous établissons le schéma de ce portique nous avons la figure rectangulaire ci-jointe (Ge: IL,-p: 70).

Si au lieu de mettre les membres inférieurs parallèles on les fait diverger d’une quantité égale par rapport à l'axe du corps le schéma du portique devient un quadri-

mo | De latère à côtés opposés égaux, mais dont deux seulement

d Là

Fi1G. II. — Schema des deux membres inférieurs parallèles et èn position symétrique. Dans cêtte figuré Il réprésente la ligné biüliaque ét TT’ la ligne bitalonnière.

. sont parallèles ainsi que le montre la figure IT : c’est ce

Fi@. IT,

que nous avons appelé un trapézoïde.

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Nous venons de voir le décubitus dorsal parfait, symétrique, mais il y à l’asymétrique. Tout comme nous avons vu la station bilatérale asymétrique, c’est celui où la ligne bicotyloïdienne, ayant subi un mouvement d’ascension d’une de ses extrémités, la gauche par exemple, est devenue oblique, forcément elle a déterminé l'ascension du membre gauche.

Le rectangle du schéma devient alors un parallélogramme (les membres étant supposés parallèles) les deux côtés latéraux ne cessent pas d’être égaux, mais cependant il y a raccourcissement apparent du membre élevé, comme le montre la figure ci-dessous dans laquelle là ligne TT”? indique la longueur du raccourcissement apparent.

Fi@. IV. — Dans laquelle T'T” indique le raccourcissement apparent.

Dans cette situation il y a nécessairement une asymétrie dans la morphologie des organes génitaux et des plis de l’aine qui est absolument la même que celle que nous

AURA La

avons décrite dans la station bilatérale asymétrique : nous y renvoyons le lecteur.

Remarque importante : l'inégalité de situation des épines iliaques däns le plan perpendiculaire à l’axe du corps change la longueur des axes ilio-cruraux (côtés du quadrilatère) quand, dans l’allongement parfait du membre elle dépasse certaines limites, et quand le membre est fléchi : chose aisée à comprendre car le fémur suit dans ce dernier cas un déplacement parallèle à celui de l’épine iliaque antéro-supérieure.

Ce qui revient à dire que les angles ilio-fémoraux antérieurs et latéraux ont une importance extrême dans la mensuration et qu’il faut mettre les membres inférieurs dans un parallélisme parfait. Supposons en effet que l'angle ilio-fémoral antérieur gauche soit plus aigu que son congénère, immédiatement l'œil dénote un défaut de parallélisme entre les lignes biliaques et bitalonnières et le schéma du portique devient un quadrilatère dont tous les côtés sont inégaux et le schéma n°3 prend la forme représentée dans la fig. V, p. 73.

Inutile d’asouter que pour obtenir cela il faut mettre les membres inférieurs en asymétrie. Nous verrons que toutes les fois que cette figure se retrouve en clinique, alors que les membres sont bien symétriquement placés par rapport à l'axe du corps, il y a raccourcissement réel.

Enfin, lesdeux membres étant dansla position indiquée par le schéma IV, si nous rendons plus aigu l’angle iliofémoral antérieur gauche, nous avons une nouvelle figure représentée par le schéma ci-contre (fig. VI, p. 73). Il en découle une déduction identique à la précédente.

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Nous avons dit que les modifications de longueur dues

FIG, V. — Dans laquelle TT” représente le raccourcissement réel.

ss — -

Fig, VI, — Dans laquelle T T” indique le raccourcissement réel.

au déplacement del’ilium agissant sur l'axe crural, cons- M, 10

tituaient des modifications extrinsèques de l'appareil ihocrural, et que celles causées par les mutations du sinus del’angle ilio-fémoral antérieur et latéral, étaient des modifications intrinsèques. Or il y a longtemps que les auteurs ont signalé dans la coxalgie un allongementou un raccourcissemsnt apparent à la vue, alors que la mensuration à l’aide du ruban métrique conduit comme le voulait Brodie de l’épine iliaque antéro-supérieure à la rotule, ou au condyle externe du fémur (ou à la ligne bitalonnière naturellement), donnait des résultats opposés,eh bien, ces contradictions sont dues précisément au défaut de concordance deces modifications intrinsèques et extrinsèques et on peut les produire à l’état normal.

C’est un point que la polémique entre Malgaigne et J. Guérin (Voy. Gaz. hôpit., année 1838, p. 73, 83, et 128) a mis en lumière.

Quelques exemples feront saisir la chose : ;

1% cas. — Le sujet est en décubitus dorsal, parfaitement symétrique, les épines iliaques sont sur la même ligne horizontale, et à la même hauteur, les membres parallèles entre eux et à l’axe du corps : il y a concordance parfaite entre les résultats de la vue et de la mensuration.

2° cas. — Les épines iliaques étant sur le même plan ; si on porte le membre gauche, par exemple, en abduction et le droit en adduction d’autant, de façon à ce qu'ils soient toujours parallèles, le membre gauche est en allongement apparent à la vue et en raccourcissement apparent à la mensuration : et cela par linégalité des deux angles 1lio-fémoral latéraux, ou, ce qui revient au-

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même, par l'obliquation des fémurs sur l’axe longitudinal du bassin, particularité sur laquelle J. Guérin a, le premier, attiré l'attention.

3° cas. — Les deux épines étant sur une ligne oblique, la gauche plus élevée, par exemple, si l’on porte les deux membres à gauche, de telle sorte que les fémurs soient en obliquation avec le bassin, il y a, à un certain moment, égalité apparente des deux membres à la vue et raccourcissement apparent du membre gauche à la mensuration. Mais que tout en laissant les épines dans la même situation, on mette les membres dans une situation parallèle à l’axe longitudinal du bassin, prolongé, et légalité entre les données dela vue et de la mensuration reparaissent comme dans le premier cas.

Il est une autre remarque importante, c’est que lors d'allongement parfait des membres inférieurs, il est indifférent que les épines ihiaques antéro-supérieures, ne soient pas absolument sur le même plan horizontal. Leur inégalité, dans de minimes limites, n'empêche pas la distance relative, entre les lignes bipédieuse et buliaque, de rester la même.

Nous pouvons donc résumer ce qui précède dans la proposition suivante : Dans la mensuration des membres inférieurs, ilest indispensable pour éviter une des principales causes d'erreur, de placer les deux membres dans une situation absolument symétrique et parallèle à l'axe du corps, autrement dit de donner un sinus égal aux angles ilio-fémoraux antérieurs et latéraux.

C'est là, que le lecteur veuille bien le remarquer, la partie capitale de notre travail, le nœud de la question,

EP TCEES

car toutes ces données sont applicables en tous points à là mensuration dans la coxalgie. Nous verrons en effet : 1° qu’il faut toujours placer le corps comme nous l'avons fait ici; 2° que toutes les fois que l’on n'obtient pas alors le rectangle il y a des modifications apparentes de longueur ; 3° qu’enfin toutes les fois qu'on a une figure en forme de trapèze il y a des modifications réelles.

Passons maintenant en revue, d’une façon rapide, les autres types de décubitus.

B. Décubitus ventral. — Le contact s'effectue sur la pointe des pieds fortement étendus, et dont l’axe converge ou diverge suivant les sujets, sur les genoux, l’abdomen. la région sternale, le menton. Les membres inférieurs sont dans l'extension complète, parallèles ou légèrement tournés soit en dedans soit en dehors. La colonne lombaire est droite, surtout si l'abdomen est volumineux et le plan résistant : elle s’incline légèrement en arrière si le haut du corps repose sur les bras fléchis ou sur des coussins.

C. Décubitus latéral. — Surlecôtégauche par exemple, les points de contact sont le bord externe du pied, la partie supérieure et interne de la cuisse. Le grand trochanter, la paroi latérale de l'abdomen, du thorax; le moignon de l'épaule, la région pariétale. Il est rare que les membres soient dans l'extension et rigoureusement superposés, rare aussi qu'on s'appuie sur la face externe du deltoïde, et sur la région pariétale. Cette attitude difficile à maintenir n'offrirait pas au contact une base assez large, supposons cependant cette situation prise. Le membre abdominal gauche, parallèle à l'axe du

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corps présente sa longueur maximum qu’augmente encore, en apparence, l’inclinaison du bassin dont la crête iliaque s’écarte de la dernière côte, d’où une scoliose très marquée à concavité droite, effacement relatif de la saillie trochantérienne. Le membre droit, pour toucher le membre gauche, se porte dans l’adduction et .se raccourcit en apparence par ce fait aussi bien que par l’ascension de la crête iliaque droite.

La différence entre les deux membres est de trois centimètres en moyenne. Mais nous avons déjà dit que cette situation peu propre à l'équilibre était ordinairement modifiée pour augmenter la base de sustentation : en haut le bras se détache du corps et offre un appui à la tête, en bas les deux membres inférieurs. s'abandonnent et cela de deux manières : tantôt le membre gauche se fléchit et représente une tige brisée au pli de l’aineet au genou; le membre droit se porte en arrière dans une extension plus ou moins forte, et prend appui sur le plan par le bord interne du pied : il est nécessairement dans la rotation en dedans et dans l’adduction. Parfois pour diminuer cette dernière, il se fléchit également et la face interne du genou vient reposer sur le mollet gauche.

Tantôt le membre gauche reste dans l'extension; le membre droit passe au devant de lui, le croise à angle plus ou moins aigu au niveau de la cuisse, figure une ligne fortement brisée au pli de l’aine et au genou, et enfin se porte dans une forte adduction avec rotation en dedans pour aller rejoindre le plan qu'il va toucher par la face interne du genou, de la jambe et le bord interne du pied.

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Le bassin et la colonne lombaire suivent ces différents mouvements des cuisses et changent avec eux. Dans le décubitus latéral parfait, exceptionnel comme nous l’avons dit, le grand trochanter touche le plan par sa face externe, les deux épines iliaques sont dans un même plan vertical. La face antérieure de l’abdomen regarde directement à gauche, la colonne lombaire est en scoliose pure : mais suivant que le membre droit reste en arrière ou passe en avant du membre gauche, le grand trochanter repose sur son bord postérieur, ou sur son bord antérieur, la ligne bitrochantérienne dont l’extrémité gauche touche le plan, décrit par son extrémité droite un arc de cercle plus ou moins étendu, le bassin, en d’autres termes, tourne de façon que l’épine iliaque antéro-supérieure droite, reste en arrière ou se porte en avant de l’épine opposée. Il y à outre la scoliose une torsion évidente de la colonne rachidienne.

Naturellement dans le décubitus latéral parfait il y a symétrie dans la morphologie de ia région génitale et asymétrie dans le décubitus imparfait.

En somme si l’on veut bien le remarquer, on retrouve dans le décubitus latéral la symétrie et l’asymétrie signalées dans la station bilatérale.

$ V.— Du membre inférieur comme agent de locomotion.

Cette courte étude va nous faire en quelque sorte passer en revue les différentes propriétés du membre inférieur et en même temps de l'appareil vertébro-pelvicrural.

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Giraud-Teulon (1) décompose la marcheen trois temps.

1° Période de préparation. Les jambes étant droites, le sujet, voulant partir du pied gauche incline le tronc, (axe vertébral) sur le côté droit.

2° Phase d’oscillation. Immédiatement l'os coxal gauche s'élève (par l’action desmuscles spinaux, et thoracoabdominaux) et la jambe gauche tirée en haut se trouve ainsi raccourcie (raccourcissement extrinsèque) et par là même détachée du sol ;-elle se porte en avant (action des fléchisseurs de la cuisse sur le bassin) et finalement se pose sur le sol.

3° Phase de projection. Pendant ce temps la jambe droite s’ouvre et s'étend dans ses différentes articulations et pousse ainsi en avant, projette en un mot, le centre de gravité suspendu en dessus d’elle jusqu’au moment ou l’autre jambe arrivant à l’appui passe du rôle passif à la fonction active (Giraud-Teulon).

Inutile d'ajouter que cette description en trois phases “est schématique car les deux dernières s’enchevêtrent, la troisième commençant quand la seconde n’est pas encore terminée. De plus les oscillations de la jambe élevée ne sont pas purement passives et comparables à celles d’un pendule : l'intervention musculaire est nécessaire (fléchisseurs de la cuisse sur le bassin, de la jambe sur la cuisse, du pied sur la jambe). Extension au contraire du pied sur la jambe (du côté du membre opposé) pour amener des raccourcissements et des allongements intrinsèques ou pour mieux dire fonctionnels.

(1) Giraud-Teulon. Dict. encyc. des sc. méd. Art. Locomotion.

PS

Duchenne (de Boulogne) a en effet montré que lors d’atrophie des muscles fléchisseurs de la cuisse surle bassin, il faut une exagération dans l’élévation de l'os coxal et sa projection en avant, et par là même de l’appendice ilio-crural. Sans même être modifiées fonctionnellement, dans ses différentes phases, la marche peut l'être chronologiquement : la cadence du pas est alors détruite et on a ce qu’on a appelé le signe du maäquignon.

Quoiqu'il en soit, ne voyons-nous pas dans la marche la combinaison successive de toutes les positions étudiées jusqu'ici dans Pappareil vertébro-pelvi-crural : rotation et inclinaison de l'axe rachidien, élévation d'une des extrémités de la ligne bicotyloïdienne et sa projection en avant : mobilisation consécutive de l’appendice iliocrural aidée des raccourcissements intrinsèques et extrinsèques de ce même appendice.

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