‹ Sur Quelques Points de Physiologie Chirurgicale du Membre Inférieur: Comme Introduction à l'Étude de la CoxalgieChapitre 16 sur 19 · RÉ EE · texte numérisé non relu

RÉ EE

En 1883 Lisfranc (1), qu’on ne cite guère à ce propos, a le premier, croyons-nous, cherché pour les besoins de la médecine opératoire, à indiquer la position exacte de l'articulation.

Voici ce qu'il propose : faites partir de la région inférieure et antérieure de l’épine iliaque antéro-supérieure, une ligne de trois centimètres sept millimètres et demi de longueur. Elle descend parallèlement à l'axe de la cuisse. De sa partie moyenne part une autre ligne de un centimètre cinq millimètres détendue : elle se porte transversalement en dedans : son. extrémité interne repose sur la face antérieure et interne de la tête du fémur.

L’épine antéro-inférieure de l'os des îles étant reconnue, une ligne d'environ un centimètre cinq millimètres qui en partira et qui descendra parallèlement à l’axe du membre arrivera sur la partie supérieure de larticle, etc.

Lisfranc propose encore d’autres lignes coudées partant de l’épine du pubis ou du grand trochanter et conduisant également sur les diverses régions de la tête fémorale.

Mais ces données supplémentaires, malgré leur précision apparente n'ont pas plus de valeur en pratique. Outre que ces données millimétriques ne peuvent convenir également à tous les sujets et à tous les âges, elles

(4) Mémoire sur un nouveau procédé opératoire pour pratiquer l’amputation coxo-fémorule. Arch. gén. de méd., 1823, et Précis de médecine opératoire, T. IT, p. 876, 1846.

RE et

supposent possible, ce qui n’est pas, la détermination exacte du point de repère : épine pubienne; épine iliaque antéro-inférieure, grand trochanter, etc.

On peut dire que l'intention de ce procédé est bonnc, mais que sa mise en œuvre est à peu près 1llusoire.

La même critique s’applique à d’autres propositions analogues. Le grand trochanter est plus accessible que la tête fémorale et si son rapport avec le sommet de celleci élait constant, s’il élait toujours possible de reconnaître rigoureusement son bord supérieur à travers les parties molles, ou pourrait le prendre comme point de terminaison supérieure de l’axe crural : malheureusement ces conditions éventuelles n’existent pas.

On a.proposé, il est vrai, de reconnaître le sommet, de cette apophyse non plus directement, mais par ses rapports supposés avec d’autres saillies osseuses, par exemple l’épine iliaque antéro-supérieure et l’ischion : Dans l'état normal il se trouve au milieu d’une ligne tendue entre les deux saillies osseuses précitées.

C'est sur cette donnée qu'est fondé le procédé de Nélaton, Roser ou Bonnet (?) (nous ne voulons pas ici trancher la question de priorité). Nous l’adopterions volontiers s’il était aussi facile qu’on le dit de retrouver un point précis de la tubérosité de l’ischion chez tous les sujets : mais la pratique journalière démontre qu'on peut faire là-dessus des erreurs assez considérables. Du reste Dolbeau (1) a montré que le grand trochanter était de huit à douze millimètres au-dessous

(1) Labbé, thèse de Paris, 1863.

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