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Les procédés que nous venons d'indiquer pour mesurer la longueur d’un corps à dimensions fixes, s’appliquent aussi bien à tout autre corps à longueur variable, c’est-à-dire susceptible d’allongement et de raccourcissement. Quelques explications sont cependant nécessaires. Les termes d’allongement et de raccourcissement indiquent à la fois un fait matériel, le changement de longueur, est un fait relatif: le rapport entre la dimension primitive du corps et la dimension nouvelle qu'il acquiert.
Le fait matériel se constate par la double mensuration, le rapport s’apprécie par la comparaison des deux mensurations. Mais pour comparer, il faut partir d’un type. Des deux longueurs, l’une est le type normal, la règle, l’autre est la modification, l'accident, l'exception.
… Si le corps est capable à la fois de s’allonger et de se raccourcir, successivement et alternativement, si de plus ces changements sont limités, il y a lieu de comparer trois longueurs, Pune maæima, l’autre minima, la troisième moyenne qui seule représentera le type et alors la normale. On connaît l'importance qu’il y a à déterminer cette moyenne puisque c'est au delà et en deçà d'elle que commenceront l’allongement et le raccourcissement, puisque c’est d’après ces dimensions, en plus et en moins, qu'on pourra dire d’un corps qu’il est plus long ou plus court. En mathématique, la moyenne entre deux quantités est égale à la moitié de leur somme, en physique et en mécanique, il n’en saurait toujours être ainsi car l'addition et la soustraction de substance ne sont pas toujours égales non plus que l’extensibilité ou la
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rétractilité en sens contraire, non plus que les mobilisations ou directions contraires des pièces articulées d'un appareil. En pratique donc il faut souvent se résoudre à déterminer la moyenne susdite arbitrairement ou d’après des conventions reçues. Nous verrons bientôt l'utilité de cette remarque.
Terminons ces considérations préliminaires par une dernière réflexion. Dans le langage vulgaire, qui ne se préoccupe ni de l'exactitude ni de la rigueur scientfique, on emploie le mot d’allongementet de raccourcissement d’une manière impropre, et comme synonyme de déplacement. Journellement, par exemple, on dit que le bras s'allonge, pour saisir un corps placé, à la hauteur de l'épaule, à quelque distance : en réalité, il n’a fait que changer de position. Il était vertical le long du corps, il s'élève jusqu’à l'horizontale et voilà tout. C’est à tort également que lon dit que le membre inférieur se raccourcit alors seulement qu'il s'éloigne du sol. Il est à regretter qué physiologistes et chirurgiens ne se tiennent pas en garde contre de telles négligences de langage, et qu’ils ne se mettent pas à l’abri de la critique en ajoutant l’épithète d’apparents à ces prétendus changements de longueur qui n’en sont pas et qu’on devrait plutôt appeler déplacements de totalité.