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Mais pour apprécier les variations d’un corps, il faut connaître sa longueur normale, sa longueur au repos. C'est ainsi qu’une tige de fer s’allonge par la chaleur et se raccourci par le froid : eh bien, pour calculer ces deux longueurs variables, il faut, au préalable, avoir sa longueur normale, c'est-à-dire à une température donnée, arbitrairement choisie.
De même pour les corps élastiques. C’est assez dire que pour tous les corps il existe un état dans lequel ils ne sauraient être ni plus longs ni plus courts : c'est ce qu’on appelle la longueur moyenne.
En physique et en mécanique, les définitions restent les mêmes, mais on applique ces termes à des corps déterminés dont on connaît les dimensions, la forme, les propriétés et qui sont capables, sous certaines influences, de changer ces dimensions. Le physiologiste et le pathologiste doivent sous ce rapport procéder comme le physicien etle mécanicien, puisqu'il s’agit en somme de modifications matérielles d'ordre purement physique et mécanique, et que, si l’on fait abstraction de certaines causes, les lois qui régissent les changements de dimensions sont les mêmes pour les corps organisés et les Corps bruts. Pour ces derniers, l'allongement et le raccourcissement s'effectuent de différentes manières, suivant les propriétés qu'ils possèdent et la forme primitive qu'ils affectent. Les corps rigides, par exemple, ne peuvent devenir plus longs ou plus courts que par addition ou soustraction de molécules, gain ou perte de substance. Au contraire, les corps extensibles, élastiques, rétractiles, flexibles, peuvent faire varier leurs dimensions,
aux profits ou aux dépens de la longueur, sans changement dans la masse totale, et par le seul fait d’une répartition différente des molécules, entraînant une modification dans la forme.
En mécanique, et s’il s’agit d’un appareil composé de plusieurs pièces, l'allongement et le raccourcissement sont subordonnés non seulement aux propriétés de ces pièces, mais encore aux rapports réciproques et variables qu’elles affectent entre elles, si elles sont mobiles.
Supposez l'appareil le plus simple, soit par exemple deux tiges accolées et susceptibles de glisser parallèlement, ou deux tiges placées bout à bout et retenues par un lien extensible, ou deux tiges articulées comme dans le compas. L'allongement ou raccourcissement pourra se manifester dans ces divers appareils par suite du glissement, de la distension du lien intermédiaire, du chevauchement des pièces, enfin, des mouvements angulaires des branches du compas. En aucun de ces cas, les tiges constituantes n’ont éprouvé la moindre réduction, le moindre allongement, la plus petite modification dans leur forme, dans la répartition de leurs molécules.
Mais si ces tiges étaient élastiques, extensibles, flexibles, etc., elles pourraient subir, outre les déplacements susdits, des modifications de forme impliquant des modifications de dimensions. Leur longueur sera la résultante de ces modifications combinées.
Ce qui est vrai d’un appareil très simple l’est également des appareils les plus compliqués, l’allongement et le raccourcissement dépendent toujours et des propriétés physiques de chaque pièce et des changements de rap-
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port observables dans l’une quelconque ou la totalité de ces pièces. Toutefois, puisque ces déplacements peuvent s'exercer en sens contraire, le contact peut être nul et la longueur modifiée d'autant.
Ces notions s'appliquent à un appareil d’un nombre quelconque de pièces : sa longueur peut être modifiée par le déplacement d'une seule ou de plusieurs ou de la totalité de ces pièces. Toutefois le résultat de ces déplacements pourra être négatif si l’un d’eux amène un allongement et l’autre un raccourcissement de même étendue.
La longueur d’un corps ou d’un appareil égale nous l’avons dit la ligne droite menée de l’une à l’autre de ses extrémités. Pour les corps ayant une forme géométrique régulière, cette ligne n’est autre que l’axe de figure ou axe réel, mais pour les corps irréguliers ou pour les appareils dont les pieces ne sont pas exactement superposées, la longueur est représentée par un axe fictif qui commence et finit nécessairement aux deux autres extrémités du corps ou de l’appareil, mais peut, dans son trajet, s'éloigner de la partie centrale, ou même la croiser. L’axe fictif d’un corps courbé en arc de cercle est représenté par sa corde: un appareil composé de deux pièces réunies à angle droit a pour axe fictif l’hypothénuse. Dans un appareil à brisures multiples l’axe fictif peut couper, en un ou plusieurs points, les pièces. En pratique la mesure de l’axe fictif ou de l’axe réel est une opération des plus simples, à la condition toutefois, que le corps soit isolé et que ses extrémités, libres dans l’espace, soient accessibles et tangibles.
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Cependant si le corps est d’un certain volume il n’est pas possible de conduire directement et en ligne droite l'instrument mensurateur d’une extrémité à l’autre.
D'où la nécessité d’avoir recours à deux variétés de mensuration: directe et indirecte ou médiate.
1° La première se fait à l’aide d’une règle, d’un compas ou d’une corde allant directement d’une extrémité à autre.
2° La seconde plus compliquée consiste à mesurer soit un côté qu'on sait égal à l’axe comme dans les cylindres réguliers, soit la distance comprise entre des plans parallèles, tangents aux deux extrémités ; telle est la mensuration des pyramides, des cônes, etc.
C’est pour le dire tout de suite la variété de mensuration que nous préconiserons, pour apprécier la longueur du membre inférieur, soit à l’état normal, soit à l’état pathologique.
C’est encore à la mensuration médiate qu'il faut avoir recours dans le cas contraire, c’est-à-dire quand les extrémités sont cachées ou masquées par des corps con— tigus. On peut en effet toujours déterminer encore la situation d'après des lignes fictives qui les rencontrent, ou à l’aide de points de repères fixes, facilement accessibles, situés à distance, mais affectant entre eux des rapports connus et constants. Il est naïf d'ajouter qu'il ne faut pas confondre les extrémités d’une ligne brisée avec les sommets des brisures et nous n’énoncerions pas une proposition aussi banale si nous n'avions pas à reprocher plus tard aux chirurgiens d’avoir commis cette faute.