‹ Sur Quelques Points de Physiologie Chirurgicale du Membre Inférieur: Comme Introduction à l'Étude de la CoxalgieChapitre 8 sur 19 · RATE · texte numérisé non relu

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À la vérité, ils allèguent pour excuse la facilité avec laquelle on trouve la malléole et la difficulté éprouvée à découvrir sur le vivant l'extrémité supérieure du fémur enfoncé dans le cotyle et masquée par des parties molles épaisses. Mais ces motifs, plus ou moins valables, n’empêcheront pas le procédé d’être aussi défectueux que possible et de pécher surtout par insuffisance puisqu'il nous laisse ignorer certains changements fort importants dans la longueur totale du membre et dans d’autres cas nous ferait croire à un changement qui n'existe pas.

Essayons de justifier nos critiques à l’aide de quelques exemples.

La possibilité d’un accroissement ou d’une diminution constitue le caractère essentiel d’une moyenne. Or, la ligne péronéo-iliaque, dans le décubitus et dans la station verticale, ne représente qu'un maximum puisqu'elle ne saurait subir un allongement.

Toute diminution d’une moyenne implique un raccourcissement, or, on ne peut diminuer la ligne péronéoiliaque en portant la cuisse dans l’abduction ou la flexion : dans ces cas cependant, la longueur réelle du membre n'a subi aucune réduction.

Enfin, le procédé que nous incriminons supprime toute une portion du membre qui, cependant, concourt d'une manière très efficace à l’allongementetau raccourcissement fonctionnel de ce membre. Nous voulons parler du pied tout entier. Le mensuration péronéoillaque laisse absolument de côté le changement de longueur dû au mouvement du tarse sur la jambe et des orteils sur le métatarse.

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On s’expliquerait difficilement cette négligence si l’on ne se rappelait que le procédé susdit et d’autres analogues ont été imaginés, non par des physiologistes soucieux de déterminer les dimensions normales du membre, mais par des chirurgiens préoccupés de reconnaître les variations pathologiques et celles surtout qui ont leur siège dans l'articulation coxo-fémorale ou dans le fémur.

Ces quelques exemples suffisent pour montrer qu’il faut d’autres bases pour mesurer la moyenne physiologique.

La difficulté réside uniquement dans la détermination des extrémités, car celles-ci une fois connues et leur position fixée, 1l ne reste plus qu’à les réunir par une ligne droite et à mesurer cette dernière.

Or, supposons un instant le membre inférieur détaché du bassin, il figure dans les deux attitudes que nous considérions comme moyenne, une tige coudée, à angle droit, au niveau de l'articulation tibio-tarsienne, une équerre à branches inégales, mais rectiligne, dont une extrémité à la partie la plus élevée du fémur et l'autre au bout libre du gros orteil. L’axe de cette fignre, qu’on pourrait appeler axe crural, est constitué par l’hypothénuse de l’angle rectangle. Cet axe est fictif, 1l est vrai, puisqu'il ne passe pas par le centre de figure des segments, mais il ne sert pas moins à apprécier justement leurs positions respectives. En l’adoptant d’ailleurs, nous üusons d’une licence familière aux anatomistes qui, par exemple, assisnent pour axe au fémur non pas la ligne coudée passant par le centre du corps et du col, mais

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bien une ligne droite allant du sommet et de la tête au milieu de l’espace.

Du reste, il représente néanmoins exactement la moyenne physiologique cherchée, c’est-à-dire la ongueur capable d’allongement et de raccourcissement dans l'exercice fonctionnel du membre. Mais si la difficulté est levée théoriquement, elle ne l’est pas pratiquement. En effet, si l'extrémité correspondant au bout du gros orteil est parfaitement accessible chez tous les sujets dans toutes les situations, il n’est pas de même de la partie supérieure du fémur, inabordable sur le vivant à la mensuration. Il est vrai que le problème n'est pas insoluble, et les géomètres savent fort bien déterminer la position exacte d’un point situé hors de leur atteinte. Pour cela, ils prennent d’autres points fixes, connus et de leurs rapports avec le point cherché, ïls déduisent la situation de ce dernier. Malheureusement pour le grand trochanter, les rapports avec la ligne menée de lépine iaque antéro-supérieure varient, suivant les sujets et les âges, aussi proposons-nous, avec le professeur Verneuil, le procédé suivant. Le sujet est dans le décubitus dorsal horizontal, situation dans laquelle l’épine iliaque est en position moyenne, par rapport à ses mouvements dans le sens antéro-postérieur bien entendu : le talon repose sur un plan rigide tel qu’une planchette ou un livre. L’axe longitudinal du pied est disposé verticalement. Cette dernière condition, pour être bien remplie par une tige articulée (car le pied, avec ses articulations, métatarso-phalangiennes et phalango-phalanginiennes en a toutes les propriétés) demande à ce que la plante

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du pied soit appliquéé contre une planchette verticale, c’est-à-dire perpendiculaire à la première. Tout étant ainsi disposé, rien de plus simple que de conduire un ruban métrique d'une épine iliaque antéro-supérieure à l'extrémité du gros orteil correspondant.

On a ainsi la longueur physiologique moyenne du membre inférieur.

Nous verrons plus loin que ce procédé n’est utile que lorsqu'on voudra connaître la longueur physiologique du membre inférieur en elle-même ou comparativement à un autre sujet, et nous décrirons. un autre procédé de mensuration comparative des deux membres inférieurs d’un même sujet.

$ II. — Longueur anatomique du membre inférieur.

Son appréciation, malheureusement, est loin d’être aussi rigoureuse parce que nous l'avons déjà montré, l'extrémité supérieure du fémur n’est pas tangible, et le bord supérieur du grand trochanter, extrémité supérieure conventionnelle, se sent difficilement sous les épaisses parties molles qui la recouvrent. Néanmoins, le sujet étant disposé de la même façon que ci-dessus, après avoir indiqué autant que faire se peut, à l’aide de son bord supérieur, la situation du grand trochanter, on mesure la distance comprise entre ce point et la planchette verticale plantaire. Sile membre était fléchi, il faudrait mesurer chaque segment séparément et faire la somme de ces différentes fractions pour avoir la longueur cherchée.

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$ III. — Longueur réelle du membre inférieur.

Cette longueur se mesure d’une façon à peu près identique, seulement, l’index, au lieu d’être tracé au niveau du grand trochanter, le sera sur la crête iliaque, directement au-dessus de lui. Le ruban métrique sera conduit de ce point à la planchette plantaire.

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