INTRODUCTION
Les dérivés de l'acide barbiturique ont été introduits dans la thérapeutique, peu de temps après le travail de Fischer et de von Mering (1) concernant la condensation de l’urée avec l’éther malonique et la formation du noyau barbiturique lui-même. Depuis cette date, la liste des composés appartenant à cette série d'hypnotiques n’a pas cessé de s’accroître.
Ils ont pris une place importante dans notre thérapeutique et ils sont devenus l’objet de recherches, de la part des chimistes.
Dans une publication faite en 1922 (2), M. Fabre signale « l'intérêt que présentent, au point de vue pharmaceu-
(1) Fiscuer et Von Merinc. Sur une nouvelle classe d’hypnotiques. Therapie der Gegenwart, fasc. 3, 1903.
(2) Fasre. Journal de pharmacie et chimie, 1922, p. 241. GUILLOU fl
BUGS
« tique et au point de vue toxicologique, les réactions per- « mettant l’identification du véronal ».
M. abre indique ensuite les réactions qui ont été proposées pour cette caractérisation (réaction de Jorissen, de Tagliarini et de Van Italie) et il ajoute lui-même le résultat de ses travaux sur la combinaison des dérivés barbituriques avec le xanthydrol.
Mais dans cette dernière réaction, le précipité obtenu est en partie soluble au sein du liquide qui sert à sa formation et cette réaction ne se prête pas à un dosage du barbiturique.
M. Fleury étudie ensuite (1) la précipitation des acides dialcoyl-barbituriques, par le sulfate mercurique et par le bichlorure de mercure. Il note la façon différente de se comporter, vis-à-vis de ces deux réactifs, des acides barbituriques à radical allylé et des acides barbituriques à radical saturé. La précipitation par le sulfate mercurique est une réaction générale des acides dialcoyl-barbituriques, mais d’une sensibilité très variable. Quant à la précipitation par le bichlorure de mercure, elle est spécifique des dérivés allylés, mais le mécanisme de cette réaction n’a pas été étudié et la précipitation ne peut être considérée comme quantitative que pour les dérivés diallylés.
En somme, toutes ces réactions ne peuvent pas s’appliquer utilement à l’analyse quantitative des dérivés barbituriques et comme le signale M. Isnard (2) nous ne pouvons songer à faire une analyse quantitative des composés bar-
(1) Foeuryr, J. P. GC; 1925, t Il, p- 465.
(2) Isnarn. J. P. G., t. XXIX, p. 272.
re
bituriques, que pour chaque composé pris isolément. Ce dosage pouvant être effectué alors par un ütrage alcalimétrique, en présence de phénol-phtaléine.
Mais dans cette même communication « Sur l'examen de pureté du dial », M. Isnard nous fait part d’un essai de détermination de l'indice d’iode, qu’il a fait sur la diallylmalonylurée.
En effet, l'existence de deux doubles liaisons dans la molécule du dial, lui a permis de faire un essai de dosage de cet acide barbiturique en établissant un rapport entre l’indice d’iode trouvé à partir du corps pur et l'indice d'iode théorique. Mais M. Isnard n’a pas cherché à isoler le corps qui prend naissance dans cette fixation de l’iode’ par le dial et il n’en a pas donné la composition.
Il nous a paru intéressant alors (1), de chercher comment réagissent, d’une façon plus générale, les composés barbituriques vis-à-vis de l’iode et vis-à-vis du brome.
Nous avons fait agir l’iode et le brome en présence de bicarbonate de potassium sur les différents composés barbituriques :
1° Sur l'acide barbiturique lui-même. En suivant l’ordre logique de la complication successive des chaînes latérales.
2° Nous sommes passé ensuite à l'étude des dérivés à chaînes latérales acycliques :
a) À carbones saturés depuis la chaîne la plus simple (méthyl) jusqu’à la chaîne assez longue (heptyl).
Pour cette première série de dérivés barbituriques, l’iode
(1) Bouçauzr et Guizcou, C. R., t. CXCIIT, n° 12 (21 septembre 1931), p. 463.
UE
et le brome, en milieu alcalin, réagissent probablement de la même façon, mais tandis qu’en faisant réagir le brome nous avons pu soustraire du champ de la réaction, des composés cristallisés bien définis, avec l’iode, les produits d’abord précipités n’ont pas pu être isolés.
b) En faisant réagir, d’une part, l’iode et, d’autre part, le brome, sur les solutions alcalines de dérivés portant une ou deux chaînes latérales acycliques allylées, nous avons obtenu à partir de l’acide allyl-isopropyl-barbiturique et de l’acide diallyl-barbiturique des corps iodés, parfaitement cristallisés, de propriétés en tous points comparables à celles des lactones iodées.
L’absorption de liode dans une réaction fournissant ainsi des corps cristallisés de composition connue, peut être déterminée quantitativement. Cette détermination peut donner lieu alors à un dosage du dérivé barbiturique.
Avec le brome, nous verrons que cette fixation est différente. Nous avons pu isoler de cette réaction un composé cristallisé dont la constitution nous a paru devoir être rapprochée de celle d’une lactone bromée.
3° Pour compléter cette étude, nous avons cherché la façon dont se comportent, vis-à-vis de l’iode et vis-à-vis du brome, les dérivés barbituriques à chaînes latérales cycliques, l'acide phényl-barbiturique et l’acide eyclohexyléthyl-barbiturique se comportent différemment vis-à-vis de ces deux réactifs.
Tandis qu'avec la phényl-malonylurée l'iode et le brome nous donnent des réactions en tous points semblables à celles que nous avons notées chez les dérivés barbituriques à chaînes latérales acycliques et à carbones saturés, l'acide
cyclohexyléthyl-barbiturique, qui possède une double liaison en position By dans la chaîne fermée, nous fournit avec le brome et avec l’iode des composés fort intéressants et que nous pourrons rapprocher de ceux que nous ont fournis l'allylisopropyl et la diallyl-malonylurée.
Comme application de ces différentes réactions nous avons pu déterminer, comme nous l’avons déjà noté, pour les dérivés à chaînes latérales allylées, des modes de dosage par l'iode, très précis. D’où le plan suivant, de notre travail.