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des moyens qui entravent la fécondation, la grossesse, l’accouchement. Il lui arrive même d’être infanticide.
Enfin l'instinct social qui pousserait l’homme à être bon à l’homme, est d’acquisition trop récente pour ne pas être très imparfait et n’être pas façonné tout entier d’hypocrisie.
Au total, la nature humaine ainsi envisagée, ferait songer à la légende de Prométhée, qui pour former nos ancêtres habitant maintenant la terre, pétrit l’argile comme font les potiers. Voulant tout de suite assurer à l’humanité l’avantage du nombre, il modela séparément toutes les parties qui devaient composer les corps, aussi bien mâles que femelles. Il fit autant d’organes qu’il était nécessaire et même tailla des peaux, se réservant de mettre en chacun comme en un sac, les choses nécessaires. Toutes ces pièces achevées, Prométhée fut invité à souper chez Bacchus. II but beaucoup, et c’est le cerveau obseurei par les fumées du vin, qu’il regagna son atelier et continua son travail, distribuant, pour notre malheur, aux uns ce qui convenait aux autres.
Mais fort heureusement, beaucoup de ces désharmonies peuvent être effacées par la médecine et par la chirurgie et l’homme pourrait vivre heureux s’il ne persistait, une des harmonies irréductible jusqu’alors : celle de la persistance de l’instinct de la conservation quand apparaît la mort.
Or cette désharmonie domine et accable l’humanité enuère; elle trouble ses pensées, ses rêves et sa joie de vivre. On en trouve l’écho chez tous les penseurs.
Auguste Comte laisse échapper cet aveu mélancolique € que la mort domine tous les vivants »; Taine dit « qu’en vain nous la chassons de notre esprit comme un hôte disproportionné et déplaisant »; ‘Guy de Maupassant avoue « qu’on se sent écrasé par l’éternelle misère de tout ».
En vain les esprits essayent de se réfugier dans la religion qui leur promet la survivance de l’âme et un séjour dans des lieux de délices : au moment de la mort ils se sentent envahis par les doutes les plus poignants et l’instinct de la conservation s'exprime en des paroles de regrets ou de dé-
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sespoir. D’autres vont à la philosophie, qui leur apprend la résignation, mais ils n’en sont pas moins inquiets et troublés à l'approche de la mort. Il convenait donc de trouver un remède à ces souffrances et à ces douleurs. Avec Metchnikoff la Macrobiotique complétée de la Gérontologie et de la Thanatologie, est capable d’apporter à ce problème une solution suffisante,
Qu’enseigne la Thanatologie ? Elle montre que la frayeur de la mort disparaît complètement à un âge très avancé; que l’instinct de la conservation n’est pas toujours le même aux différentes époques de la vie; qu’il est léger chez l’enfant et chez l’adolescent, qu’il devient très vif chez l’adulte et le vieillard et qu’il est nul dans l’extrême vieillesse. A sa place prend naissance un besoin nouveau, le besoin de mourir.
Les observations cliniques sur lesquelles cette opinion est appuyée, sont très réelles puisqu'elles sont prélevées dans la Bible et qu’il s’agit des Patriarches.
« Tout le temps que vécut Abraham fut cent soixantequinze ans. Abraham, donc, ayant perdu ses forces, mourut dans une heureuse vieillesse, étant fort âgé et rassasié des jours. (Genèse, xxV, 7, 8.)
» Et le temps que vécut Isaac fut cent quatre-vingts ans. Ainsi Isaac mourut âgé et rassasié de jours.
» Job vécut cent quarante ans, vit ses fils et les fils de ses fils jusqu’à la quatrième génération. Puis il mourut âgé et rassasié le jours.
» Moïse, quand il mourut, sa vigueur n’était point passée.»
Les confidences des centenaires, recueillies en ces dernières années, montrent également qu’à leur âge on souhaite la mort au même titre qu’on souhaite Le sommeil quand on a besoin de dormir. ;
Ainsi serait démontrée l’existence d’une mort naturelle qui devrait être notre partage à tous si on savait vaincre les obstacles de la vieillesse, ce qui est l’objet de la gérontologie.
Qu’enseigne la Gérontologie ? Elle analyse anatomo-pa-
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thologiquement les tissus des vieillards et elle trouve que les éléments parenchymateux, qui sont les cellules nobles de l'organisme, disparaissent, remplacés par du tissu conjonctif ou éléments indifférenciés ; c’est la sclérose, Ces phénomènes se produisent au cours d’une véritable lutte où les cellules nobles devenues trop faibles, sont victimes de la voracité de cellules jeunes appelées phagocytes macrophages, cellules qui d’habitude jouent un rôle précieux dans la défense de l’organisme, Si la sénilité est donc contenue dans ces observations, il fallait essayer d’ôter à de telles cellules la possibilité d'exécuter leurs méfaits, Aussi Metchnikoff a-t-il voulu appliquer un sérum capable de détruire les macrophages; ce sérum n’agissant pas d’une façon suffisamment élective, n’a pas donné les résultats espérés. On pouvait également augmenter la résistance des éléments nobles à cette attaque, car on replaçait ainsi l’organisme dans les conditions de la jeunesse où ces éléments, toujours exposés aux appétits voraces des macrophages, savent leur résister et ne se laissent pas entamer. Mais il est facile d’imaginer les difficultés à trouver des séries de sérums destinés à fortifier le foie, le rein ou le cerceau !
Une troisième méthode s’offrait donc : c’était celle de rechercher les agents qui diminuaient ainsi la résistivité cellulaire et de les combattre par des moyens appropriés. Ici les faits devenaient plus palpables et plus riches en déductions pratiques. En effet, l’analogie de la dégénérescence sénile avec les maladies atrophiques de nos organes importants permet de supposer la similitude des causes qui provoquent ces deux séries de phénomènes, La sclérose du cerveau, des reins et du foie a souvent pour origine l’intoxication par des poisons tels que l’alcool, le plomb, le mercure, etc.; les virus de certaines maladies et tout particulièrement de la syphilis, semblent jouer le même rôle, Il y a donc là de nombreux facteurs de vieillesse et de sénilité contre lesquels la science est capable de vous défendre, remplissant ainsi la double tâche de vous guérir sur-le-
champ de manifestations pathologiques et, d’autre part, de supprimer un agent puissant de la vieillesse.
Mais pour expliquer la sclérose des éléments nobles dans des cas où il n’y a ni syphilis, ni alcoolisme, ni aucune autre cause déterminée, il est nécessaire d’invoquer l’empoisonnement de l’organisme par la masse innombrable de microbes qui pullulent dans notre tube digestif.
Ces microbes qui sont peu nombreux dans l'intestin grêle, se rassemblent en grande quantité dans le gros intestin où s’accumulent les déchets de la nourriture. Milieu d'élection pour leur multiplication, la tierce partie des déjections humaines est constituée par la flore microbienne. Celle-ci est très variée et contient beaucoup d’espèces parmi lesquelles on rencontre des bacilles, des cocci et certaines espèces encore non suffisamment déterminées. Là, ces hôtes qui s’attaquent aux substances non utilisées par l’organisme ou aux produits d’hydrolyse de la digestion : glycose, albumoses, etc., se conduisent plutôt en des consommateurs de produits digérés qu’en collaborateurs. Bien plus, ils sont le plus souvent fort nuisibles, car ils président aux phénomènes de la putréfaction. Ils sont les auteurs des produits de la putréfaction des protéiques : l’ammoniaque, l’acide sulfhydrique, l’acide carbonique, l’hydrogène, des phénols (phénol ordinaire, paracrésol), des acides oxyaromatiques, de l’indol, du scatol et enfin de nombreux autres corps encore inconnus et notamment des corps toxiques. L’intoxication intestinale est alors bien explicable. Pour l’éviter, il suffit de modifier le milieu de pullulation de ces microbes en y développant des acides de fermentation qui sont le résultat de l’action de certains ferments des bacilles lactiques sur des sucres. Ainsi, en absorbant des aliments riches en sucre et surtout en bacilles lactiques, on modifie la flore intestinale nuisible : c’est la domestication des microbes intestinaux. Les aliments qui remplissent le mieux ces conditions, sont les laits aigris : laït caïllé, petit lait, le babeurre, yohourth. Dans leur usage se trouve le plus sûr moyen de
prolonger nos jours.
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Ces considérations, fruit de l’analyse chimique et de l'examen bactériologique, sont du reste, confirmées par l’observation d’un grand nombre de faits. Dans les régimes auxquels se sont soumis beaucoup de centenaires, on remarque que leur nourriture habituelle était composée de fromages, de lait aigri de chèvre ou de vache, qui sont très riches en ferments lactiques. Les résultats des tentatives opératoires qui consistent à enlever le colon tout entier, montre que la santé de l’opéré non seulement n’est pas altérée, mais qu’elle en est grandement accrue. Si on compare ethnologiquement la longévité chez les peuples en rapport avec leur alimentation, on la trouve à l’avantage de ceux qui usent de laits aigris. Enfin, dans la série zoologique on pourrait dire que ce sont les animaux qui ont la flore intestinale la moins toxique qui présentent le moins les signes de la sénilité.
Il y aurait donc là un moyen sûr d’éviter la vieillesse et de parcourir la durée nécessaire pour que l'instinct de la conservation s’éteigne en nous et que nous ressentions la mort comme un besoin de sommeil. ;
Toutefois on se tromperait si on voulait mesurer la valeur de ces méthodes à leurs résultats immédiats et pratiques. Malgré ces belles apparences, le problème ne semble pas résolu, mais du moins ainsi conçu, il prend une signification autrement grande. En voulant nous délivrer de la maladie, de la vieillesse et de la mort, sources de tous nos maux, ces théories pénètrent dans le domaine moral et métaphysique où elles remplaceraient les systèmes religieux et philosophiques qui n’ont pas su apporter à ces souffrances les remèdes nécessaires.
Elles deviennent le fondement d’une morale dont l’unique but est, avec le seul concours de la science, de redresser toutes les désharmonies énumérées pour les transformer en un univers harmonieux d’où seraient exilées les souffrances humaines. |
Cette morale, au service de laquelle tous les hommes devraient se mettre, s'appelle l’Orthobiose.