‹ Sur un cas d'amyotrophie diffuse: Consécutive à une commotion par éclatement d'obusChapitre 15 sur 32 · OBSERVATION V · texte numérisé non relu

OBSERVATION V

Encore une observation de Léri devant lequel un sujet se présente avec l'aspect d'une paralysie radiculaire supérieure du plexus brachial gauche ; on apprend:que, il y a 18 mois, brusquement le matin au réveil, il n'a pu mouvoir son bras. A l'examen, on se rend compte que le plexus brachial supérieur n'est ni complètement, ni seul atteint, que la paralysie frappe d’autres muscles du membre supérieur gauche, et qu'elle s'accompagne d’une amyotrophie atteignant quatre centimètres. De ‘plus, certains muscles du côté droit sont également parésiés et atrophiés, les sus et sous-épineux, sterno-mastoïdien, masséter, et l’on constate une réaction de dégénérescence partielle dans les muscles périscapulaires droits. Enfin l’'amyotrophie porte également en partie sur les membres inférieurs, surtout à droite. Les réflexes des deux membres supérieurs sont abolis ainsi que l'achilléen droit. Par un interrogatoire serré, on apprend que, quinze jours avant'le début des troubles, un obus est tombé, à environ cinq mètres devant le sujet et l’a renversé ; il n'a pas perdu connaissance, s’est relevé de lui-même, et a continué son service sans rien ressentir d'anormal pendant les deux semaines suivantes.

OBSERVATION VI Autre observation, encore de Léri, où la relation

de cause à effet paraît moins évidente : :

Un soldat de 28 ans se trouvait à la porte d'un abri; un obus tomba sur l'abri et l'effondra..Le soldat fut, pour ainsi

dire, attiré et projeté au fond de l'abri. Il perdit connaissance. I revint à lui quelques instants après et continua son service. Plusieurs jours après, il fut évacué pour angine.

Trois à quatre semaines seulement après l'explosion, un matin en se levant, il sentit brusquement ses membres inférieurs raides et incapables de le soutenir ; il fut obligé de se recoucher. Pendant un mois, il eut les jambes rigides et inertes, même au lit ; elles étaient encore un peu raides quand il se releva; plus tard, elles devinrent molles, flasques et fléchissaient sous lui. Six mois après environ, on constate : abolition complète de la sensibilité, atrophie musculaire généralisée, syndrôme myélopathique lombaire avec faiblesse des jambes. Six mois plus tard encore, on ne constate plus qu’à peine un peu de faiblesse des membres inférieurs, sans amyotrophie, sans trouble réflexe ou sensitif.

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