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rent « commotionnés » avec excitation ou affaissement et dépression.
L'évolution ultérieure a parfois été en désaccord
avec la gravité apparente de l’état commotionnel. Tel animal profondément affaissé, les pupilles contractées, demeurant aplati sur le sol et ne cherchant pas à remuer ses pattes lorsqu'on les étend, se remit peu à peu et parut le lendemain aussi alerte que ses congénères, tandis que mourait au bout de 24 heures un sujet qui semblait n'avoir que peu souffert. © 3 lapins succombèrent 5 minutes, une demi-heure et 24 heures après l'expérience ; les autres parurent se remettre complètement, et dès le lendemain, ne présentaient aucune différence avec les. animaux normaux.
Au commencement de 1918, le professeur Marinesco a entrepris également quelques expériences sur cette question des lésions commotionnelles en choisissant le chien comme animal d'expérience. Les animaux ont été soumis à l’action des explosifs, soit dans des tranchées ayant une profondeur de 1" 65, soit dans un abri souterrain ayant une profondeur de 2" 14 et une longueur de 6" 10. La distance de l’explosif était de 160.
Chez un chien qui était dans la tranchée, on a observé des hémorragies nasales et buccales. Les chiens placés dans l'abri ont présenté des troubles assez graves. La respiration était difficile, les animaux marchaient avec difficulté et présentaient une
dépression manifeste.
Lésions observées
Nous ne voulons pas insister sur les lésions viscérales observées par les expérimentateurs, particulièrement au niveau des poumons et des reins.
Les lésions le plus constamment observées ont été: des hémorragies microscopiques. Mairet et Durante les ont signalées au niveau de la partie flottante des racines rachidiennes et à la surface de la moelle. Ces hémorragies, plus ou moins considérables, occupent le tissu interstitiel qui sépare les faisceaux nerveux. Elles intéressent, soit les racines antérieures, soit les postérieures, mais toujours dans leur portion libre, flottante. Les vaisseaux de la substance grise corticale sont également très fréquemment intéressés, les vaisseaux rayonnants des cordons médullaires, les vaisseaux juxtaépendymaires, ceux des cornes antérieures sont moins souvent touchés. Les ganglions ont paru sains.
Marinesco a trouvé des hémorragies analogues. Pour lui, c’est surtout dans la moelle dorsale que ces hémorragies sont nombreuses. Il a pu trouver jusqu’à dix, et même davantage, petits foyers disséminés dans la substance grise antérieure et moyenne. Ils sont assez rares dans la corne postérieure.
Alors que Mairet et Durante ont observé des foyers hémorragiques dans la partie flottante des racines, Marinesco en a signalé sur tout le trajet intramédullaire des racines antérieures. Dans le tissu cellulaire épidural, il signale des épanchements sanguins se
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prolongeant jusqu’à la capsule des ganglions spinaux. À la surface des racines postérieures et entre les faisceaux de ces dernières, il a trouvé des hémorragies abondantes qui font complètement défaut à l'intérieur des ganglions.
Pour expliquer la topographie de ces hémorragies, Mairet et Durante se basent sur les dispositions anatomiques de ces points Spéciaux où se produisent ces hémorragies. Les racines faisant le pont entre la moelle et le rachis sont essentiellement mal soutenues ; 1l en est de même des vaisseaux rampant à la surface de la moelle. Dans la substance grise cérébrale, les vaisseaux cheminent dans une gaine lymphatique et leurs parois, isolées en quelque sorte par cette double enveloppe liquide, ne sont pas soutenues, comme dans les autres organes, par un contact immédiat avec les tissus voisins. On retrouve la même gaine lymphatique ou un tissu conjonctif très lâche autour des vaisseaux en arrière de l’épendyme.
Ce seraient donc les vaisseaux en rapport avec une cavité ne leur offrant pas d'appui, les vaisseaux
mal soutenus, qui seraient particulièrement intéressés dans la commotion. ù
On retrouve cette même disposition au niveau du poumon, et il est superflu d'insister sur le peu de soutien que possèdent les capillaires pulmonaires séparés par leur seul endothélium de la cavité
aérienne.
.Un autre caractère de ces petites hémorragies
parenchymateuses est d'être limitées, d’avoir peu ou
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pas de tendance à diffuser dans le voisinage (sauf dans la pie mère), ce qui les distingue de l'ecchymose traumatique. Produites subitement, elles semblent s'être arrêtées de même avant qu intervienne l’hémostase par coagulation, peut-être par le fait de la constriction vasculaire succédant au choc vibratoire.
Enfin, elles ne s’accompagnent pas d’attrition des tissus adjacents. C’est une rupture vasculaire pure et non pas, comme dans la contusion, une rupture vasculaire résultant de l’écrasement ou de la déchirure des tissus voisins.
Les lésions des éléments nerveux proprement dit se sont montrées moins constantes. Mairet et Durante ont signalé que les cellules leur avaient paru normales, tandis que Mott, qui a pu faire l’autopsie de deux commotionnés morts tous deux au bout de quelques heures après l'accident, avait noté une chromatolyse des cellules nerveuses généralisée, atteignant les grands éléments et frappant les petits à un degré très accusé. Marinesco note que les cellules des ganglions spinaux sont normales. Mais, par contre, les cellules nerveuses englobées dans les foyers hémorragiques seraient touchées. On voit à leur surface des globules rouges agoelutinés ; leur volume peut-être diminué et, confirmant les résultats de Mott, la substance chromatophile serait en dissolution ; les dendrites sont peu visibles, les neurofibrilles épaissies.
Dans un travail publié quelques mois avant la guerre, Lhermitte avait relaté dans une observation expérimentale de commotion spinale, des altérations