‹ Sur Un Cas D'Appendicite ChroniqueChapitre 10 sur 32 · CHAPITRE TI · texte numérisé non relu

CHAPITRE TI

Anatomie pathologique.

L'examen histologique des cas de pseudo-myxomes appendiculaires témoigne de la nature inflammatoire de cette affection. Les masses gélatineuses que l’on rencontre aussi bien dans la lumière de l'appendice que dans le péritoine présentent les caractères de la mucine, se coagulant en fins filaments sous l'action du formol et donnant à l'hématoxyline et à la thionine les réactions caractéristiques de cette substance.

Au milieu de cet amas muqueux, on ne renconfre, pour ainsi dire, pas de cellules et celle constatation permet de distinguer les pseudo-myxomes des myxomes vrais formés aux dépens de {issus muqueux analogues à ceux de la gélatine de Wharton, On trouve cependant isolés quelques lymphocytes et aussi un assez grand nombre de cellules à noyau excentrique et vivement coloré.

L'absence de microbes est à noter.

Elle explique la bénignité de l'issue des matières muqueuses dans le péritoine. Les altérations du péritoine sont remarquables.

Elles sont caractérisées macroscopiquement par la formation d'adhérences qui s'organisent. A l'examen histologique, on constale que cette séreuse a perdu sa structure conjonctivo-adipeuse normale et à donné naissance à un tissu fibreux parsemé d'ilots lymphocytaires.

La surface du périloine est occupée par des villosités plus ou moins fines et ramifiées, pourvues d'un revêtement endothélial plus ou moins altéré.

Ce révêtement peut dégénérer au niveau des masses muqueuses et donner naissance à des cellules cubiques et même cylindriques. Le stroma est formé par du tissu conjonctif jeune à cellules rondes, éloilées, fusiformes et parfois même par de grosses cellules plasmodiales. Les masses muqueuses s’insinuent jusque dans les lacunes conjonctivales pour former des amas à structure rayonnée.

C'est là, en somme, l'indice d’une réaction atténuée du péritoine.

L'appendice est plus intéressant parce qu'il est, dans tous les cas qui nous occupent, toujours pathologique. Ses lésions sont d’ailleurs très variables. Le plus souvent, on constate macroscopiquement l'existence d'un épaississement interstitiel manifeste, la paroi atteignant jusqu'à 6 à 7 millimètres d'épaisseur.

L'appendice lui-même est malade : sa lumière est obstruée soit par la présence de calculs stercoraux, soit par une bride occasionnant une coudure, soit plus souventencore, par alrophie et sclérose de ses parois, ou bien, au contraire, par épaississement de sa muqueuse et de sa sous muqueuse. C'est là le type de l’appendicile oblitérante de Le Dentu.

L'existence d'une perforalion appendiculaire est constatée dans la majorité des observations. Dans notre cas, elle est parfaitement nelte. Dans le prewier cas de Chavannaz, au contraire, on ne peut la retrouver. [l semble cependant qu'elle soit nécessaire pour expliquer le passage des masses muqueuses de la lumière de l'appendice à l'extérieur.

[l'est à remarquer, d'ailleurs, que l’orifice de cette perforation peut se refermer, mais il faut pour cela que la sécrélion muqueuse se tarisse, ce qui semble demander un laps de temps assez long.

L'examen histologique des appendices ayant donné naissance à des pseudo-myxomes montre une hyperplasie du revêtement muqueux et glandulaire. C’est là une lésion caractéristique qui frappe à première inspection et donne au champ microscopique l'aspect d'un véritable adénome avec végétalions polypiformes.

Les cellules caliciformes sont augmentées de nombre. Enfin la sous-muqueuse est aussi transformée par l’envahissement de cellules géantes plasmodiales, polymorphes et multinuclées,

ER

La musculeuse est Le plus souvent atrophiée et a subi la dégénérescence fibreuse, parfois même calcaire, comme dans le cas

de de Lostalot.

Ceci nous explique la fragilité de ces appendices et la facilité avec laquelle ils se rompent sous la pression du mucus hypersécrété.

Enfin, autour des vaisseaux et des lymphatiques, on note, comme dans la plupart des appendicites chroniques, des ilots

inflammatoires.

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