CHAPITRE HI
Pathogénie.
Grâce à ces données anatomiques et histologiques, où comprend aisément le mécanisme de la formation des pseudo-myxo- , mes appendiculaires ainsi que leurs variétés anatothiques apparentes. '
Le premier fait qui paraît dominer, c'est l'oblitération de l'appendice. Ses causes en sont extrêmement variables. Qu’elles soient pariétales, qu'elles soient extra ou intra-appeñdiculaires, le résultat produit est le même : c’est l'obstacle apporté dans l'écoulement du mucus de l'appendice vers le cæcum. Par suite, il se produit une dilatation rétrograde qui DIRES a la rupture d'un appendice déjà malade. “
En second lieu, le revètement muqueux de l'appendice s'hypertrophie. Les cellules caliciformes se multiplient et les masses muqueuses s'accumulent dans la lumière de l'appendice. Comment expliquer leur précipitation sous la forme dé nodules blanchâtres analogues au frai de grenouille ? |
Voici l'explication qu'en donne M. le professeur Sabrazès qui
en à fait une étude approfondie dans le Bulletin de la Société de biologie (novembre 1911) :
Les muqueuses intestinale et appendiculaire sécréleraient, d'après Roger, un ferment appelé mucinase qui aurait pour propriété de précipiter la mucine. À l'état normal, ce fermentest neutralisé par un autre produit anticoagulant renfermé dans la bile. L'oblitération de l'appendice entrave l'action de ce dernier produit sur le mucus, de là précipitation et morcellement sous. l'influence des contractions intestinales.
La rupture de l’appendice, dont il est difficile de contester la nécessilé, peut se produire suivant des modalités excessivement
variables Rarement brusque, comme dans l’appendicite gangré: Pelit 2
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neuse, elle est due à l'éclatement de la paroi au niveau d'un point aminci ou bien d'un kyste muqueux de l'appendice. Cette rupture peut être plus ou moins étendue. Large ou étroite, au fond d’un diverticule, chez la malade de Cramer, elle laissait à peine passer une soie. Dans le cas de Wilfrid Trotter, elle fut telle qu'on ne put découvrir l'appendice. Dans les cas où elle semble manquer, il est permis de penser qu'elle pourrait se cicatriser après évacuation du contenu appendiculaire et sous la réserve que l'appendice s'assèche, se rétracte et ne se distende pas à nouveau.
La stérilité du contenu appendiculaire explique l'absence de réactions péritonéales aiguës. La réaction du péritoine peut être ou bien nulle, ou bien circonscrite. Jointe aux matières muqueuses, elle donne naissance à une néoformation.qui constitue le pseudo-myxome. Aschoff a prétendu que l'épithélium de l'appendice rupturé pouvait venie se greffer sur le péritoine voisin et donner naissance à des métastases d'implantalion dont il prétend avoir trouvé des figures sur le mésentère. Dans ce cas, la pathogénie du pseudo-myxome appendiculaire serait analogue à celle du pseudo-myxome ovarien. [l nous semble difficile d'admettre ce caractère néoplasique à la première de ces affections, ce qui la différencie ainsi d'ailleurs de la périlonile gélatineuse ovarienne.
Pour terminer ce chapitre, nous remarquerons que toutes ces données pathogéniques, qui découlent aisément de la lecture des observations que nous rapportons plus loin, ne nous semblent pas applicables au cas particulier, objet de cet ouvrage.
Elles ne peuvent expliquer en effet l'existence dans la paroi appendiculaire, à l'union du tiers supérieur et de ses deux tiers inférieurs, de cet orifice bien arrondi, bien net, débouchant dans une poche à paroi régulière et consistante. Il n'y a là aucun caraclère rappelant une rupture de l’appendice, une effraction de la paroi de cet organe et une réaction inflammatoire de défense.
: On.en est réduit à la seule hypothèse d'un diverticule appendiculaire.