‹ Sur un Cas d'Encéphalite Épidémique avec HémiplégieChapitre 3 sur 4 · TIERS SUPÉRIEUR DE LA FRONTALE ASCENDANTE GAUCHE · texte numérisé non relu

TIERS SUPÉRIEUR DE LA FRONTALE ASCENDANTE GAUCHE

Augmentation légère du nombre et du calibre des capillaires (par rapport à d’autres cerveaux pouvant être considérés comme normaux), mais surtout infiltration lymphocytaire formant autour de tous ces vaisseaux un manchon épais de 2 ou 3 rangs. Quelquefois, cette inflammation lymphocytaire remplit également la cavité du vaisseau.

La région symétrique droite, prise pour terme de comparaison, présente des lésions analogues à peine moins marquées.

Fragment prélevé sur la face interhémisphérique : lésions analogues.

Couche optique : lésions analogues des petits vaisseaux et autour d’un vaisseau plus volumineux. Quelques capillaires dilatés visibles avec leur bifurcation présentent les mêmes manchons lymphocytaires périvasculaires sur toute la partie visible de leur trajet.

Pédoncule cérébral : Dans toutes ses parties superficielles les mêmes lésions vasculaires et périvasculaires peuvent être retrouvées ; elles existent également en profondeur autour du locus niger, mais la zone centrale de celui-ci où les cellules pigmentées sont les plus abondantes en est exempte.

Il semble que les lésions de périvascularité aiguë ou subaiguë soient réparties dans toutes les régions examinées de ’écorce cérébrale et frappent de plus les noyaux gris du mésocéphale, ce qui semble confirmer l'idée de méningoencéphalite épidémique.

Diagnostic.

L'importance du symptôme myoclonie avait permis de soupçonner fortement, dès le premier jour, l’Encéphalite épidémique.

L'apparition d’une hémiplégie massive était cependant de nature à soulever quelques doutes. Il n’y avait pas, avons-nous dit, de lésions cardiaques, ni d’hypertension artérielle pouvant l’expliquer. La syphilis cérébrale, non plus, n’était pas en jeu (pas de céphalées promontoires, pas de lymphocytose du liquide céphalo-rachidien, Wassermann négatif).

L'hypothèse d’une méningite tuberculeuse localisée était vraisemblable au premier abord ; mais les résultats négatifs de la ponction lombaire et l’évolution ultérieure montrèrent que cette hypothèse était inexacte. Enfin, une tumeur de la zone rolandique pouvait aussi rendre compte de l’hémiplégie ; l’absence absolue d’hypertension intra-cranienne, l’ab-

sence d’œdème papillaire firent aussi récuser ce diagnostic.

L'évolution subfébrile, l’aggravation rapide de l'état général, l’examen histologique levèrent rapidement les doutes et vinrent confirmer la première hypothèse.

Pronostic.

On comprendra qu’il nous soit difficile de baser un pronostic sur un seul cas. Il paraît cependant logique d'admettre que l’apparition d’une hémiplégie au cours d’une encéphalite épidémique aggrave le pronostic.

‘Pathogénie.

Nous sommes singulièrement gêné pour édifier une pathogénie sur le seul cas qui nous a été donné d’observer.

Nous avons dit qu’il n’y avait pas de lésions vasculaires ni méningées. L'examen histologique n’a montré que des lésions banales, observées dans tous les cas d’encéphalite épidémique. Pourquoi, dans ce cas particulier, y a-t-il eu hémiplégie massive et durable ? Il nous semble que celle-ci ne puisse s'expliquer que par la localisation des lésions d’ordre infectieux sur le cortex, ainsi que semble le prouver, d’ailleurs, d’autres symptômes observés : crises épileptiformes, aphasie, troubles psychiques qui appartiennent indubitablement à l'écorce.

DE ee

Traitement.

Comme il est classique de le faire, on s’est adressé à l’urotropine (injection intraveineuse quotidienne de 2 grammes). On n’a observé aucune action ni sur la température, ni sur les autres symptômes. L’abcès de

fixation n’a pas été tenté.

Conclusions.

I. — On ne peut formuler de conclusions définitives, car le cas qu’il nous a été donné d’observer est tout à fait exceptionnel.

Il ne s’agissait ni d’une hémorragie, ni d’un ramollissement cérébral, ni d’une méningite surajoutée.

II. — L’hémiplégie massive, paraissant exclusivement liée à l’encéphalite épidémique, est tout à fait rare.

III. — Il est difficile de baser un pronostic sur un seul cas ; a priori, l'apparition d’une hémiplégie au cours d’une encéphalite épidémique, paraît aggraver

le pronostic. à

IV. — Le traitement de cette forme rare ne donne lieu à aucune remarque spéciale ; dans le cas présent, on s’est adressé à l’urotropine sans résultats

d’ailleurs.

‘ LE PRÉSIDENT DE LA THÈSE Vu : ROQUE. | LE Doyen, F.

Jean LEPINE Vu et permis d'imprimer :

Lyon, le 26 Novembre 1923.

Page 1