‹ Sur Un Cas D'ÉpithéliomaChapitre 9 sur 13 · ROIS · texte numérisé non relu

ROIS

ment dans tous les endroits de la tumeur où on voyait la néoformation active vasculaire.

Sur quelques préparations on voyait un petit vaisseau capillaire dont la lumière était oblitérée par un seul globule rouge ; l'examen des coupes qui suivaient et de celles qui le précédaient, montrait la petitesse de longueur du capillaire, au capillaire faisait suite un petit tube cellulaire plein.

J'ai examiné longuement et à plusieurs reprises ces capillaires que je considère comme descellules vasoformatrices.

Il est une autre formation qui mérite d’être signalée.

Sur une coupe large d’un demi cent. carré on trouve 2 ou 3 corps ovoïdes ou ronds situés dans le stroma; examinés à un fort grossissement ils montrent nettement leur structure cellulaire.

Leur grandeur dépasse rarement 0,05 millimètres de diamètre.

Tous ces corps ont subi l’infiltration calcaire. Décalcifiés et dissociés ils se désagrégent en cellules larges et plates d’une grande minceur, leur noyau est ovale, presque rond de face, mince et allongé de profil.

Le centre de ces corps est formé par quelques cellules polyédriques sur lesquelles viennent s’imbriquer les cellules plates en formant plusieurs couches « de pelures d'oignons ». Si on examine des coupes en séries, on trouve constamment sur un point quelconque de la périphérie de ces corps de petits amas de cellules non calcifiés dont la morphologie est celle des éléments de la formation cellulaire.

Dans notre stroma général de la tumeur, dont tous les éléments se coloraient d’une façon satisfaisante par le carmin et très intense par la saphranine, on trouvait de place en place sur quelques préparations seulement des

petites plaques transparentes sans aucune structure appré- ciable. Ces plaques siégeaient généralement au centre d’une travée du stroma, les vaisseaux englobés par cette substance transparente avaient les parois hyalines que l'on reconnaissait par les plis circulaires contenant des noyaux allongés. c

La présence de globules rouges du sang ne laissait aucun doute sur la nature de ces vaisseaux.

Dans ces plaques, ou mieux dans les corps myxomateux (c’est sous ce nom qu’ils ont été décrits par les auteurs), les noyaux conservaient parfaitement leur forme, le corps cellulaire moins bien.

Ces corps myxomateux sont entourés de tous les côtés par les éléments du stroma fondamental, ils se développent dans le sein même de ce stroma.

L'étude de la zone de transition entre les travées conjonctives et les formations myxomateuses ne laissent aucun doute sur le point de départ de ces dernières.

Au centre, le corps myxomateux est complètement hyalin, quelques cellules qu’on y trouve sont désagrégées, devenues granuleuses, se colorent très bien par le carmin et encore mieux par la saphranine ; l'acide osmique ne révèle pas de gouttelettes graisseuses.

À mesure qu’on s'approche de la périphérie du corps on voit apparaître des noyaux assez bien conservés, à ce niveau de rares fibres à contours diffus apparaissent par-

One ci par-là, encore plus à la périphérie dans la zone de transition, le nombre de cellules avec le corps protoplasmique conservé et le nombre de fibres augmentent d’une façon notable, les fibres venant de la partie adjacente de la travée disparaissent en entrant dans la substance transparente, d’autres ne disparaissent qu'après avoir atteint son centre. M. Malassez a décrit minutieusement la structure même du corps myxomateux dans le cylindrome, sa description est exactement applicable à notre cas, sauf le degré de développement qui est à peine ébauché dans le nôtre ; les corps oviformes aussi faisaient défaut. Je ne connais pas de réactions chromochimiques de la dégénération myxomateuse, des pièces durcies par la liqueur de Müller, c’est par exclusion qu’on fait son diagnostic, et il peut arriver facilement que ce qu’on décrit habituellement comme dégénération myxomateuse n’a que des rapports chimiques éloignés avec le corps vitré et la production des cellules caliciformes. On connaît peu de choses sur le mécanisme intime de la production de la mucine dans le corps vitré. M. Loukijanoff est arrivé à formuler une conception fort ingénieuse à propos des produits des cellules caliciformes.

Pour lui le noyau cellulaire est le point de départ du processus ; il envoie dans le protoplasme des granulations achromatiques-hyalosomes qui deviennent le centre des

boules muqueuses.

En terminant celte description de la dégénération mysomateuse partielle disséminée du stroma conjonctif

je dirai que je n’ai jamais vu des cellules vacuolisées sur

Rien aucun point du stroma, ni au centrée, ni dans la zone de transition des corps myxomateux.

Ajoutons encore que la dégénération myxomateuse occupait quelquefois le cœur du territoire riche en vaisseaux simples ou lacunaires. Le rapport des productions myxomateuses avec les amas cellulaires ou la formation exclusivement cellulaire sera décrit à ia suite de l'étude de cette dernière.

Le résumé de l'examen du stroma fondamental de la tumeur peut se formuler ainsi :

La plus grande partie du siroma est formée de tissu conjonctif fibrillaire, contenant un nombre appréciable de fibres cellules, infiltré au voisinage des vaisseaux par les leucocytes et les cellules de lendothélium des vaisseaux et des espaces lymphatiques. Les cellules plates, minces, quelquefois ramifiées, sont, soit les cellules fixes du tissu conjonctif, soit les cellules vaso-formatrices des vaisseaux sanguins et lymphatiques. La vie du stroma peut être divisée en trois périodes d’après les états des éléments de ses différents territoires : 1° période d’état : 2° période de prolifération et 3° période de dégénération myxomateuse. Ces trois périodes sont contemporaines dans les différents points du stroma.

Îl est probable que la période finale de l’évolution du type déterminé de notre tumeur correspond à la dégénéra-

tion myxomateuse.

Abordons maintenant l'étude de la formalion nommée par nous exclusivement cellulaire. Nous avons dit plus haut que sur une coupe elle présente la forme d’une glande, comme la parotide par exemple. Pour l'aspect général je renvoie à la fig. 1, PI. 5, du mémoire de M. Malassez « sur le rôle des débris épithéliaux paradentaires » (voir les indications bibliogr. à la fin du travail).

L'examen successif d’un grand nombre de coupes en série nous a montré que tous les amas cellulaires sont en continuité directe les uns avec les autres.

Pour faciliter la description je prendrai un de ces amas le mieux caractérisé : nous utiliserons dans ce but lacoupe d’un cylindre exactement perpendiculaire à son axe. À un grossissement de 300 diamètres on étudie facilement la dispartition des cellules. On distingue nettement deux parties cellulaires : une assise unique des cellules cylindriques forme la paroi du cylindre, dans le cercle formé par cette couche unique se trouvent des grosses. cellules à protoplasma transparent vacuolisé contenant de gros noyaux. Les noyaux de la couche bordante des cellules paraissent situés sur une seule ligne circulaire ; ils sont allongés en forme d’un ovoïde de 0,01 de grand et de 0,04 millimètres de petit diamètre. Si on isole par dissociation une de ces cellules, en la faisant rouler par la pression sur la lamelle le corps cellulaire apparaît comme un prisme, dont le grand axe est deux fois plus long que le noyau et les petits mesurent 0,006 millimètres. La dis-

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