A PROPOS DE LA MÉTASTASE PULMONAIRE
Dans notre cas, un autre fait digne de remarques est l'existence d’une métastase pulmonaire. Nous avons vu que cette métastase fut découverte 3 ans après la première intervention, 1 an après la constatation de la récidive locale à structure maligne. Cette métastase ne subit radiologiquement aucune modification jusqu'à la mort de la malade en octobre 1941. Nous avons vu, en étudiant lanatomie pathologique des différents fragments prélevés à l’autopsie, que cette métastase, comme on aurait pu s’y attendre, n’avait aucun caractère malin, qu’elle ne reproduisait pas la structure de la récidive locale, mais qu'au contraire, elle était histologiquement identique à la première tumeur cervicale extirpée en janvier 1938.
L'existence de métastases pulmonaires dans les cas de tumeurs malignes des Parathyroïdes a été signalée par quelques auteurs (Rorro et Lanpivar., Kocuer, Guy), mais nous n’avons trouvé pour ces métastases aucun examen histologique.
Guy en discutant son cas, signale que les 3 nodules qui apparurent pendant l’année suivant l'opération,
firent d’abord penser à une hyperplasie compensatrice
Re ee
ou adénomateuse de tissu parathyroïdien restant ou aberrant. Les 2 nodules supérieurs étaient dans Ja position typique des deux glandes parathyroïdes supérieures et l’inférieur, sur la clavicule était considéré comme un nodule aberrant possible. Mais comment admettre une hyperplasie compensatrice des glandes restantes alors qu'il n’y avait pas eu, après l’extirpation de la tumeur primitive, de signes d'insuflisance parathyroïdienne, conformément à la théorie d’Erdheim.
Comiment dans notre cas expliquer l'existence de Ja métastase pulmonaire ? Est-ce une métastase de tumeur maligne ou doit-elle être considérée comme une hyperplasie de tissu parathyroïdien de siège anormal. Les examens histologiques vont à l'encontre de la première hypothèse puisque cette métastase reproduisait la structure d’un adénome bénin. Au sujet de la deuxième éventualité, la question se pose de savoir si l’on peut trouver à l’intérieur du parenchyme pulmonaire des éléments d’origine parathyroïdienne susceptible de s’hyperplasier. Peut-on embryologiquement en expliquer l'existence ?
Toutes les données embryologiques qui suivent ont été tirées de l’étude des glandules parathyroïdes par M. Garnier et R. Turrix.
D'après les auteurs, les parathyroïdes tirent leur origine, chez les mammifères des 3° et 4° poches de l'appareil branchial.
La 3° poche s'est divisée en deux portions. L'une
cranio-dorsale donne le corpuscule épithélial antérieur