‹ Sur un cas de communication broncho-bilaire d'origine hydatiqueChapitre 5 sur 13 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

L'idée de ce travail nous est venue d'une observation qui a été recueillie dans le service de M. le Professeur Rauzier et qui nous à paru très remarquable à plus d'un tilre. Il s'agissait d'un kyste hydatique du foie, que rien d'abord ne permettait de soupçonner, et qui exerça pendant quelque temps la sagacité de notre Maître. Cette tumeur, silencieuse dans l'organe même où elle avait pris naissance, se manifeslait au contraire bruyamment par les modifications qu'elle apportait au fonctionnement d'un appareil voisin : car elle avait déterminé des troubles respiraioires particulièrement intenses, et cette Ssymplomatologie d'emprunt était éminemment propre à égarer le diagnostic En sorte qu'il ne fallut rien moins que la collaboration de la clinique et du laboratoire pour résoudre ce problème épineux. Cette affection, d’ailleurs, dont le début et les allures étonnèrent si justement, ne devait pas mois surprendre par son dénouement : elle guérit très rapidement, après une courte fistulisation broncho-hépatique.

Notre intention n'est point d'insisler maintenant sur les particularités de ce cas, que nous développerons plus loin et que nous commenterens tout à loisir. Qu'il nous sulfise de l'avoir annoncé comme devant faire. l'objet de notre étude et

le point de départ de nos conclusions.

A, De

Nous n'avons pas manqué, à ce propos, de rechercher dans la liltérature médicale tous les faits qui, de près ou de loin. pouvaient se comparer au nôtre. Notre lecture fut assez étendue, comme en témoigne la bibliographie annexée à cette thèse. Mais, pour dire vrai, peu de documents nous ont paru convenir à notre dessein, et nous n'avons retenu qu’une seule observation assez typique pour êlre jointe à la nôtre. Ce n'esi point que le nombre des fistules hépato-bronchiques soit vraiment restreint ; mais notre intention était précisément de faire un choix parmi elles. Nous avons tout d'abord écarté toutes celles qui ne se rapportaient pas à une origine hydatique. Mais parmi ces dernières elles-mêmes, nous avons cru qu'une distinction s'imposait entre les cas de fistule biliaire persistante et prolongée pour lesquels le terme de fistule est parfaitement justifié, et les cas d'expectoration billeuse momentanée et promptement tarie auxquels 1] nous semble qu'on devrait réserver le nom de communication.

La fistule broncho-bilhiaire, caractérisée par un trajet per manent ouvert entre les deux organes, et se traduisant cliniquement par une expectoralion continue ou intermittente, mais durable, de bile, est manilestement une lésion grave, d'une cicatrisation difficile, d'un pronostic sévère ; des com-

plications, surtout d'ordre infectieux — broncho-pneumonie, gangrène pulmonaire, pleurésie purulente -— l'accompagnent

habituellement ; la mort en est souvent la conséquence.

Mais un mode de terminaison plus favorable, plus rapide, consiste dans ces vomiques massives qui évacuent presque d'un seul coup le contenu intégral d'un kyste et qui s'épuisent aussitôt, après avoir provoqué pendant quelques jours de l’expectoration bilaire. Celte dernière éventualité d'un trajet aussi vite fermé qu'ouvert, simple communication temporaire, expose moins aux complicalions lointaines ; mais elle a parfois entraîné la mort immédiate.

Quoi qu'il en soit, et pour bien préciser notre pensée, un kyste hydatique du foie, qui vient à se frayer un passage dans les bronches, n'engendre pas toujours une fistule hépato-

— bronchique. Si aucune suppuration ne se produit, il est rare que la communication-se fistulise. H arrive plus fréquemment qu'un processus hàll de réparation mette fin à celte ouverture anormale et rélablisse la barrière que ja nature avail placée entre les organes. Celte issue favorable n'est d'ailleurs pas nécessairement définitive : et certains malades, après une accalmie trompeuse, ont vu l'évolution de leur kyste recommencer, interrompue de lemps en temps par de nouvelles vomiques, el n'arriver à la guérison qu'après de multiples péripéties et de longues vicissitudes. Nous aurons précisément, à propos de l'observation que nous rapportons plus loin, à faire de sérieuses réserves quant au pronostic, bien que la malade paraisse actuellement guérie depuis plus d’un an, et nous exprimerons la crainte que toute menace d’un retour offensif ne soit pas certainement conjurée.

Que l'ouverture d'un kyste hydatique du foie dans les bronches ait été suivie d'une fistule persistante ou qu'elle n'ait occasionné qu'une communication transitoire, — il est remarquable que ces lésions présentent plus d’un trait commun, qu'elles reconnaissent une même éliologie, qu'elles comportent une symptomatologie semblable et qu'elles offrent au diagnostic et au pronostic des difficultés assez équivalentes. C'est pourquoi nous avons cru rationnel d'en présenter une étude d'ensemble. Auparavant nous donnerons un aperçu historique de la question. Ces deux chapitres constitueront la première parte de ce travail.

Dans une seconde partie, nous rapporterons l'histoire détaillée de notre malade, et, dans les commentaires dont nous l’'accompagnerons, nous insisterons sur l’'anomalie des symptômes observés, sur le début et la marche inusités de l'affection, mettant en relief autant que possible chaque pomt imtéressant. Pour terminer, nous publierons une observation de Bricheteau qui n’est pas sans ressembler beaucoup à la nôtre et qui constitue un cas indéniable de communication bronchobiliaire d'origine hydatique. Nous ferons aussi en sorte de

conclure.

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